20 avr. 2013

Champignons: Comprendre, Préserver et Trouver les champignons comestibles.

Partie 1: Comprendre les champignons. 



Les champignons sont la partie visible subterraine d'un organisme vivant souterrain: le mycélium. Le champignon est comme "le fruit" ou "le bourgeon" pour la reproduction grâce aux spores.

Le mycélium est une moisissure souterraine qui se développe en réseau fibreux très fin au niveau de la rhizosphère. L'atmosphère est la partie aérienne des plantes et des arbres; la rhizosphère est la partie souterraine où se développent la vie du sol et les racines.


Les champignons vivent en symbiose ou en parasitisme avec leurs hôtes. Les arbres les plus accueillants en champignons sont les chênes, les ormes, les frênes, les pins, les bouleaux. Un arbre peut accueillir dans ses racines jusqu'à 50 espèces de champignons différents.


La relation mycorhizienne, symbiotique, saprophyte ou parasitaire.

Les champignons forestiers comestibles vivent en majorité en symbiose avec un arbre. Leur culture dépend directement de la croissance d'un arbre hôte et des bactéries vivant dans le sol. La vie du sol est donc essentielle à cette relation d'entraide, qui peut être exclusive ou pas selon les espèces.


Les champignons ne disposent pas de chlorophylle comme les plantes pour se nourrir. Ils n'ont pas de système propre pour capter leur énergie. Ils la puisent donc chez d'autres organismes; ils sont des organismes dits hétérotrophes. Les champignons des forêts puisent le glucose, l'ammonium, le fructose et l'azote dans le sol grâce à des bactéries. Ils les stockent dans les membranes autour des racines de leur arbre ou de leur plante hôte pour former des nodules. Les arbres mycorhizés obtiennent majoritairement leur azote à partir du sol de cette façon grâce aux champignons et autres micro organismes. Les champignons obtiennent en échange du sucre et du carbone.


Les enzimes et les protéines de certaines molécules dans les membranes NOD agissent comme des récepteurs, les kinases. Ils permettent de repérer une plante hôte, de digérer un nutriment et de gérer une infection. Ces symbiotes peuvent aussi interagir pour contrôler positivement une infection grâce à une protéine membranaire, la remorine.

Les relations mycorhiziennes arbusculaires datent de 450 millions d'années; les ectomycorhizes de 250 millions d'années. Les symbioses fixatrices d'azote grâce aux bactéries rhizobium et frankia datent respectivement de 80 et 60 millions d'années. Pour plus d'infos à ce sujet, lire culture de NFP, les plantes fixatrices d'azote





Le cycle de l'arbre hôte.
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Les arbres hôtes ont tout à y gagner! Grâce à la photosynthèse, les végétaux puisent leur énergie de la
lumière via les cellules foliaires (des feuilles) et la transforment en sucres qu'ils transportent dans la sève des feuilles aux racines.  Ils produisent donc leur propre énergie et vont à la recherches de minéraux dans le sol grâce à leur racines. C'est là qu'entre en jeu le mycélium.

En automne, l'arbre aux feuilles caduques laissent tomber ses feuilles sèches sur le sol et fournies de la biomasse carbonée aux microorganismes du sol. Ce couvert permet aussi de maintenir une barrière contre les UV, le gel, et les choc de températures jour/nuit. C'est un formidable isolant thermique pour l'automne, l''hiver et le printemps.

Pendant les belles journées d'automne, le soleil active la production de sucre grâce aux dernières feuilles. Mais l'arbre n'en n'a plus besoin et la sève descend les sucres dans les racines pour la croissance des racines. Le cycle de l'automne est la saison haute pour le développement des racines et de la vie microbienne, avant de s'endormir pour l'hiver et de rejaillir au printemps.

Les feuilles, les fleurs, les fruits, les branches cassées sont alors chaque automne une manière d'enrichir le sol durablement. Et finalement, lorsque l'arbre mourra, il fournira un abris pour les mammifères, les oiseaux et les mircoorganismes. Sa biomasse réintégrera pleinement le sol pour laisser une place enrichie pour les jeunes arbres mûres de la canopée. La boucle est bouclée!

Sucre, chaleur, humidité atmosphérique: les conditions sont réunies pour la fructification des champignons!

Le réseau racinaire du mycélium est très fin et très étendu. Il couvre une large surface dans le sol, parfois de plusieurs km². C'est une aubaine pour le jeune arbre en pleine croissance!

Le mycélium augmente considérablement les ressources nutritives à disposition et la synthèse des minéraux, notamment dans les sols pauvres, rocheux ou sableux. Ils puisent aussi de l'eau jusque dans les plus infimes interstices des roches et protègent leur hôte contre le stress hydrique pendant la sécheresse, notamment en été. En développant leur coopération, le mycélium fournit même des toxines, des substances antiseptiques et antifongiques contre les pathogènes pour permettre à l'arbre de résister aux attaques de parasites et aux maladies. C'est une véritable collaboration, un mutualisme développé depuis des millions d'années.

Cette coopération est très dynamique les 10-15 premières années de vie des arbres avec les mycorhizes arbusculaires essentiellement, puis chutent après cette période pour passer le relais aux ectomycorhizes.

Pourquoi? L'arbre adulte a fini sa croissance verticale, il n'est plus en concurrence pour sa survie, il est pleinement adapté à son environnement et peut subvenir seul à son développement. Il augmente son diamètre plus doucement. Il parraine alors les jeunes arbres germés de ces fruits qu'il aide à se développer via son réseau racinaire. Il les abritent de ses branches des forts UV pendant l'été, des intempéries, des bourrasques de vent, de la sécheresse, voir des animaux.

Le mycelium migre aussi vers d'autres jeunes arbres, plus productifs en sucres. La coopération est transmise à la nouvelle génération par les racines essentiellement mais aussi les spores.

Les arbres et le mycélium peuvent décider de mycorhizer une espèce tiers, comme des noisetiers, des aubépines, des pommiers, des pruniers, des poiriers grâce à des ponts mycorhiziens. Il semblerait que la teneur en sucres jouent un rôle dans cette quête de partenaire tiers.

LES CHAMPIGNONS SYMBIOTES
: amanites, cèpes, bolets, girolles, chanterelles, matsutake, pied de mouton...



Le Cèpe de Bordeaux poussent sous les bouleaux verruqueux, le chêne pédonculé, le chataîgnier et le sapin pectiné.
Les Bolets, nonnettes, cèpes bronzés, cèpe des pins, cèpes d'été poussent sous le pin sylvestre, le chêne pédonculé, le hêtre, le charme, le chataîgnier et le mélèze.
les Amanites des Césars poussent sous les châtaigniers, les chênes pédonculés et les chênes verts.
Les Coulemelles et autres lépiotes poussent sous les hêtres et sous l'épicéa, sur sol sec, silicieux et acides.
Les trompettes des morts poussent sous les hêtres sur sol plutôt calcaire.
Les chanterelles, les girolles poussent sous les sapins pectinés, le hêtre.
Les truffes poussent sous les chênes en terrain calcaire uniquement.
Les lactaires sous le sapins pectiné et les conifères en général.
Les pholiotes changeantes sous les bouleaux et le hêtre.
Les agarics poussent dans les prés mais aussi sous l'épicéa


Tous ces champignons ont la particularité de créer une relation de codépendance avec leur arbre hôte à l'extérieur des racines. C'est ce qu'on appelle une relation ectomycorhizienne. Le mycélium entour les fibules de l'arbre. Contrairement aux relations bactériennes qui pénètrent la racine, que l'on appelle endomychorizienne.

Les champignons poussent donc en symbiose avec leur arbres, sur leurs racines. La fructification apparaît sur un arbre âge d'une 10-15aine d'années minimum, après que l'arbre ai grandit grâce à d'autres variétés intra-cellulaires (endomycorhizes). C'est donc pratique pour le cueilleur: il peut retrouver des coins de cueillette fidèles pour ces espèces de champignons.

Pour apprendre à cultiver vos propres champignons, cliquez ici comment-cultiver-les-champignons?

LES CHAMPIGNONS SAPROPHYTES
: morille, pleurote, shiitake, pézize, oreille de judas.



Les champignons saprophytes se nourrissent de matières organiques en décomposition.

Les Morilles poussent dans les décombres, les lieux incendiées, les prairires sucrées, sous les pommiers, le frêne, l'orme, le peuplier. Elles apparraissent sur les même stations que les entolomes en bouclier.
Les Pleurottes poussent sur la paille, sous les charmes, le hêtre, le peuplier.
Les Shiitake (lentin du chêne) poussent sur le chêne
Les Oreilles de Judas sur les branches de sureau.
Les Pézizes sous les chênes et les frênes.
Le polypore du bouleau.

http://terramorchellarum.com/

LES CHAMPIGNONS "PARASITES"
fomitopsis pinicola
Une bonne partie des champignons parasites sont aussi des hôtes au comportement symbiotique lorsque l'arbre est encore en bonne santé, ils échangeraient des substances probiotiques. Le champignon développerait son mycélium et n'entrerait en fructification qu'une fois l'arbre vieillissant, très blessé ou tombé au sol.



Les champignons saprophytes sont très utiles dans la décomposition des vieux arbres, malades ou morts. Ils réintègrent avec d'autres micro-organismes la matière organique dans le sol.

Le plus emblématiques est l'amadouvier qui affectionnent les peupliers. L'amadouvier fait un excellent allume feu et est utilisé depuis le paléolithique à cet effet. Il peut mesurer jusqu'à 50 cm comme celui-ci.

Ganoderma lipsiense sur peuplier
Mycodigestion : Mycélium brun et mycélium blanc.

la cellulose
la lignine
















TOUT LE DOSSIER CHAMPIGNONS ICI
Comprendre, Préserver et Récolter les champignons comestibles. 1/3
Cueillir, Cuisiner et Conserver les champignons comestibles. 2/3
Cultiver, Récolter et Multiplier les champignons 3/3

sources:
Les Mycorhizes, la nouvelle révolution verte (Fortin, Planchette et Piché).
La permaculture de Sepp Holzer, guide pratique pour jardins et productions agricoles diversifiées.
Les champignonsAlpes magazine, édition 2010, hors série.
Le blog de champignons passion.
La thèse de Paul Sabatier.

>>> http://www.fao.org/docrep/009/y5489f/y5489f06.htm champignons comestibles sauvages référence fao.
>>> base de données interactives mycologiques
http://www.mycodb.fr/
http://www.mycoquebec.org/
http://blog.mycology.cornell.edu/
http://www.flickr.com/photos/cornellfungi
http://terramorchellarum.com/
http://mycorance.free.fr/valchamp/familles.htm
encyclopédie des champignons en ligne  http://books.google.fr/books?id=5uDPawn3pJwC&pg=PA312&lpg=PA312&dq=pourquoi+les+limaces+ne+mangent+pas+les+chanterelles&source=bl&ots=-vZnnSiCeK&sig=zrSQEJE0rQ8EFJgim5PZclafW34&hl=fr&sa=X&ei=qZ7tU_2RJsLX0QWCy4DIDA&ved=0CHAQ6AEwCQ#v=onepage&q=pourquoi%20les%20limaces%20ne%20mangent%20pas%20les%20chanterelles&f=false
famille des basidiomycètes: http://mycorance.free.fr/valchamp/basidiomycetes.htm
famille des ascomycètes: http://mycorance.free.fr/valchamp/ascomycetes.htm
familles des myxomycètes: http://mycorance.free.fr/valchamp/myxomycetes.htm
famille des zygomycètes: http://mycorance.free.fr/valchamp/zygomycetes.htm
les lichens: http://mycorance.free.fr/valchamp/lichens.htm
http://www.leifgoodwin.co.uk/Fungi/FungiByGroup.html
1ère conférence de Kyusei natural farming with effective micro organism Asie 1989 compte rendu en pdf ici: http://pdf.usaid.gov/pdf_docs/PNABK540.pdf
4ème conférence de Kyusei natural farming with effective micro organism en Europe 1995: http://www.teraganix.com/4th-Conference-book-p/6004.htm
kyusei natural farming ave EM - le manuel en pdf ici http://www.apnan.org/APNAN%20Manual.pdf
étude de formation du réseau mycélien: https://www.anbg.gov.au/fungi/mycelium.html
étude des réseaux mycélien: lynne boddy (grande bretagne): http://www.cardiff.ac.uk/biosi/contactsandpeople/stafflist/a-d/boddy-lynne-prof-publications_new.html
http://www.researchgate.net/profile/Lynne_Boddy2/publications
The Ecology and Physiology of the Fungal Mycelium(Lynne Boddy) pdf: http://books.google.fr/books?id=uWGlO2oJP_AC&pg=PA261&lpg=PA261&dq=lynne+boddy+mycelium+biologist&source=bl&ots=DrRdntIYcB&sig=uj0PDua3oXpyRqEZJNFHQBIpiB4&hl=fr&sa=X&ei=DE1PVNWRG4raar_fgYgP&ved=0CEAQ6AEwAw#v=onepage&q=lynne%20boddy%20mycelium%20biologist&f=falseWood decay, and phosphorus and fungal biomass allocation, in my celial cord systems (Wells & Boddy):