26 sept. 2013

La biodiversité et l'allogamie: deux stratégies d'évolution chez les angiospermes.


Dans la nature, les angiospermes, communément appelés "plantes à fleurs" regroupent les arbres
 fruitiers, les légumes, les céréales et les plantes à fleurs en général.  Ils représentent la majorité des espèces sur la planète, soit 250 000 à 300 000 espèces. Ils seraient apparus il y a plus de 140 millions d'années. Leur biotope de prédilection sont les forêts.

Ils sont donc d'une importance capitale sur Terre et aussi dans nos assiettes: ils représentent l'essentiel de notre alimentation directement, ou indirectement.

Au cour de leur évolution sur Terre, les plantes et les arbres angiospermes ont mis en oeuvre des stratégies de polymorphisme et de diversification pour encourager une diversité génétique qui leur permet de s'adapter sans cesse à de nouveaux terrains, de rentrer en communication avec des micro-organismes et le réseau fongique du sol, de s'adapter à un milieu dit "compétitif" ou à un stress, de se soigner en cas de blessures par les éléments, les animaux, les parasites et les maladies.

C'est cette capacité à s'adapter et à collaborer avec d'autres organismes qui leur confère cette longévité dans l'évolution, et leur caractère majoritaire sur Terre aujourd'hui. L'adaptation est la clé de compréhension du végétal, elle est de la même importance que la mobilité chez les animaux.



les principes de bases de la croissance des angiospermes et des plantes vertes en général: http://www.chambon.ac-versailles.fr/science/jardin/physio/croisce.htm

Prenons-en donc de la graine et essayons d'en apprendre plus.

"Selon le théorie de Darwin, 
la sélection naturelle favorise les organismes qui s'associent." 

"Le shéma de Wittacker propose que 
la compétition, la prédation et le parasitisme 
constituent des façons primitives d'échapper à la compétition, 
alors que la symbiose mutualiste apparaît comme
un succès de l'évolution".


C'est le cas des angyospermes, qui nous intéressent aujourd'hui.

L'agriculture moderne: état des lieux
L'agriculture moderne repose sur des méconnaissances de la vie du sol, des plantes et du vivant en général. Son évolution est limitée par ses peurs et ses tabous de la terre, des déchets, de la faim, de la maladie et de la mort.

L'agronomie procède à des sélections "contre nature" à des fins essentiellement économiques*.

_ L'immense majorité des espèces domestiquées présente des caractères que la sélection naturelle défavorise.
_ L'Homme a tendance à contourner les systèmes favorisant l'allogamie et à sélectionner les rares systèmes favorisant l'autogamie. 
_ L'Homme cherche essentiellement à fixer des caractères intéressants pour lui (gros fruits, belles fleurs, nombreuses graines, gros tubercules...)
_ L'Homme a réalisé de nombreux travaux de recherche pour répondre à des problématiques de rendement.
_ L'homme doit s'opposer au très fort brassage génétique que réalisent naturellement les Angiospermes.
_ Le monomorphisme imposé par l'Homme pour la pomme de terre provoqua la destruction des récoltes et la dernière grande famine de l'histoire en Europe, notamment en Irlande où presque 50 % de la population trouva la mort, ce qui favorisa une large vague d'immigration vers les États-Unis.
_ Le polymorphisme est la seule réponse des systèmes vivants aux épidémies et aux pressions sélectives.
(sources: articles wikipedia).





Quelle conséquences pour les plantes et le sol?
La domestication des espèces et le clonage entraînent une stérilisation des graines. Ces deux terrains sont favorables à l'économie alimentaire, à l'usage des pesticides, au monopole des semences et aux industriels de mécanisation. Cette sélection contre nature détruit la diversité génétique des plantes (adn) dans le but de garantir une pleine maîtrise de la reproduction par et pour l'Homme.

Hors la diversité génétique s'est développée sur des millions d'années afin d'assurer aux plantes à fleurs et à fruits la potentialité de se diversifier dans un milieu compétitif, notamment dans la sélection des pollinisateurs insectes ou animaux. Ils ont un rôle primordial dans la diversité: ils assurent la fécondation et la dissémination des graines. En transportant les graines sur plusieurs mètres voir kilomètres, ils participent à la diversité génétique des plants mâles et femelle. La zoochorie (collaboration avec les animaux) est une parade aux mutations de type monomorphisme. La sexualisation est une contrainte volontaire qui empêche justement l'autofécondation.

<< Le polymorphisme est la seule réponse des systèmes vivants 
aux épidémies et aux pressions sélectives.>>


Pour comprendre la place dans notre vie qu'occupe les espèces angyospermes, nous vous proposons de lire un article sur Wikipédia.

Comprendre et collaborer avec la nature

L'agriculture industrielle et l'agriculture sauvage poursuivent donc deux développements différents:

L'agriculture sauvage: cultiver des fruits & légumes sains en respectant la nature.

>>> L'agriculture sauvage favorise la multiplicité des formes et des couleurs, la diversité des espèces et aménage des cultures diversifiées favorisant les pollinisateurs, les insectes et les animaux frugivores. Nous mixons des espèces sauvages et des espèces cultivées populaires. Notre démarche est une revitalisation agricole et alimentaire.

La forêt jardin représente une alternative cohérente:
elle est proche du biotope des angiospermes
elle respecte et entretient la collaboration végétale et animale.

Elle respectent les 5 stratégies développées par les plantes à fleurs pour faciliter leur propagation, leur adaptation au milieu et pour lutter naturellement contre les maladies:

1 le polymorphysme, les variations génétiques intraespèces.
2 la fécondation sexuée, plant mâle et plant femelle différents.
3 la zoochorie, collaboration avec les micro organismes du sol, les insectes et les animaux.
4 les relations mychoriziennes.
5 le compagnonnage, ou phytosociologie, c'est à dire les relations d'entraide entre les plantes.

Nous essayons de créer des buttes à microbiotope valorisé, synthétisant les collaborations mères. L'observation et les recherches en botaniques nous fournissent des éléments précieux sur les interactions entre les familles de plantes. Nous pouvons transposer ou combiner les relations du vivant en milieu sauvage en milieu semi cultivé ou cultivé.

Pour référence, lire l'étude du botaniste Deleuil sur les interactions de l'ail sauvage, la pâquerette et la chicorée . A lire on line également, "La vie sociale des plantes" et " La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains." de Jean-Marie Pelt.

http://www.jardin-a-manger.com/pageinsecte/insectes.htm

Les pratiques d'une agriculture intelligente: intégrer plutôt que ségréguer.
En agriculture naturelle et sauvage, nous pratiquons un mimétisme intelligent qui respecte les procédés de fécondation et de pollinisation des plantes à fruits. Le jardin forestier respecte quelques règles d'or:
_ favoriser un milieu diversifié (polyculture)
_ favoriser la polymorphie
_ privilégier les plants sexués (allogamie)
_ pratiquer modérément le marcottage et le bouturage
_ favoriser la plantation par germination si possible.
_ mixer les plants sauvages et les plants cultivés
_ diversifier les provenances des semences/plants de plusieurs fournisseurs ou sites.
_ favoriser la zoochorie en installant des niches écologiques, des hôtel à insectes, des plantes mellifères, des abeilles, des pollinisateurs, des haies plantées, des espèces pérennes type merisier ou aubépine.
_ respecter une aire vitale pour chaque arbre dans une cohésion globale.
_ créer un design qui favorise la synergie entre la faune, la flore et la fonge.

Ces procédés sont en phase avec le progrès car le travail de l'agriculteur se fait dans la continuité des stratégies d'évolution des légumes et des arbres fruitiers. Les résultats sont au rendez-vous. La qualité nutritionnelle en plus! La valorisation des cultures et la préservation de l'environnement et des espèces végétales et animales sont garanties. Après les cultures, notamment avec EM, la vie du sol est enrichie et non plus appauvrie. Le travail de l'agriculteur ne vise pas à épuiser les ressources mais à dynamiser le biotope dans sa ferme et alentour. Et la Nature lui rend bien. Il participe ainsi que ses consommateurs à une empreinte écologique positive et pérenne, dite soutenable, pour sa génération et celles à venir.


Cultiver et manger autrement: c'est possible!
Vous voyez du mildiou sur vos légumes? C'est signe d'un déséquilibre dans votre sol ou un excès de proximité de plantes similaires. Ces conditions favorisent l'expansion galopante des maladies, une pluie, un coup de chaud: en quelques heures, vos légumes sont recouverts de tâches blanches. Plutôt que de mettre un fongicide, naturel ou chimique, qui ne va qu’aggraver la situation, quelles options s'offrent à vous?

1 _ Soin du sol:
Ôtez les feuilles malades et apporter un soin à votre sol ou à votre plante en lui apportant des micro organismes efficaces pour l'aider à booster ses défenses immunitaires et ses antioxydants.
2_ Le design
Remarquez la configuration de votre potager et regarder si vous avez planté votre plante à un endroit proche de son biotope naturel: lumière, ombre, humidité, courant d'air, plantes voisines, insectes mycophages etc... Elle est peut-être plantée là où il ne faut pas et donc vos efforts vont être importants ou inefficaces.
3_ La diversité et les stratégies d'entre aide.
Pensez également à les planter avec leurs plantes compagnes, elles s'entraident!
4_ Les moyens curatifs vivants
Pour les cloques des arbres fruitiers par exemple, pulvérisez du lait frais cru non pasteurisé, il contient des EM: effet immédiat garanti!

>>>Les techniques d'aménagement diversifié vous intéressent, initiez vous aux principes en design permacole. cf Permaculture.
>>>Les techniques d'un sol vivant vous intéressent, consultez les articles sur les ME, micro organismes efficaces , les plants mychorizés et le thé de compost.

Consommer et agir: dépasser vos idées reçues.
Les variations gustatives, chromatiques et visuelles participent à la richesse de la biodiversité dans le paysage et dans les assiettes. Appréciez de temps en temps les variations naturelles, les formes biscornues, les petites tâches... Cela n'affecte en rien la qualité nutritionnelle de ce que vous manger, et surtout, c'est faire un joli pied de nez à la standardisation du vivant.

En proposant des fruits mûris sur l'arbre et une distribution directe ou locale, l'agriculture naturelle de proximité limite les étapes de conditionnement pour le transport, le calibrage excessif et surtout les étapes de transformation industrielle. Vos fruits sont plus riches en minéraux, en anti oxydants, en vitamines, en sucres, et surtout plus riches en vitamines C et contient moins de nitrates.

Cette agriculture pérenne remet au goût du jour la qualité et la santé des fruits et des légumes. En cuisinant vos plats et en achetant directement chez le producteur, votre empreinte écologique est valorisée et votre impact est d'une importance capitale sur les critères de marchandisation ! C'est ce qu'on appelle une cosomm'action efficace.