12 nov. 2014

Le biotope du Châtaignier et de la fougère aigle.

Châtaignes et tapis de mousse sur sol siliceux et acide.
Le Châtaignier, Castanea sativa, est originaire des montagnes siliceuses du Sud de l'Europe, toujours sur terrain acide. C'est un arbre qui peut être plusieurs fois centenaires. Il fructifie dès la 3ème ou la 4ème année.

Le châtaignier offre une diversité de ressources complètes tout au long de sa vie, qui peut 
atteindre plus de 800 ans à 1000 ans, soit 40 générations humaines! On peut tout à fait envisager une polyactivité mêlant arboriculture (châtaigne et fruits d'hiver), sylviculture (essence à bois), apiculture (miel), myciculture (champignons gourmets) et mycoculture (champignons médicinaux et écologiques) pour diversifier les ressources et le temps de travail sur toute une année. Il a même un intérêt écologique et touristique estimable car il figure parmi les arbres remarquables centenaires et millénaires de France et d'Europe. En savoir plus +

Le Châtaignier appartient à la même famille que les Chênes, les Fagacées, à la différence que les châtaigniers poussent sur sol acide et siliceux: le châtaignier est calcifuge, il fuit les sols calcaires. Il apprécie les stations ensoleillées au sol frais et siliceux; il craint les hivers trop rudes, malgré une rusticité de -15°C, et pousse en dessous de 1000m, et plus rarement au dessus de 750m. C'est une espèce endémique aux Cévennes, au Massif des Maures et en Corse. On le retrouve réparti aussi dans d'autres stations douces au climat océanique dans les Pyrénées, en Bretagne, en Normandie, dans le Morvan, en Alsace et jusqu'en Belgique. Le châtaignier peut produire des châtaignes entre 70 ans et 150 ans en moyenne, voir plus selon les conditions de vie, soit sur 5 ou 6 générations.

Le châtaignier et la flore de ses plantes compagnes sont très mellifères et attirent de nombreux pollinisateurs comme les abeilles et les bourdons. Un agriculteur à un donc un double intérêt à s'initier à l'apiculture naturelle comme à l'arboriculture d'arbre fruitier.

Chênes et Châtaigniers accueillent les mêmes champignons symbiotiques dont d'excellents comestibles comme l'Amanite des Césars, l'Amanite rougissante, le Cèpe de bordeaux, la chanterelle, les trompettes des morts, les pieds de moutons, les hydnes sinués, le bolet à pied rouge, la russule verdoyante, la russule charbonnière, la fistuline. Ils accueillent aussi des champignons mortels pour l'Homme mais essentiels au biotope comme l'Amanite phalloïde. Le Bolet Satan est plutôt un champignon associé au chêne sur sol calcaire et en station méridionale.

Châtaignier centenaire, dans le Morvan.
Le bois de châtaignier est utilisé comme matériau de construction noble et dans l'alimentaire pour faire cailler le lait ou fermenter le vin, naturellement, sans adjuvants.

C'est une essence à bois de luxe très prisé, notamment dans la construction car son bois est imputrescible et insectifuge, et ne nécessite aucun traitement (poutre, tuiles, parquet, mobilier, fût).

>>> Le châtaignier offre une diversité de ressources complètes tout au long de sa vie, qui peut atteindre plus de 800 ans à 1000 ans, soit 40 générations humaines! On peut tout à fait envisager une polyactivité mellant arboriculture (châtaignes et fruits d'hiver, et bois), apiculture (miel), myciculture (champignons gourmets) et mycoculture (champignons médicinaux et écologiques) pour diversifier les ressources et le temps de travail sur toute une année. Il a même un intérêt écologique et touristique estimable car il figure parmi les arbres remarquables centenaires et millénaires de France et d'Europe.

actualisation article : février 2015 - utilisation base de donnée SOPHY et intégration d'un optimum écologique, base de données CATMINAT.
erratum: dans la quantité de chaque plante par biotope et donc dans leur ratio proportionnel à l'hectare. la correction a été apportée sur les chapitres traitant cette information. les pourcentages de fidélité restent correcte.
correction apportée: intégration des seuils d'abondance de plante en pourcentage.



la châtaigne

la valeur nutritionnelle de la châtaigne.
la châtaigne est un fruit d'automne. C'est l'une des noix les plus riches en sucres et en lipides de nos pays, avec la noisette, la noix et le pignon.

Elle est comestible crue ou cuite, mais de préférence cuite.

Sa composition change en fonction qu'elle soit consommée fraîche ou cuite.

La châtaigne cuite ou séchée contient 42g de sucre pour 100g de châtaignes fraîches et 86g de glucides pour 100g de farine séchée, 1,5 g de lipide (fraîches) et 2,3g (sèches).

Elles sont donc très caloriques, surtout une fois cuites ou séchées, avec 367 calories pour 100g contre 195 calories pour 100g de châtaignes fraîches. 150g de châtaignes cuites au four équivaut donc à 4 bananes fraîches de 150g chacune (varie bien sûr selon le degré de maturité de la banane).
A titre comparatif, les noix contiennent 650 calories et jusqu'à 20g de protides (soit 75% des apports journaliers), les noisettes 634 calories et jusqu'à 15g de protides (50% des apports journaliers), les faines contiennent 567 calories et 22g de protides (+60% des APJ), les pignons de pin 564 calories et 32 g de protides (soit 100% des apports journaliers), la farine de gland transformée (après élimination des tanins à 2 eaux) 501 calories et 7,5 g de protides (50%des APJ), la figue sèche contient 270 calories, la nèfle fraîche 103 calories pour 100g et la banane 91 calories pour 100g.

Elle est aussi très riche en potassium (jusqu'à 988mg/100g une fois séchées! soit 100% des apports journaliers) et en protides (7g/100g dans les châtaignes séchées, soit 50% des apports journaliers).

Lorsqu'elle est crue, elle contient d'importantes quantité de vitamines C , 50mg de vitamines C pour 100g de châtaignes fraîches, qui disparaissent à la cuisson. Pour les conserver, il est courant dans les Cévennes de la faire sécher au soleil ou dans un grenier ventilé, pour ensuite la consommer tout l'hiver ou en faire de la farine. Torréfiées, elles procurent un excellent succédané du café, doux et vanillé.

Elle contient de l'acide ellagique, un polyphénol antioxydant soluble dans l'eau. Il est donc préférable de cuisiner les châtaignes à sec, comme au four, car elles conservent ainsi cette propriété.

>>> Toutes ces réserves nutritives permettent à la châtaigne de germer, de développer des racines et de passer l'hiver sous la litière et disposer d'assez d'énergie pour développer un système foliaire au printemps. Les germinations automnales libèrent les sucres et les hydrates de carbone contenues dans l'amande. Les châtaignier fructifie dès la 3ème ou la quatrième année! +infos à ce sujet dans l'article "Toute la vie d'une graine."

les prépérations
On cuisine la châtaigne simplement grillée au four, cuite à la vapeur, dans un ragoût, en crème ou en farine.

soupe de châtaigne
La farine de châtaigne permet de préparer des biscuits, des gâteaux, des pâtes, des soupes, des grumeaux. Elle ne contient pas de gluten et permet de limiter le sucre ajouté. Elle a une très grande valeur sur le marché et se vend aux alentour des 5€ à 7€ le kilo.

Toutefois, il faut veiller à en modérer sa consommation car elle contient de la fagine, comme toutes les farines de fagacées (châtaignes, glands de chêne, faines de hêtre...). La fagine est surtout contenue dans les faines du hêtres. L'huile de faine est d'excellente qualité et ne contient pas de fagine. La fagine est hydrosoluble et s'élimine dans l'eau de cuisson. Par contre elle n'est pas liposoluble.

Les feuilles du châtaignier sont utilisées pour affiner des fromages de chèvre ou de brebis.
le biotope du Châtaignier


ARBRES: châtaignier, chêne pédonculé, chêne sessile, houx*, bourdaine.
ARBUSTES: chèvrefeuille des bois, genêt à balais*, houx*, noisetier, bourdaine.
GRIMPANTS/ LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant, fougère aigle.
HERBACEES: germandrée scorodoine, fougère aigle, callune.
GRAMINEES: -
COUVRESOL: fougère aigle, lierre grimpant.
NFP: genêt à balais, houx.
BRYOPHYTES: famille des bartramiacées.
CHAMPIGNONS: amanite citrine, amanite des césars, amanite panthère, amanite phalloïde, amanite rougissante, armillaire couleur de miel, bolet à pied rouge, cèpe de bordeaux, chanterelle commune, collybie des chênes, hydne sinué, pied de mouton, lactaire à lait jaune, lactaire tranquille, mycène pure, russule charbonnière, russule verdoyante, trompettes des morts.

plantes écologiquement similaires:
la violette de Rivin, le lierre terrestre. la fétuque hétérophyle, la luzule de forster, l'houlque molle, le polypode commun, la germandrée scorodoine, la mélampyre des prés, l'épervière de Savoie, le millepertuis élégant, la fougère aigle, le chèvrefeuille des bois, le gênet à balais*, le houx*, le chêne sessile, le poirier commun, le bouleau verruqueux, le néflier, le chêne pédonculé, le merisier.


Le Châtaignier pousse en futaie, dans les stations ensoleillées et chaudes, il tolère des sols pauvres au sol dénudé, mais préfère les sols riches en base. C'est une espèce bioindicatrice, endémique à certains terrains et associées à des conditions climatiques et pédologiques spécifiques. Sur un terrain, les châtaigniers vous indiquent les zones les plus ensoleillées, les mieux exposées et les plus abritées du vent, sans souffrir de sécheresse au niveau du sous-sol. Les châtaigniers apprécient généralement des étés chauds et secs, mais avec des ressources en eau souterraine disponibles, et des hivers doux et humides, parfois froids comme en Auvergne. Il s'adapte d'un climat océanique à continental, toujours en dessous de 1000m. Sa rusticité limite est de -15°C, -17°C épisodiquement. 

Il pousse sur des sols siliceux et drainants, acide, avec une faible rétention d'humus. Il produit lui même une grande quantité de biomasse carbone pour compenser et participe, avec d'autres, à régénérer la litière forestière chaque automne.

Il pousse en compagnie de la fougère aigle qui joue un rôle clé dans l'équilibre du biotope. Elle produit un couvre sol, une litière riche en humus qui se transforme en terre de bruyère noire et légère. Elle limite la compétition grâce à un système rhizomateux dense et des substances toxiques pour les parasites.

Elles colonisent des zones brûlées par le soleil au sol, déstructuré et instable, mais riche en eau. Elles protègent ainsi ces sols de l'évaporation et facilite la régénération d'un sol perturbé. La litière de fougère est un activateur de germination et accueille une foule de micro-organismes et d'invertébrés, comme les orvets.

Les champignons jouent un rôle essentiel dans sa quête de nutriments dans le sol. Ils s'associent d'ailleurs à un bon nombre de champignons basidiomycètes.

CYCLE DU CHÂTAIGNIER
cycle de feuillaison, floraison et fructification du Châtaignier:
débourrement: 25 mars au 15 mai, après les gelées.
floraison: 15 juin au 15 juillet.
maturité des fruits: 1er octobre au 15 novembre.

CYCLE DE FLORAISON DU BIOTOPE
Voici le cycle de floraison des plantes compagnes pour les pollinisateurs: noisetier, poirier, chêne sessile, chêne pédonculé, bourdaine, houx, genêt à balais, châtaignier, canche flexueuse, germandrée scorodoine, chèvrefeuille des bois, bruyère, lierre grimpant.

Les Noisetiers initient le cycle de floraison dès la fin de l'hiver et attirent les pollinisateurs avant le début de la floraison printanière des arbres fruitiers du biotope, de la famille des Fagacées et des Rosacées, et leur assurent ainsi une présence, une garantie. La bourdaine couvre un cycle de floraison perpétuelle printanière et estivale, d'avril à juillet, c'est à dire pendant toute la période de floraison des arbres, des Fagacées et des Rosacées, relayé par le chèvrefeuille des bois, puis le lierre grimpant.

>>> Les Noisetiers attirent les pollinisateurs avant la floraison printanière des espèces fruitières. Les graminées accompagnent la floraison estivale du châtaignier. La bruyère et le lierre grimpant allongent la période de floraison jusqu'à l'automne.

>>> Le houx et la bourdaine encadrent la floraison printanière des chênes et des poiriers, le genêt à balai et le chèvrefeuille encadrent la floraison estivale des châtaigniers. La couverture complète du cycle est assurée par la bourdaine, la canche flexueuse et la germandrée scorodoine et se termine avec la bruyère.

La canche flexueuse attirent les pollinisateurs au niveau du sol pendant la période estivale, suivi par la germandrée scorodoine et la bruyère. Elles sont particulièrement propices en compagnonnage maraîcher. Ces herbacées permettent un compagnonnage pour les autres herbacées et participent à réguler la faune des insectes et des parasites dans la strate herbacée, comme buissonnante, sous les feuilles et le tronc des arbres; qui attirent à leur tour les oiseaux qui vont nicher dans les branches des arbres et la canopée pour se nourrir des insectes qui s'y trouvent. La bruyère fait le lien entre la fin de floraison des espèces estivales et fait le pont avec les espèces à floraison automnale, comme le lierre grimpant. Le lierre grimpant est l'espèce à floraison décalée, pour permettre à la faune d'accéder à des ressources méllifères et fruitières hors saison, et survivre. Cela permet à l'arbre, comme aux plantes compagnes, de bénéficier d'une présence pérenne d’auxiliaires, y compris pendant l'hiver. Elle articule les saisons d'une année sur l'autre.

CYCLE DE FRUCTIFICATION DU BIOTOPE
Voici le cycle de fructification des graines et des noix dans le biotope du Châtaignier pour les mammifères: pommes, poires, baies de bourdaine, prunelles, glands, noisettes, châtaignes, nèfles, baies de chèvrefeuille, baies de houx, baies de lierre.

Les années chaudes et sèches, le châtaigniers produisent plus de fleurs et plus de bogues, car la production végétative est réduite. Les pluies pendant la floraison diminuent la fructification des châtaignes, car le pollen tombe. Seuls les rameaux de l'année sont fructifères. L'accès à la lumière conditionne la taille des châtaignes.

Dans les climats océaniques à fortes précipitations, on veillera à planter les châtaigniers hors des orientations pluvieuses dominantes comme l'ouest, et on lui préférera les orientations sud et sud-est. On maximisera la pollinisation directe et rapide en intégrant des ruchers au pieds des châtaigniers et en plantant des plantes compagnes mellifères avec une couverture florale précoce, d'avril à juin), juste avant l'ouverture des premières fleurs de châtaignier (juin), et juste après, pour attirer les pollinisateurs et les inviter à rester. Le genêt et le chèvrefeuille remplissent très bien ce rôle. Les noisetiers, le lierre et les bruyères assureront une pérennité des pollinisateurs, dès le mois de février-mars. (voir tout le cycle de floraison du biotope du châtaignier dans la suite de l'article/ la faune).

Si  vous êtes dans une région montagnarde sous influence continentale, veillez à choisir une orientation protégeant les châtaigniers, et d'autres arbres fruitiers, des gelées tardives printanières et des gelées précoces automnales. En effet, les sols siliceux, les orientations sud-est et sud se réchauffent vite et peuvent influencer sur la montée de sève. En montagne, notamment près des zones limites d'implantation de l'arbre, il est préférable de choisir des orientations limitant cet impact, en préférant des orientations à l'est ou à l'ouest (pour les protéger des vents froids), parfois au nord pour les fruitiers à floraison printanière (pour retarder la floraison et donc l'exposition des fleurs au gel), mais bien exposé à la lumière en été. Au sud, et au sud-est, qui correspond à l'optimum de culture du châtaignier, la couverture du sol est alors un axe de culture important pour limiter l'évaporation. Vous pouvez aussi créer des microclimats frais ou chauds avec des murets pour limiter les écarts de températures brutaux au niveau du sol.

>>> Dans le cadre d'un biotope cultivé comme une forêt jardin:
_ le noisetier, le houx, la bourdaine et le genêt vont accompagner plus particulièrement les espèces fruitières à floraison printanière et à fructification estivale, comme les cerisiers, les pruniers, les poiriers, les pommiers, les abricotiers, les pêchers, les amandiers...
_ la bourdaine, le genêt, le robinier, la canche flexueuse, la germandrée, le chèvrefeuille vont plus particulièrement accompagner les espèces tardives à mâturation automnale comme les merises, les prunelles, le néflier, le cognassier, le chêne, le noisetier, le châtaignier.
_ la germandrée scorodoine, la bruyère, le chèvrefeuille, le lierre, le houx et le noisetier vont accompagner plus particulièrement les espèces fruitières à floraison automnale et à fructification hivernale, comme le bibacier du Japon par exemple, le kaki, la baie de mai, l'eleagnus ebbingei, l'argousier et l'arbousier.

la flore


actualisation article : février 2015
erratum: dans la quantité de chaque plante par biotope et donc dans leur ratio proportionnel à l'hectare. la correction a été apportée sur les chapitres traitant cette information. les pourcentages de fidélité restent correctes.
correction apportée: intégration des seuils d'abondance des plantes en pourcentage, venant corriger les erratum sur le nombre de plantes et leur ratio à l'hectare par rapport à la végétation totale.

Le Châtaignier, Castanaea sativa, s'associe à 68% avec la fougère aigle, à 58%  avec la germandrée scorodoine et à 51% avec le lierre grimpant.

Le chèvrefeuille des bois est aussi très présent dans le biotope du châtaignier et s'associe à 46%. Il affectionne particulièrement les chênes et les châtaigniers.

Les plantes dominantes du biotope sont le lierre grimpant, comme plante couvre sol et comme liane compagne, le noisetier comme arbuste à ectoendomycorhizes EcMa, la canche flexueuse, le chêne pédonculé à ectomycorhize EcM et la fougère aigle à mycorhize arbusculaire Ma.

Puis vient la bruyère à mycorhize éricoïde ErM, la germandrée scorodoine et le chèvrefeuille des bois à mycorhize arbusculaire Ma.

S'ajoutent les fixateurs d'azote arbustifs comme le houx et le genêt à balais, à mycorhize arbusculaire MA.

Et la bourdaine à mycorhize Ma également.

Les châtaigniers sont les moins nombreux, 3 fois moins que les chênes pédonculés par exemple. Mais ils appartiennent à la même famille, les Fagacées. ILs accueillent les mêmes symbiotes fongiques chez les basidiomycètes. Ensemble, ils forment la canopée arborescente dominante du biotope de la Chênaie-Châtaigneraie acidophile et thermophile de moyenne montagne et de l'espace collinéen, écologiquement similaire à la fruticée de rosacées.

Les châtaigniers ont des arbres majestueux, de grande envergure. Ils peuvent atteindre plus de 40 m de haut et de large, leur tronc peut mesurer plusieurs mètres de diamètre. Et leur longévité peut dépasser les 1000 ans voir atteindre les 2000 ans. Dans la majorité des cas, ils deviennent centenaires et multicentenaires. Leur production peut atteindre 70 ans en forêt et 150 ans dans un verger entretenu.

En toute logique, ils peuvent donc occuper qu'un nombre limité de places dans la futaie, surtout qu'ils ont besoin d'un maximum d'exposition foliaire à la lumière, si non ils s'implantent mal, drageonnent beaucoup et développent des rameux axiaux, un phénomène que l'on appelle le croissance apicale, c'est à dire le développement horizontal plutôt que vertical.

les arbres:
Les grands arbres représentent 16% des espèces caractéristiques du biotope du Châtaignier. 

2 espèces sont de taille supérieure à 20m et 2 espèces inférieures à 5m, 4 espèces sur 12 sont des formes arborescentes, soit 33%.
Il est surement nécessaire de relativiser ce chiffre à la baisse pour les espèces forestières mâtures, car peu de plants se développent de manière arborescente. Il est en réalité certainement inférieur à 10% voir à 5%, ce qui rend mieux compte de ces futaies claires et dégagées.

Les châtaigniers représentent entre 10% et 40% minimum (abondance dominance 1-6, 4-6) de la végétation du biotope. C'est le grand arbre de ce biotope.

Les chênes pédonculés représentent 10 % des arbres minimum.

Ces deux espèces constituent l'essentiel de la canopée de la futaie de la châtaigneraie. A laquelle viennent s'ajouter le chêne sessile, parfois dans une forte proportion, à 75% de présence minimale, le hêtre, le bouleau, le merisier et le pin sylvestre, dans une moindre mesure.

Le houx représentent potentiellement 10% minimum des arbres et la bourdaine représentent 10 % . Les conditions dégagées de la canopée de la châtaigneraie et les bonnes ressources en lumière laissent supposer que le houx et la bourdaine ont plus de chance de se développer de manière arborescente dans la châtaigneraie.

La bourdaine, grâce à sa floraison et sa fructification perpétuelles d'avril à août est la garante d'une présence permanente des insectes, des pollinisateurs, des oiseaux et des mammifères.

A laquelle viennent s'ajouter des arbres fruitiers comme le poirier commun et le néflier en priorité, mais aussi le pommier, le cerisier et le prunier. On peut élargir au nashi, à l'amandier, l'abricotier, l'arbousier, l'argousier, le figuier, le bibacier et le kaki pour les cultures. Et aux agrumes dans les stations appropriées (voir plus loin).

Dans d'autres stations, on peut trouver le robinier faux acacia, un excellent fixateur d'azote mais au comportement compétitif et envahissant.

>>> Les arbres fruitiers qui tolèrent les sols pauvres, drainants et acides peuvent être plantés en compagnie des châtaigniers.

>>> Les arbres fruitiers plantés dans la Châtaigneraie bénéficieront des propriétés nutritives, hydriques, synergiques et médicinales du réseau fongique et bactérien développé entre les chênes, les châtaigniers, les genêts. Selon leur stade de croissance et leur variété, les arbres s'associent avec les bactéries rhizobium chez les légumineux herbacées ou ligneux type gênet, frankia chez les arbres ligneux type robinier, les mycorhizes arbusculaires et les basidiomycètes et d'autres organismes auxiliaires dans la litière forestière.

les arbustes:
Les arbustes représentent potentiellement 33% des espèces caractéristiques du biotope du Châtaignier. 4 espèces sur 12 sont des formes arbustives ou buissonnantes.

Le châtaignier s'associe préférentiellement avec le chèvrefeuille des bois, comme le chêne, à 46%.

Les autres arbustes sont le noisetier à 36%, le houx à 34%, à 33% avec le genêt à balais, qui est un fixateur d'azote, et à 27% avec la bourdaine - au stade arbustif.

La bourdaine, un arbuste arborescent, grâce à sa floraison et sa fructification perpétuelles d'avril à août est la garante d'une présence permanente des insectes, des pollinisateurs, des oiseaux et des mammifères.

Sur terrain acide, la bourdaine est bio indicatrice d'une forte humidité dans le sol, alors qu'en terrain calcaire, elle pousse plutôt sur terrain sec. Dans le biotope du châtaignier, elle peut donc indiquer une ressource en eau imminente. Cette information permettra au jardinier de visualiser les zones humides de son terrain.

La bourdaine émet des composés volatils puissants. Au delà de l'impact zoochorique, il est possible que ce parfum volatil dans la canopée aide les arbres à localiser une zone humide et à guider leur croissance racinaire en direction de la bourdaine, ce qui leur assure de trouver une bonne ressource hydrique.

Les chevreuils aiment la bourdaine, les fruits sucré et juteux contiennent un alcaloïde psychotrope et un laxatif stimulant, comme l'écorce séchée. La bourdaine est donc "la plante chamanique" du chevreuil. Les fleurs de bourdaine sont riches en nectar et fournissent un miel très apprécié.

les fixateurs d'azote:
Le châtaignier est fidèle à 35% avec des fixateurs d'azote, soit une chance sur trois de trouver un ou deux fixateurs d'azote. Les fixateurs d'azote représentent +20% des espèces caractéristiques du biotope du Châtaignier et potentiellement plus dans les biotopes plus riche en biodiversité. Elles sont toutes des espèces arbustives; ce sont des fabacées ligneux qui s'associent donc avec des bactéries rhizobium ou frankia, favorables à la croissance des jeunes plants d'arbres ligneux jusqu'à leur transition vers une symbiose ectomycorhizienne avec les basidiomycètes.

Le Châtaignier s'associe respectivement à 34% avec le genêt à balais et le houx. Le genêt à balais est un fort fixateur d'azote, endémique aux terrains siliceux et acides. Il est l'hôte des bactéries rhizobia pendant une dizaine d'années.

Le robinier faux acacia est un arbre fixateurs d'azote.

Ses fleurs vanillées ont une odeur absolument envoutante, très appréciée des abeilles, et réalises des tisanes et des miels réputés. Les fleurs sont les seules parties comestibles de l'arbre, car l'acacia est très toxique. Le robinier fournit un excellent bois de chauffage, et sa croissance est très rapide.

Attention avec le robinier qui est une espèce envahissante. S'il est naturellement présent sur votre terrain, alors cela peut être une bonne idée d'y implanter une forêt jardin, pour réguler son expansion, car il a tendance à concurrencer l'implantation d'autres systèmes racinaires à terme. N'introduisez pas de robiniers s'il n'est pas présent dans votre terrain, il est considérer comme une espèce invasive en France.

Dans d'autres stations, on peut trouver l'argousierhippophae rhamnoides, un arbuste des landes et des dunes. Les Eleagnacées développent en plus une mycorhize avec d'autres bactéries nitrifiantes et apporte donc une biodiversité microbienne au sol, adaptée aux sols sableux. On peut décliner d'autres espèces dans la famille des Eleagnacées, comme l'eleagnus ebbingei à floraison hivernale très parfumée (parfum de fleur d'oranger) et aux drupes printanières délicieuses. Ou encore à l'olivier de bohème, un arbre ressemblant à un olivier avec des petites drupes farineuses oranges argentées (non comestibles pour nous). Ils résistent à des températures gélives inférieures à -15°C même s'ils préfèrent des stations plus méridionales. Ces arbustes sont en association avec des bactéries frankia.

>>> Les fixateurs d'azote sont donc favorables et recommandés, notamment les genêts, dans la culture du Châtaignier et des Chêne en terrain acide et siliceux. Les fixateurs d'azote jouent un rôle essentiel dans la croissance des châtaigniers, qui apprécient des sols riches en base. 

>>> Les arbustes représentent potentiellement 35% en moyenne de la population caractéristique du châtaignier, notamment quant la forêt est au stade de taillis. Une partie seulement évolue au stade arborescent. Les arbustes sont donc des plantes compagnes essentielles à la biocénose du châtaignier. La strate arbustive constitue un étage intermédiaire pour les espèces lianescentes ou grimpantes comme le chèvrefeuille, le lierre grimpant et la fougère aigle en lisière forestière.

les lianes et les plantes grimpantes
Le Châtaignier est fidèle à 51% au lierre grimpant, à 46% avec le chèvrefeuille des bois.

Ces espèces sont multifonctions. Elles jouent à la fois le rôle de couvre sol pour limiter l'évaporation, des fournisseurs de biomasse et d'humus, des partenaires pour la biocénose zoochorique avec les oiseaux, les pollinisateurs et les insectes, et même de plantes médicinale et bioclimatique pour l'hiver.

>>> Le lierre grimpant est une liane caractéristique du biotope du Châtaignier.

le lierre grimpant est une espèce pionnière des biotopes des pays d'Europe et des pays tempérés. Elle est très mellifère en automne et produit des baies en hiver. C'est une des rares plantes persistantes en hiver avec le houx.

C'est une plante clé dans les biocénoses, car elle fournit de la nourriture à la faune pendant les saisons froides, notamment à une abeille sauvage inféodée au lierre, et elles abritent l'arbre hôte du gel et des parasites, elle sécrètent des substances antiseptiques pour son arbre hôte. Son épais feuillage touffu et persistant est un véritable hôtel à insectes et un isolant contre le gel et les vents froids.

Le lierre grimpant affectionne le chêne et le hêtre, et le châtaignier. Elle dispose de son propre système racinaire et n'affaiblit pas l'arbre hôte; ses petits crampons lui servent juste à escalader l'écorce et à s'y fixer, sans la pénétrer. Il ne s'agit pas de suçons, mais plus de ventouses, et elle ne pompe pas la sève de son hôte, contrairement aux idées reçues.


>>> Le chèvrefeuille des bois représente 25% minimum (abondance entre 3-6) de la flore caractéristique du biotope du Châtaignier. 

le chèvrefeuille des bois est une liane arbustive aux fleurs très odorantes et mellifères. Ils produit des baies non comestibles pour nous, mais nutritives pour les oiseaux et d'autres animaux de la forêt. Elle peut atteindre plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Les chèvrefeuilles des bois régulent la croissance des rejets et des semis de chênes, en s'enroulant autour d'eux jusqu'à les étouffer parfois, même une fois adulte.

>>> Les espèces strictement lianescentes représentent 35% minimum de la flore caractéristique du Châtaignier.
Il faut relativiser cette statistique en considérant que la majorité des plantes jouent avant tout le rôle de couvre sol pendant que la forêt s'installe.

Dans le biotope élargi, plusieurs autres variétés de lianes peuvent entrer dans le biotope des plantes compagnes du châtaignier, notamment en haie forestière.

On peut donc imaginer la culture de lianes tolérantes au ph acide et comestibles ou ornementales, comme le kiwi et le kiwaï, le passiflore, la chrystophine, les ipomées (ornementales), les patates douces, le raisin, la shisendra de chine... et d'autres.

Les plantes couvre sol
>>> Les plantes couvre sol représentent potentiellement 35% de la flore caractéristique du biotope du Châtaignier. 4 espèces sur 12 sont des plantes qui peuvent jouer ce rôle. Le châtaignier s'associe notamment à 68% avec la fougère aigle, qui colonise une étendue large et homogène avec son système rhizomateux. Le lierre grimpant s'étend d'abord sur le sol avant de rencontrer un arbre et de devenir lianescent.

Les plantes couvresol, lierre, les canches flexueuses, les fougères aigle, les bruyères et les germandrées scorodoine se répartissent selon la zone à coloniser et selon le substrat, rocheux, siliceux, héliophiles ou semi-ombragé.

La fougère aigle, les canches et la germandrée colonisent plutôt les clairières, le sous bois forestier clair et les lisières. Les bruyères et les canches colonisent plutôt les landes et les espaces rocheux. Le lierre et le chèvrefeuille, plutôt les taillis et les futaies.

>>> La fougère aigle représente 25% minimum (abondance entre 3-6) de la flore caractéristique du biotope du Châtaignier

Lorsqu'elles se trouvent en lisière forestière ou prêt d'un arbuste, elles l'utilisent comme support. La fougère délègue ainsi une partie de sa résistance ligneuse et favorise plutôt sa production en cellulose, moins coûteuse en énergie. Elle peut ainsi atteindre les 4m de hauteur, surtout s'il s'agit d'un fixateur d'azote comme le genêt ou le robinier.

Ces espèces ont des formes évolutives, de rampantes à lianescentes, voir arbustives, selon le support qu'elles rencontrent. Elles accompagnent l'évolution des taillis en lisière forestière ou en futaie.

Les herbacées.
Les herbacées représentent 33% des espèces caractéristiques du biotope du Châtaignier.  Les herbacées représentent 4 espèces sur 12 dans la flore caractéristique du biotope du Châtaignier, soit 33%. Et potentiellement beaucoup plus selon la disponibilité des ressources en nutriments et en eau (voir dans le biotope élargi).

Le châtaignier s'associe fidèlement à 68% avec la fougère aigle, à 58% avec la germandrée scorodoine, à 45% avec avec la canche flexueuse et à 32% avec la bruyère.

>>> Les herbacées et les graminées sont parmi les espèces qui augmentent le plus avec la biodiversité du biotope, notamment en montagne. (voir dans le biotope élargi du Châtaignier).

Elles appartiennent à des familles différentes, ce qui témoigne d'une biodiversité spécifique à ce milieu difficile. Les fougères développent un système rhizomateux. Les bruyères forment des mycorhizes éricoïdes. Les graminées s'associent avec des bactéries nitrifiantes, notamment grâce à la gesse des montagnes. D'autres plantes sont plus autonomes, comme les crassulacées, représentées par l'orpin à feuille de fève (ou le sédum à feuille de fève). Certaines développent même des racines protéoïdes, comme des chatons, pour filtrer un maximum de nutriments et d'eaux ruisselantes.

Leur système racinaire à échelle diversifiée participe à améliorer les interactions entre les plantes dans la rhizosphère et la mycosphère, à fixer le sol, à faire circuler les ressources nutritives, à accumuler, à séquestrer voir à détoxifier le sol des ions métalloïdes, comme le fait la mollinie bleue ou les agrostis, et à créer des ressources carbonées.

Elles fournissent aussi des huiles essentielles médicinales et attirent les pollinisateurs et les oiseaux au printemps et en été.

La germandrée scorodoine
La germandrée scorodoine

Le Châtaignier s'associent préférentiellement avec la fougère aigle (68%) et la germandrée scorodoine (58%). La germandrée scorodoine s'associe fidèlement à la fougère aigle (57%), à la canche flexueuse (47%) et au chèvrefeuille des bois (42%). Elle s'associe à -35% avec des arbres, ce qui explique l'ouverture du paysage dans lesquelles poussent les germandrées. Les arbres avec lesquelles elles s'associent fidèlement sont le chêne pédonculé à 37%, le châtaignier à 31% et le chêne sessile à 28%. On retrouve également le genêt à balais (35%), la callune (34%), le noisetier (31%) et la bourdaine( 25%). On retrouve bien le biotope du châtaignier se dessiner dans ce type de paysage mi ouvert, mi-arborescent.

Le Châtaignier s'associe donc plus fidèlement à la germandrée scorodoine que la germandrée n'a besoin de s'associer avec le châtaignier; la plante compagne mutuelle est la fougère aigle (respectivement à 68% pour le châtaignier et 57% pour la germandrée). La germandrée est donc une plante compagne essentielle au Châtaignier (58% vs 31%).

L'association fougère - germandrée - canche flexueuse est la base de ce biotope pour les herbacées. A laquelle vient s'ajouter une plante confort, la callune, permettant un allongement de la saison estivale jusqu'à l'arrivée de l'hiver. On peut aussi intégrer d'autres bruyères tardives ou précoces, à floraison hivernale ou printanière, pour perpétuer ce mutualisme sur toute la saison de germination des graines.
Cela nourrira les abeilles de manière permanente et leur apportera des ressources pour tout l'hiver, jusque tard dans la saison, et dès la reprise de la saison en février-mars. Les bruyères sont en plus des plantes antiseptiques qui protégeront la santé des abeilles et de la ruche.

La germandrée scorodine est une lamicaées, c'est une plante vivace. Elle appartient à la même famille que la sauge, l'hysope, la calament, l'origan, la mélisse, le lamier, l'épiaire, la menthe, le thym, le serpolet, la sarriette, le romarin et la la lavande.  Elles ont toues des vertus médicinales antiseptiques. La germandrée scorodoine contient des principes amers, des tanins, de la résine et une huile essentielle. Une autre variété de germandrée est toxique, on la trouve dans le sud.

La germandrée petit-chêne contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques. La toxicité de ces nécines peut inhiber la croissance racinaire d'une autre plante, comme c'est le cas chez le romarin, ou provoquer des intoxications chez les animaux.

Les fougères
Le Châtaignier s'associe à 68% avec les fougères aigles. C'est sa plante compagne privilégiée. La fougère aigle représentent 25% minimum ( anbondance 3-6) de la flore caractéristique du biotope. 

Elle forme souvent une étendue mono espèce ou alors on la trouve en lisière forestière mélangée à d'autres herbacées et arbustes. Elles protègent les plantes du biotope contre l'évaporation des eaux souterraines, des écarts de températures brutaux et de la surexposition aux UVs. Elle fixe les sols instables grâce à un système rhizomateux dense et couvrant.

>>> La fougère aigle est la plante herbacée qui fournit l'essentiel de l'humus en mulch et participe à fixer le sol tout en le protégeant de l'évaporation et du gel.

Sur le terrain, on la trouve souvent associée à la canche flexueuse, au lamier et à l'ortie, voir avec le houblon et la ronce, lorsque les ressources en eau et en azote sont disponible.

On peut aussi trouver dans ce biotope le polypode commun, notamment dans les éboulis rocheux.

On se rend compte que ces deux variétés de fougères rhizomateuses offrent des ressources en amidon, et donc en sucre, propice à la pédofaune du sol et au mycélium.

+infos sur les fougères dans l'article "Les fougères, des plantes primitives".

Les graminées
Les graminées représentent au minimum 10% des espèces caractéristiques du biotope du Châtaignier.

La canche flexueuse est majoritairement représentée. Le châtaignier s'associe fidèlement à 45% avec la canche flexueuse, une graminée héliophile bioindicatrice des sols acidophiles et siliceux.

D'autres variétés de graminées acidophiles peuvent venir peupler ce biotope comme la fétuque hétérophyle, la luzule de forster et l'houlque molle. (voir le biotope élargi).

>>> Dans le biotope du châtaignier, les espèces endémiques à la châtaigneraie valorisent  leur symbiose avec la faune et la fonge du sol pour réunir des conditions optimales de survie. Ils améliorent ainsi la quête de nutriments jusqu'à x1000 leur capacité, dans un sol souvent pauvre et à faible capacité de rétention des nutriments, à cause de la décomposition rapide des herbacées. 

Les végétaux ligneux, notamment les arbres de la famille de fagacées, et les fougères aigles, ont la capacité de produire une grande quantité de biomasse carbonée pour pallier à cette fuite constante des solutés et de la matière organique. 

La litière de fougère est riche en potasse et en silice, favorable à la culture de légumes sur butte. Les ressources en sucres, en lipides et en hydrates de carbone, accumulées dans les racines et les graines ont pour but de solliciter les mycélia à coloniser leurs racines, au delà de la fonction de survie des plantes elles-mêmes à l'hiver. C'est une stratégie d'adaptation aux conditions drainantes des sols siliceux et rocheux, typiques des stations collinéennes ou de moyenne montagne de l'Ouest de la France, du Centre et du Nord-Ouest de l'Europe. 

La plantation d'espèce tubéreuses ou rhizomateuses, amidonnées et sucrées, conviendra à ce biotope et participera à entretenir cette symbiose avec le réseau mycélien du sol, d'en assurer la pérennité, et donc la stabilité du sol et la biodisponibilité des ressources hydriques et nutritives.

la germandrée scorodoine
à venir
plante médicinale assimilées aux sauges de montagne.

les fougères:
la fougère aigle

La fougère aigle est une plante de la famille des ptéridopphytes.
La fougère aigle est l'une des rares fougères à continuer de se développer de manière optimale à notre ère. Elle mesure environ 1m50 - 2m de hauteur mais peut atteindre 4m de haut en lisière forestière ou dans les clairières claires, lorsqu'elles ont un support, avec ou sans fixateur d'azote.

Toutes les fougères proviennent du carbonifère, où elles étaient alors dominantes, et jouissaient de taille absolument gigantesque plus que la majorité étaient arborescentes, comme des palmiers. On en trouve encore quelques espèces arborescentes dans les pays tropicaux et notamment sur les îles volcaniques comme à la Réunion et dans la forêt amazonienne.

Certaines peuvent s'adapter en climat méditerranéen et océanique, jusqu'en Bretagne, notamment l'espèce ********. Elles sont toutes importées.

Les fougères que l'on observe aujourd'hui sont des herbacées, dont la majorité sont en phase de déclin écologique, à l'exception de la fougère aigle, de la fougère mâle et femelle.

Les fougères forestières sont des plantes majoritairement des sous-bois ombragées et des zones humides. Elles supportent une exposition faible à la lumière. Les mousses tolèrent une exposition inférieur à 0,1% d'UV.

Les fougères sont des espèces sensibles, elles évitent les milieux anthropisés, urbanisées ou les terres cultivées. La diminution des espaces naturels comme les forêts sauvages, les zones humides et la pollution des eaux, accélèrent leur disparition et leur raréfaction.

La fougère aigle est une dennstaedtiacée. C'est l'une des rares fougères héliophiles à supporter les UVs, avec les fougères des murailles. Elle s'implante même premièrement dans les stations siliceuses, brûlées par le soleil.

Elles jouent le rôle de couvre sol, limite l'évaporation des sols drainants et limitent la compétition entre herbacée grâce à un système rhizomateux dense et large, qui peut recouvrir plusieurs dizaines voir centaines de m². Tant que la couverture du sol n'est pas assurée et la litière du sol pérenne, les fougères aigles sont indélogeable. Chaque bout de racine ou de rhizomes donnent lieu à une nouvelle fougère. La multiplication végétative permet à un seul individus de se cloner et de coloniser plusieurs dizaines de m² en un temps recors, dans un champ ou en lisière forestière. Cette stratégie ressemble à celle des ronces, aux fonctions écologiques similaires. +infos sur le rôle écologique des ronces dans notre article "Comment cultiver avec les ronces?"

Elles sont les premières plantes régénératrices de sol et d'humus dans les stations siliceuses perturbées, instables et brûlées par le soleil. Elles sont riches en silice et en potasse, ce qui va permettre à d'autres plantes de s'y installer, comme les orties, les lamiers et les ronces.

Les fougères aigles tolèrent la sécheresse mais demandent de bonnes conditions hydriques en profondeur. Elles sont donc à la fois indicatrices de stations chaudes mais également de terrain riche en ressource hydrique à moins d'1m de profondeur de la surface du sol. Elle est très présente dans les stations aux climats océaniques dans l'Ouest de la France te jusqu'en Ecosse.

>>> Les fougères aigles sont des plantes chlorophylliennes héliophiles, bio indicatrices des hots spots héliophiles et thermophiles dans les terrains acides et siliceux, avec de bonne ressources hydriques proches de la surface.

>>> Les fougères aigles sont des plantes régénératrices d'humus dans les stations acides, les sols pauvres, les terrains perturbés ou brûlés par les UVS, en plaine comme en montagne, jusqu'à m. Son système rhizomateux fixent des surface de plusieurs dizaines de mètres carrés voir de plusieurs centaines de mètres carrés et limitent ainsi l'érosion des sols.

>>> La litière de fougères aigles est riche en potasse, en silice et en hydrates de carbone, idéales pour cultiver des légumes sur buttes ou en paillage pour les plantes de bruyères.

La composition des fougère aigle est singulière. La fougère aigle émet des substances cyanhydriques et benzoïques qui éloignent les bactéries pathogènes, les acariens et les mammifères. Les limaces et les puces fuient les litières de fougère aigle. Un des plus grand agent chimique de la fougère est la thiaminase, une antivitamine B1. Les fougères aigles sont aussi riches en cuivre, ce qui leur confère cette couleur orange flamboyant en automne.

meules de fougères
à voir sur anchol.blogspot.fr
La thiaminase est aussi responsable d'intoxication chez de nombreux animaux. La litière de fougères est antiparasitaire, notamment contre les tiques et les puces, et fait fuir les rats. Elle a longtemps été utilisée dans les poulaillers et les écuries.

Mais leur utilisation prolongée peut provoquer des intoxications, des dermites et des maladies graves chez le bétail, s'ils en ingèrent. Quelques kilos de feuilles de fougères aigles consommées vertes et fraîches peuvent provoquer une intoxication et la mort d'un cheval. (+infos à ce sujet sur le site vétérinaire de l'ENVT à propos des intoxications végétales en pdf ici.).

Le mulch de fougère aigle en automne est à la fois activateur de germination pour les plantes, répulsive pour les gastéropodes, les acariens et les mammifères. La litière sèche et l'humus de fougère accueillent une biodiversité exceptionnelle, une véritable couveuse de vie, pour ces terrains parfois difficiles pour les micro-organismes. 

Les feuilles vertes sont antigerminatives, antiparasitaires et antipathogènes et peuvent être utilisées pour conserver des fruits, comme les feuilles d'érables ou de noyer. Attention toutefois au transfert de molécules toxiques. Les fleurs de sureau ont le même effet, elles ont l'avantage de parfumer et sont sans risques. Pour infos, les pommes conservées dans une litière de fleurs de sureaux prennent un goût d'ananas!

Attention! la fougère aigle est mortelle crue et dans toutes les parties vertes. L'exposition à la lumière entraîne la production de thiaminase, une substance cancérigène.

Les jeunes crosses de fougères, NON exposées à la lumière, sont comestibles cuites après préparation. Les japonais les consomment en omelette, après les avoir laissé tremper 24h dans l'eau avec de la cendre et du charbon, pour en absorber les toxines. Les têtes de crosses enroulées sont mucilagineuses, agréables, entre sucrées et amères, un peu comme des endives. On peut les faire sautées avec du beurre et du persil, après les avoir préalablement cuites à 2 eaux avec de la cendre. Vous pouvez les déguster juste blanchies à la vapeur pour garder leur croquant, après une nuit et une journée passée dégorgées dans de l'eau avec des cendres et du charbon de bois; les principes toxiques, hydrosolubles, sont ainsi majoritairement éliminés. (préparation ici).

Le rhizome de la fougère aigle est également comestible après une longue préparation et une cuisson prolongée. Elle est riche en sucres, en amidon et en hydrates de carbone. Ils sont très nutritifs, mais un peu fibreux. En Pologne, on faisait bouillir puis fermenter les rhizomes de la fougère aigle avec les 2/3 de leur poids en malte pour faire une boisson fermentée, comme un bière. En France, notamment en période de disette ou lors des mauvaises récoltes de blé, on faisait du pain de fougère, en réalisant une farine de fougère avec le rhizome coupé en morceaux, mouliné et cuit à l'eau, en la coupant ensuite avec de la farine de blé pour la préparation du pain. les japonais en faisait de même, coupé avec de la farine de riz, pour réaliser des mochis, petit gâteau de riz traditionnel fourré à la pâte d'haricot rouge sucrée. D'autres cultures faisaient cuire le rhizome de la fougère aigle dans un four souterrain pendant des heures avant de pouvoir la consommer. 

goya champuru, plat japonais d'Okinawa
warabi, zenmaï, osmunda japonica,
bouillon de crosnes de fougères cuisinées à la japonaise.
Cette consommation doit rester saisonnière et occasionnelle, car les crosnes de fougères peuvent être toxiques et mutagènes. Il convient de respecter scrupuleusement les procédés de préparation afin d'éviter tout risque d'intoxication. Elles sont alors très agréables à manger dans un plat mêlant astringence et sucré/salé, un peu comme des endives ou du sauté de goya. 

Le goya champuru est un gratin (un plat typique d'Okinawa - demandez moi la recette si ça vous intéresse). 

Les Japonais sont l'un des peuples à consommer le plus de crosnes de fougères, appelées zemaï, (c'est un légume de la montagne) qui s'achètent en supermarché au printemps ou qui se cueillent. Ils en consomment en grande quantité et on enregistre certaines maladies digestives, mutagènes ou sanguines relatives à cet abus de consommation. Il s'agit de la variété osmunda japonica.

J'utilise aussi les fougères aigles fraîches dans la culture de champignons en extérieur, au pied des billots de bois et par dessus, pour réguler l'accès des insectes et des gastéropodes aux champignons. Ce procédé peut être appliqué pour les jeunes pousses de légumes comme les salades ou les pommes de terre.

Lorsque je réalise des buttes de litière de fougère décomposée pour les pommes de terre, lorsque les frondes vertes se développent, à pleine maturité des pommes de terre, cela régule la population des punaises, des chenilles et des doryphores.

+infos sur les fougères dans l'article "Les fougères, des plantes primitives." et sur la culture sur butte de fougère ici http://www.foretscomestibles.com/documents/essai_buttes_fougeres_electroculture.pdf

le polypode commun
Charles Sillem Lidderdale
The fern gatherer, 1877

Le polypode commun est une fougère des murs et des éboulis rocheux. Elle pousse aussi bien à même le sol qu'à la verticale sur un mur de pierres. Elle développe un système rhizomateux entre les interstices des roches et des gravillons.

Le rhizome de la réglisse des bois a été utilisé en alimentaire. Elle est plus amère que son homologue exotique, la vraie réglisse, mais elle reste agréable. Le polypode continent surtout une substance sucrée: l'osladine.

L'osladine est une saponine sucrée naturellement présente dans le rhizome du polypode.

Le rhizome du polypode commun, polypodium vulgare,  contient un pouvoir sucrant de x 500 fois supérieur au sucrose. En Amérique du nord, il existe une autre variété, le polypodium glycyrrhiza, dont le pouvoir sucrant est de x 600, au goût amer atténué, et à la saveur plus neutre.

Il est peu soluble dans l'eau et reste donc dans la plante malgré le ruissellement. Il est soluble dans l'éthanol. Il peut donc accueillir une faune de bactéries et de mycélia.
Jorn de Précy expérimente
le jardin sauvage dès 1860

Les polypodes ainsi que d'autres variétés ont été récoltées dans l'histoire, et même cultivées, notamment au XIXème siècle, particulièrement au Royaume Uni. A l'époque victorienne, les fougères ont inspiré des botanistes, des artistes et beaucoup d'autres univers; on a appelé cette époque "la fern-fever" ou encore la ptéridomania. Sarrah Whittingham, une historienne, a écrit un livre sur le sujet "Fern Fever: The Story of Pteridomania". La Société Américaines des Fougères, The American Fern Society, est crée en 1893 et compte aujourd'hui 900 membres.

http://en.wikipedia.org/wiki/Pteridomania , http://amerfernsoc.org/, http://www.peterboyd.com/pteridomania.htmhttps://www.pinterest.com/lafaewisp/queen-victoria-vl-empire-history-extended-family/

les mousses:


Châtaignes et tapis de mousse sur sol siliceux et acide.
les Bartramiacées sont des mousses bioindicatrices des sols siliceux et acides, notamment en montagne.

la fonge, les symbiotes fongiques et bactériens:

les fixateurs d'azote
les fixateurs d'azote représentent deux espèces sur 12, potentiellement plus, avec un minimum de 10% d'association favorable, parfois moins (abondance dominance 1-6).

Les fixateurs d'azote associés au châtaignier sont le genêt à balais au stade de croissance, un arbuste fixateur d'azote en association avec des bactéries rhizobia et potentiellement le robinier faux acacia à l'âge de jeune adulte qui accueillent des bactéries frankia, qui s'associent préférentiellement avec les espèces arbustives et arborescentes.

Les bactéries rhizobia facilitent la croissance des jeunes plants de châtaignier et du chêne. Dans les biotopes élargis, on relève une multitude de variétés de genêts potentiels.

>>> Les genêts semblent être les fixateurs d'azote de référence pour les arbres de la châtaigneraie. Ils ont un fort pouvoir fixateur d'azote. Les fixateurs d'azote accompagne la croissance du jeune châtaignier jusqu'à sa migration vers une symbiose pérenne avec des basidiomycètes.

Dans le biotope élargi, on relève aussi la présence de la gesse des montagnes, qui s'associent préférentiellement avec les bactéries rhizobium, qui s'associent avec les herbacées; on trouve alors dans le biotope une plus grande diversité de plantes annuelles, de fleurs champêtres et de graminées. En développant ces associations, vous pouvez également cultiver des buttes maraîchères avec les châtaigniers, comme la carotte et l'artichaut. (voir plus loin dans l'article/ les applications en permaculture).

Les racines du châtaignier sécrètent aussi des exsudats d'acides organiques qui permettent au substrat riche en matière minérale de se décomposer grâce à l'action de micro-organismes et de bactéries andogées en sous-sol. Ces acides agissent sur la décomposition de la roche mère et minéralisent le sol.

C'est même une clé de survie pour les espèces végétales vivants dans les sols siliceux car ils sont extrêmement drainants. La fuite des solutés est permanente. Il faut donc que les espèces soient capables de produire une grande quantité de biomasse pour régénérer la litière forestière chaque année et/ou un système de stockage dans leurs parois et/ou dans leur racines.

les ectomycorhizes: EcM

C'est grâce à la faune du sol et de la fonge dans la litière forestière que le châtaignier adulte doit sa quête de nutriments, notamment grâce au mycélium des basidiomycètes.

Le Châtaignier est l'hôte des basidiomycètes similaires au Chêne, car ils sont de la même famille: les Fagacées. 

On trouve sous les châtaigniers les champignons suivants: amanite citrine, amanite des césars, amanite panthère, amanite phalloïde, amanite rougissante, armillaire couleur de miel, bolet à pied rouge, cèpe de bordeaux, chanterelle commune, collybie des chênes, hydne sinué, pied de mouton, lactaire à lait jaune, lactaire tranquille, mycène pure, russule charbonnière, russule verdoyante, trompettes des morts.

Le châtaignier accueille de nombreux champignons comestibles réputés comme les cèpes, les bolets, les amanites des césars, les chanterelles, les girolles, les pieds de mouton, l'hydne sinué, les trompette des morts, les russules verdoyantes, les russules charbonnières. Certains sont toxiques voir mortel, comme l'amanite phalloïde.

Dans le biotope du châtaignier, se trouvent d'autres hôtes comme le chêne sessile, le chêne pédonculé, les noisetiers, les bouleaux, le pin sylvestre, les hêtres qui accueillent toute une diversité d'autres champignons, comestibles, médicinaux ou toxiques. (voir plus loin dans l'article/ applications en permaculture/ les champignons).

Le Noisetier a la particularité d'évoluer d'une mycorhization arbusculaire vers une mycorhization avec des basidimoycètes à l'âge adulte.

Les bruyères accueillent quant à elles des mycorhizes éricoïdes spécifiques aux éricacées.

>>> C'est en encourageant la mixité des espèces forestières que l'on améliore la litière forestière et donc la biodiversité fongique des sols siliceux. Ce qui permet aux arbres des terrains acides de bénéficier d'avantages comparables à la fonge en terrain argilo-calcaire. Le réseau mycélien est la clé pour fixer les sols instables, retenir les solutés et limiter l'acidification constante du sol, notamment en montagne. L'équilibre de la biocénose fongique permet à la matière organique de se transformer en humus, même sur sol sableux ou graveleux.


la faune
Plus le châtaignier est âgé, plus il accueille d’auxiliaires. La biodiversité des arbres centenaires est incroyablement élevée. Préservez les châtaigniers, c'est donc préserver une grande biodiversité écologique chez la faune.

Les châtaigniers sont naturellement résistants à de nombreux parasites fongiques ou insectes. Son bois est imputrescible et très dense, difficilement attaquable. Seules les blessures par le gel, les sécheresses prolongées, la sénescence ou des tailles humaines créent des entailles, véritables portes ouvertes pour les maladies et les parasites. Le châtaignier est plus résistant que le chêne aux gellures.

Les châtaigniers sont une espèce très mellifère. Ils forment des centaines de grappes de fleurs, en chatons retombants, qui attirent une myriade de pollinisateurs et notamment les abeilles et les bourdons. On fait un excellent miel de châtaignier dans les Cévennes, les Pyrénées et le Morvan. La présence de robinier faux-acacia, de gênets et de bruyère rend le phénomène encore plus impressionnant, et fournit à l'apiculteur une diversité de fleurs sur pour nourrir les abeilles sur plusieurs saisons. Les Miels de Châtaignier, d'Eucalyptus, de Genêt, de Bruyères, de Pin, de Lierre et d'Acacia sont parmi les meilleurs voir les plus chers du marché.

Le châtaignier a développé un système de défense efficace autour de ses graines: les coques des châtaignes, appelées "bogue", sont aussi piquantes que des hérissons ou des oursins. Les châtaignes restent vertes et ne s'ouvrent qu'une fois l'amande mûre à l'intérieure. La bogue devient alors ligneuse en automne et s'ouvre en quatre, laissant entrevoir deux ou trois châtaignes, rarement toutes développées. Les deux finissent par tomber sur le sol, avec les feuilles, fournissant aux châtaigne toutes les ressources carbone à décomposition courte ou prolongée, les feuilles d'abord, les châtaignes avortées ensuite, puis les bogues, qui tiendront jusqu'à la fin de l'été prochain. Le châtaignier produit à lui seul les ressources nutritives pour 6 mois un an pour permettre à sa graine de germer dans des conditions favorables, même en l'absence de litière carbonée et de couvre sol sur le terrain.

Seules les petites mains agiles et les griffes des écureuils leur permet de sortir les amandes, seulement une fois ouvertes, ou le bec des corbeaux, qui en profitent pour récolter au passage des noix sur son passage, lorsqu'ils sont présents. Les écureuils constituent des cachettes avec des glands et des noisetiers, partenaires du châtaignier, qu'il oubli souvent. C'est grâce à ces nombreuses graines enterrées et laissées que la forêt se régénère et s'étend. La geai du chêne en fait de même, en intégrant également des baies, des mousses et des lichens. Ils sélectionnent ainsi les meilleures châtaignes et les disséminent à plusieurs mètres du châtaignier mère. Le châtaignier peut mesurer plus de 40 m de hauteur et d'envergure, avec un tronc de plusieurs mètres de diamètres. Il est essentiel de compter sur ces animaux pour favoriser la viabilité de ses graines jusqu'à leur forme arborescente.

CYCLE DE FLORAISON DU BIOTOPE
Voici le cycle de floraison des plantes compagnes pour les pollinisateurs: noisetier, poirier, chêne sessile, chêne pédonculé, bourdaine, houx, genêt à balais, châtaignier, canche flexueuse, germandrée scorodoine, chèvrefeuille des bois, bruyère, lierre grimpant.

La majorité de ces fleurs sont très colorée et lumineuse, souvent dans les nuances de blanc crème, jaune crème, jaune d'or, jaune électrique, rose, particulièrement appréciées des abeilles et des bourdons. Elles forment des tâches colorées dans le paysage visibles de loin, comme le genêt, le noisetier, le prunellier, les bruyères, le chèvrefeuille, le châtaignier, le robinier. Les fleurs dégagent un parfum fort et envoûtant à plusieurs centaines de mètres à la ronde, souvent à nuances vanillé ou miellé. L'effet de groupe accentue ces deux phénomènes de couleur et d'odeur.

Les insectes pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans la couverture annuelle du Châtaignier.

CYCLE DE FRUCTIFICATION DU BIOTOPE
Voici le cycle de fructification des graines et des noix dans le biotope du Châtaignier pour les mammifères: glands, noisettes, châtaigne.

Voici le cycle de fructification des baies et des graminées pour les oiseaux, rongeur et herbivores: bruyère, germandrée scorodoine, canche flexueuse, genêt à balais, chèvrefeuille des bois, bourdaine, houx, lierre grimpant.

Pour les chevreuils et les sangliers, il faudra user des sabots pour les écraser sur le sol, ou attendre qu'elles s'ouvrent pour les faire tomber, en fouinant ensuite la litière. Les châtaignes ont tendance avec leur poids à tomber sous la litière, en contact avec le sol. Les chevreuils adorent les baies de la bourdaine et du chèvrefeuille. Les baies attirent les oiseaux, les chevreuils, les renards, les écureuils et bien d'autres!

Les oiseaux jouent un rôle essentiel dans la régulation des insectes sur le châtaignier et le chêne. La geai du chêne collectionne les graines et les glands, autant que les baies; c'est une sentinelle pour tout le biotope car elle imite le cri d'oiseaux prédateurs comme la buse pour prévenir les autres oiseaux de la forêt et les petits mammifères, ce cri lui sert aussi à leurrer la buse, pour lui faire croire qu'ici règne une autre buse, elle se protège ainsi. La majorité des plantes compagnes produisent des gaines ou des baies comestibles pour les oiseaux et couvrent l'ensemble du cycle annuel, surtout hivernal.

Certains grands oiseaux se nourrissent aussi des noix comme le corbeau, la chouette et la geai.

les maladies:
Les Châtaigniers guérissent naturellement du chancre.

Mais ils sont sensibles à la Phytophthora, qui est une porte ouverte à la maladie de l'encre du châtaignier. Les parasites Cryphonectria attaquent également les châtaigniers.

Les stress hydriques en cas de sécheresse affaiblissent les défenses immunitaires des châtaigniers et semblent créer une porte d'entrée dans les processus de contamination et de colonisation.

"Phytophtora cinnamomi was never detected in sites characterized by minimum temperatures below 1.4 °C, maximum temperature above 28 °C, or soil pH below 5.4" inra/ Vettraino, A.M., Morel, O., Perlerou, C., Robin, C., Diamandis, S., Vannini, A. (2005)

La biodiversité et la constitution d'une forêt à strates diversifiées permet d'améliorer les conditions de vie du châtaignier, d'atténuer les stress thermiques et hydriques, et améliore la productivité des châtaignes.

le biotope élargi
>>> Le phytotype de référence du châtaignier est la fougère aigle et la germandrée scorodoine, qui appartiennent au biotope général de l'épervière lisse et du sedum à feuille de fève (une crassulacée).

plantes écologiquement similaires:
la violette de Rivin, le lierre terrestre. la fétuque hétérophyle, la luzule de forster, l'houlque molle, le polypode commun, la germandrée scorodoine, la mélampyre des prés, l'épervière de Savoie, le millepertuis élégant, la fougère aigle, le chèvrefeuille des bois, le gênet à balais*, le houx*, le chêne sessile, le poirier commun, le bouleau verruqueux, le néflier, le chêne pédonculé, le merisier.





le biotope recomposé:
ARBRES: châtaignier, chêne pédonculé, chêne sessile, houx*, bourdaine, poirier commun, bouleau verruqeux, néflier, merisier.
ARBUSTES: chèvrefeuille des bois, genêt à balais*, houx*, noisetier, bourdaine.
GRIMPANTS/ LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant.
HERBACEES: fougère aigle, germandrée scorodoine, mélanpyre des prés, épervière de Savoie, millerptuis élégant, callune, polypode commun, violette de Rivin.
GRAMINEES: fétuque hétérophyle, luzule de forster, houlque molle.
COUVRESOL: fougère aigle, lierre grimpant, callune.
NFP: genêt à balais, houx.
CHAMPIGNONS: amanite citrine, amanite des césars, amanite panthère, amanite phalloïde, amanite rougissante, armillaire couleur de miel, bolet à pied rouge, cèpe de bordeaux, chanterelle commune, collybie des chênes, hydne sinué, pied de mouton, lactaire à lait jaune, lactaire tranquille, mycène pure, russule charbonnière, russule verdoyante, trompettes des morts.

APPLICATIONS EN PERMACULTURE
Cultures associées

Le biotope élargi est établi en fonction des plantes fidèles au châtaignier, aux plantes qui partagent les mêmes caractéristiques écologiques et au microbiotope local. 
Le choix se fait aussi en intégrant toutes les espèces comestibles potentielles du biotope et les espèces améliorant la qualité des conditions de vie de la plante, sa production et la dynamique des relations faune-flore-fonge. 
La flore est caractéristique des sols acides et siliceux.
Il convient à chacun d'observer son terrain pour adapter au mieux les associations parmi ces possibilités tout en articulant les strates paysagères de votre forêt jardin. 
Si vous êtes sur un sol calcaire, ne plantez pas de châtaigniers.
(ou envisagez un petit bois de résineux comme le pin sylvestre, le mélèze ou le pin blanc).



global
Nous choisissons d'élargir le biotope du châtaignier en intégrant la flore du biotope de la fougère aigle, de la germandrée scorodoine, du chèvrefeuille des bois, du genêt à balais et du noisetier. Nous intégrons celui du poirier, du néflier, du bouleau verruqueux, du houx, de la bourdaine, de la canche flexueuse, du millepertuis élégant, de la callune commune, de la myrtille et du polypode commun (réglisse des bois).

Le noisetier, la bourdaine, le sédum à feuille de fève et le lierre terrestre sont des plantes compagnes qui permettent d'activer des biocénoses faune-flore-fonge clé, notamment en hiver. Il est essentiel d'intégrer ces espèces pour assurer la bonne santé, l'autonomie et le dynamisme de la culture sur toute l'année.

local
Pour les stations méridionales, vous pouvez intégrer le biotope de l'Arbousier, arbutus undeo, du poirier à feuilles d'amandier, pyrus communis cordata et du chêne vert.
Pour les stations montagnardes, vous pouvez intégrer le biotope de la Callune communecalluna vulagris, de l'Epervère de Savoie, hieracium sabaudum et dans les zones rocheuses, le polypode commun (réglisse des bois), polypdium vulgaris.
En plaine, intégrez le biotope du Chêne de votre région (sessile, vert, pubescent) et de la sédum à feuille de fève, sedum fabaria.
Pour les stations fraîches, vous pouvez également intégrer le biotope du Merisierprunus avium, du Houx, ilex aquifolium et du lierre terrestre.

>>> étude complète de la châtaigneraie dans les Cévènes, le Massif de Maures et la Corse par l'INPN http://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/habitats-declines/9260.pdf

le biotope élargi:
ARBRES: châtaignier, chêne pédonculé, chêne sessile, houx*, bourdaine, poirier commun, bouleau verruqueux, néflier, merisier, hêtre, tremble, bouleau pubescent, pin sylvestre, aubépine monogyne, prunellier, poirier sauvage, pommier commun, pommier sauvage, poirier à feuilles d'amandier, alisier torminal, charme, saule marsault, alisier blanc, tilleul à feuilles cordées, sapin blanc, épicéa, sorbier des oiseleurs, érable champêtre, frêne.
ARBUSTES: chèvrefeuille des bois, genêt à balais*, houx*, noisetier, bourdaine, genêt poilu*, ajonc d'europe*, prunellier, cornouiller sanguin, rosier des chiens, charme, troène, cerisier aigre, viorne lantane, fusain, chèvrefeuille des haies.
GRIMPANTS/ LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant, tamier, rosier des chiens, rosier des alpes, framboisier, clématite blanche.
HERBACEES: fougère aigle, germandrée scorodoine, mélanpyre des prés, épervière de Savoie, millerptuis élégant, callune, polypode commun, violette de Rivin, solidage verge d'or, bruyère cendrée, épervière en ombelle, véronique officinale, gesse des montagnes*, linaire striée, digitale pourpre, épervière à feuille lisse, potentille tormentille, myrtille sauvage, genêt d'Angleterre*, polygala à feuille de serpolet, violette des chiens, pulmonaire à feuilles étroites, pulmonaire à grandes feuilles, millepertuis élégant, stellaire holostée, muguet, anémone, euphorbe des bois, mélique à une fleur, fragon faux-houx, sceau de salomon, violette des bois, lamier jaune, fraise des bois, rosier des champs, framboisier, ronce bleue, épilobe en épi, rhododendron ferrugineux (éricacées), rosier des alpes, prénanthe pourpre, gaillet hercynium, maianthème à deux feuilles, maianthème à deux feuilles (petit muguet),  petite pirole (ericacées), airelle (éricacée), conopode dénudé, fougère mâle, fougère femelle, mercuriale, laitue des murailles, monotrope suce pin, doradille capillaire, anémone hépatique, épervière des murs, géranium robert.
GRAMINEES: fétuque hétérophyle, luzule de forster, houlque molle, canche flexueuse, laîche à boulette, mollinie bleue, agrostide commune, flouve odorante, danthonie retombante, violette des chiens, fétuque ovine, luzule champêtre élevée, carex polyrrhiza, luzule de printemps, pâturin des bois, luzule piloselle, brachypode des bois, laîche des bois, molinie bleue, callamagrostide à feuilles de roseau, mélampyre des bois.
COUVRESOL: fougère aigle, lierre grimpant, callune/bruyère sauvage, véronique officinale, linaire striée rampante, potentille tormentille, fraise des bois, petite pervenche, oxalis des bois.
NFP: genêt à balais, houx, genêt poilu, gesse des montagnes, genêt d'Angleterre, ajonc d'europe, robinier faux acacia.
CHAMPIGNONS: amanite citrine, amanite des césars, amanite panthère, amanite phalloïde, amanite rougissante, armillaire couleur de miel, bolet à pied rouge, cèpe de bordeaux, chanterelle commune, collybie des chênes, hydne sinué, pied de mouton, lactaire à lait jaune, lactaire tranquille, mycène pure, russule charbonnière, russule verdoyante, trompettes des morts, lépiote élevée, lépiote déguenillée, lépiote de ricken, lépiote de konrad, lépiote excoriée, lépiote mamelonnée.

> on élimine les plantes calcicoles, comme la molinie bleue.

fleurs de châtaignier
Le Châtaignier est un bio indicateur des hots spots d'un terrain, chaud et lumineux, à sol acide, bien drainé et riche en base, notamment en matière organique archaïque. C'est une espèce acidophile, calcifuge et thermophile.

les miels
Le biotope du châtaignier permet la production de miels de qualité, médicinaux et rares, et donc de haute valeur marchande.

Le miel de châtaignier, d'acacia, de bruyère, de genêt, de germandrée et même de chèvrefeuille.

Plus le biotope est forestier et montagnard, meilleur sera la qualité et la saveur des miels comme des champignons.

+infos sur l'apiculture naturelle en warré.


les arbres à bois
Le châtaignier est une essence à bois de luxe très prisé, notamment dans la construction car son bois est imputrescible et insectifuge, poutres de construction, tuiles de bois, mobilier et parquet. Le bois de châtaignier peut être utilisé brut, sans traitement.

On dit aussi qu'il tient les maisons saines, à l'abri de l'humidité, et sans acariens (on ne trouve pas d'araignées dans les fermes et les caves construites en châtaignier).

Dans la confection de fûts en bois car le châtaignier contient des ferments naturels qui permet une vinification naturelle ou une fermentation du lait, des fromages et des alcools; il est utilisé traditionnellement en montagne pour faire cailler le lait de brebis et de chèvres. Toutes les parties ligneuses de l'arbre contiennent des ferments naturels.

La biomasse du châtaignier fournit un excellent BRF à longue durée de décomposition et une litière de qualité grâce à ses feuilles, ses bogues de châtaignes et les châtaignes non récoltées. Il peut être utilisé pour réaliser des tuteurs et les poutres des buttes, imputrescibles sur 5 à 10 ans, parfois 15 ans.

Le châtaignier produit une grande quantité de biomasse carbone, combiné à celle de la fougère aigle. La litière produit un humus noir riche et aéré. Les bogues de châtaignes, les fruits, les chatons et les feuilles mortes forment un excellent brf. Un Châtaignier centenaire peut produire plusieurs centaines de kilos de biomasse.

Les bogues piquantes peuvent aussi servir d'allume feu; elles ne contiennent pas de résine et la suie n'encrasse pas les conduits de poêles à bois, des rockets stove et des cheminées.

les arbres fruitiers, et le compagnonnage synergique.
néflier cultivée, mespilus germa
poirier, néflier et par extension nashi, bibacier, cognassier, cognassier du japon, pommier, aubépine, prunellier, prunier, abricotier, amandier, cerisier, merisier.
néflier sauvage,
mespilus germanica sylvestris

Le néflier tolère des sols pauvres et acides. Il peut être un porte greffe du poirier. Le cognassier partage potentiellement le même biotope en France, de manière spontanée ou cultivée.
poirier sauvage, pyrus sylvestris

Le poirier commun, le poirier sylvestre et le poirier à feuilles d'amandier partagent aussi les mêmes caractéristiques écologiques que le châtaignier. Et par extension, le nashi.

Par extension, on retrouve aussi le pommier sylvestre et l'aubépine.
On peut donc cultiver beaucoup de variétés de Rosacaées avec les châtaigniers: le nashi, le cognassier, le bibacier, l'abricotier, l'ume (prunus mume), l'amandier, les cerisiers, les pruniers, le cognassier du japon (à floraison hivernale)...
 A ces arbres fruitiers viennent s'ajouter d'autres variétés comme le figuier, l'arbousier, l'argousier, le cormier, l'alisier torminal, les agrumes et même les noyers.

photo internaute à voir ici.
L'arbousier, arbutus unedo, l'arbre à fraise, est un des seul arbre de la famille des éricacées. Il conviendra donc de l'implanter dans la même zone que les bruyères et les myrtilles, pour bénéficier des symbioses mycorhiziennes éricoïdes. Il est résistant jusqu'à -12°C.

L'argousier est quant à lui un fixateur d'azote des dunes, des landes et des fruticées, il appartient à la famille des eleagnus. Ses baies d'hiver oranges sont très vitaminées, jusqu'à fois la teneur en vitamines C d'une orange. Après le cynorrhodon, les fruits de l'argousier sont les plus riches en vitamine C des pays tempérés. L'argousier développe des racines protéoïdes qui lui permet de pousser dans des sols carencés.(voir plus haut dans l'article/ la biocénose fongique)

>>> Cet arbre et cet arbuste affectionnent le même biotope et microclimat. Il est donc recommandé de les planter ensemble.

Les agrumes et d'autres plantes atypiques.
plantation de thé en montagne, camelia sinensis
Dans les stations méridionales, comme en Méditerranée et en Corse, on peut cultiver des agrumes, des cactus, des succulentes, des agaves, des yucas (les pétales des fleurs sont comestibles, comme des endives), des ginkos, du thé, des eucalyptus, des araucarias, des bunya bunya, des pins pignons, du gattilier, les pistachiers... Dans les stations méridionales, on peut cultiver le carboubier, qui produit un succédané du cacao (comptez environ 15 ans).
pignon de pin pignon rustique, le pin de Corée, -45°C!

Dans les stations océaniques, c'est l'idéal pour cultiver des plants de thé, camelia sinensis, en terrasse, notamment dans la litière de fougère. Et des tsubakis, les camélias japonais, camelia japonica rose ou blanc, à la floraison hivernale rose carminée ou blanche.

citron rustique, poncirus trifoliata
Dans les stations plus au nord, il existe des variétés d'agrumes rustiques, l'orange amère, jusq'à -8°C, le yuzu jusqu'à -10°,  et le poncirus trifoliata, jusqu'à -15° voir plus. Ainsi que d'autres variétés provenant de Chine, de Corée et du Japon, notamment dans les mandarines, les mikans et les pommelos. Les agrumes sont des espèces arbustives forestières asiatiques, d'étage intermédiaire, qui préfèrent une lumière indirecte, et ne supporte pas ou mal la lumière directe. Si vous exposez un yuzu ou un poncirus, deux espèces proches de leur génétique sauvage, à la lumière directe, ils pâlissent et se défolient. Et ce sont des espèces hivernales, qui fructifient en période "froide". Ce qui n'a rein à voir avec les conditions dans lesquelles on les exposent en Méditerranée.

On peut aussi cultiver des pignons des variétés d'araucaria, du pin de Corée (-45°C!), du pin de Sibérie et du pin Pignon, et les amandes du Ginko biloba femelle (la pulpe est particulièrement mal odorante!!! à odeur de vomi ou de bouse, qui persiste plusieurs jours. Méfiez-vous de l'emplacement et des courants d'air. choisissez des zones qui affectionnent ces parfums comme stratégies d'attractions des pollinisateurs, comme les mouches, les punaises et les guêpes).

Ces suggestions de plantations respectent 5 critères caractéristiques du biotope du Châtaignier et s'y intègrent donc parfaitement:
_ la forme arbustive et arborescente d'espèces fruitières.
_ la tolérance au sol drainant et aux conditions thermophiles et héliophiles.
_ la qualité de la floraison : colorée, blanche, jaune, rose, au parfum miellé, vanillé, à floraisons estivale ou hivernale, non compétitrices avec celle du châtaignier.
_ les cycles hivernaux de floraison et de fructification.
_ l'immunovirulence, la résistance aux parasites, les huiles essentielles volatiles et les propriétés médicinales.

>>> Les floraisons et les fructifications hivernales de ces espèces fruitières étendent et renforcent la couverture saisonnière pour la biocénose zoochorique. La synergie s'opère.

+infos sur les fruits rustiques dans les articles "les fruits d'hiver rustiques" et "les fruits d'été rustique et précoces".

>>> La Châtaigneraie en taillis ou en futaie est donc un biotope privilégié pour implanter une forêt jardin. Elles comportent les espèces sauvages et forestières de nos variétés cultivées, et participent donc à recréer les biocénoses originelles pour les arbres fruitiers cultivées avec une large amplitude de culture et de variétés des sols acides.

En fait, le biotope de la châtaigneraie offre des conditions pour acclimater des espèces provenant des zones rudérales sableuses, des landes montagnardes, des espèces caucasiennes, certaines espèces nord africaines, asiatiques ou semi-tropicales qui peuvent être cultivées en annuelles, en serre hors gel ou acclimatées avec des expositions progressives à des températures inférieures à 10°C, quelques variétés pourront même s'acclimater une fois adulte et bien implantée à des températures gélives de rusticité USDA 9, de -1°C à -7°C, voir moins, zone 8, jusuq'à -12°C. C'est un plus pour les forêts jardin familiales ou une production à petite échelle.

+d'infos sur le biotope du poirier, le biotope du néflier, le biotope du pommier, le biotope du prunier.

les genêts
Les genêts sont des arbustes de la famille des fabacées en terrain acide. Ils fixent l'azote dans le sol en créant une symbiose avec des bactéries nitrophiles. Ils participent à fixer les sols perturbés, les dunes et les éboulis. Ils colonisent les espaces dénudés et les bois après des tempêtes ou des défrichements à blanc. Le genêt à balais a une durée de vie de 10 à 20 ans et résiste jusqu'à -25°C, c'est la variété de genêt la plus rustique, on le trouve jusqu'à l'étage alpin.

En montagne, la coupe à blanc en sylviculture et la fauche des haies ou des bordures sont des facteurs limitant la régénération naturelle des forêts. Car les genêts colonisent souvent ces espaces défrichés et surexposés aux UVS, avec une proportion à les envahir, et les transforment en landes à genêts. On les retrouve alors essentiellement avec des bruyères, des graminées vivaces et des fougères aigles. Ils privent les jeunes plants forestiers de lumière, ce qui les empêche de pousser. Dans ces sols pauvres, déstructurés et souvent acidifiés, ils réinitialisent la vie microbienne dans le sol, avec la même stratégie que les fougères et les ronces, jusqu'à ce que la forêt se referme sur cette zone, de l'extérieur vers l'intérieur. Les arbres poussent aux alentours pour reformer des haies, et bénéficient de la fixation d'azote des genêts et des hydrates de carbones des fougères. Puis, ils encerclent les genêts et les fougères aigles, qui sont des plantes strictement héliophiles et thermophiles. En grandissant, ils assombrissent et rafraîchissent les lieux. Lorsque le genêt n'a plus assez de ressource en lumière, il meurt naturellement ou est parasité par des insectes régulateurs. Il a joué son rôle. La chaume qu'il restitue au sol l'enrichit en hydrates de carbone. C'est la même stratégie que les ronces dans les zones rudérales et les clairières forestières, ou les fougères dans les landes siliceuses instables.

Toutes ces plantes réinitialisent un cycle de régénération des sols en les protégeant, les fixant et les nourrissant et rééquilibrant. La période de leur présence est déterminée par l'état de dénaturation du sol à réhabiliter, qui peut être de 10 à 20 ans, 30 ans, parfois plus, c'est-à-dire une génération humaine! Certains sols perdurent sous forme de landes à genêt. L'industrie y voit une accaparation définitive et parasitaire du territoire, rendu impropre à la culture, notamment à la sylviculture. C'est encore une erreur d'appréciation induite par un conflit d'intérêt économique. Notamment en montagne, où la culture des résineux devient dominante, épuise les ressources du sol, provoque une acidification et une sécheresse de la base du sol, qui atteigne parfois le stade de la pouzzolane. Seules les plantes des landes et des terres de bruyères peuvent alors y vivre comme les éricacées, les bruyères, les myrtilles, les busseroles, mais aussi les fougères, les mousses, les rhododendrons, des espèces ferrugineuses et d'autres espèces endémiques. Les landes à genêts sont généralement brûlées, broyées ou arracher, voir escaver à la pelleteuse, puis on replante tout de suite derrière des alignemenst de résineux, des douglas majoritairement. On en parle moins, mais il se passe des phénomènes de dénaturation des sols de même gravité dans la monoculture de douglas en montagne que dans les monocultures céréalières dans les plaines.

Il existe de nombreuses variétés de genêts, jaunes ou roses. Certains genêts développent des racines protéoïdes lorsqu'ils poussent dans des sols sableux carencés, notamment en phosphore. (voir plus haut dans l'article/ la biocénose fongique).

Les branches et les rameaux sont utilisés pour la confection de chaume, de balais (d'où son nom) et d'autres ustensiles. Attention aux manipulations. Les professionnels doivent s'équiper de gants pour éviter les dermatoses provoquées par les alcaloïdes et les phytotoxines, surtout lorsqu'ils sont manipulés frais. Les genêts contiennent plus d'une vingtaines d'alcaloïdes!

La spartéine présente dans cette plante rendrait le venin de vipère inoffensif, et certain mammifères s'en nourrissent à ses fins; la vipère est présente dans les éboulis rocheux en montagne.

Les fleurs de genêt sont très appréciées des pollinisateurs, notamment des abeilles. Le miel de genêt est comestible, d'excellente qualité gustative et médicinale alors que l'arbuste est toxique dans toutes ces parties. Le miel de bourdaine a des propriétés cardiotoniques, diurétiques et dépuratives. Les graines sont toxiques pour le bétail et l'homme, mais consommées par les oiseaux.

Seules les fleurs du genêt à balai, sarothamnus scoparius/cytisus scopariussont comestibles alors que toutes les autres variétés de genêts sont très toxiques. Les confusions avec le genêt d'Espagne, spartium junceum, sont responsables de la plupart des intoxications, qui peuvent être très graves voir mortelles. Adressez vous à un pharmacien ou un botaniste pour l'identification avant d'en consommer les boutons floraux au vinaigre.

>>> Il y a  donc une multitude d'activités à développer avec les genêts, qui va de la fixation des sols, à la symbiose mycorhizienne, du brf, de l'apiculture, des préparations alimentaires ou médicinales comme le miel, des boutons floraux au vinaigre ou des composés pour la pharmaceutique, jusqu'aux matériaux de construction et d'ustensiles ménagers.

l'Argousier, Hippophae rhamnoides
L'argousier, hippophae rhamnoides, est lui aussi un fixateur d'azote des dunes, des landes et des fruticées, il appartient à la famille des élaeagnacées. Ses baies d'hiver oranges sont très vitaminées, jusqu'à fois la teneur en vitamines C d'une orange. Après le cynorrhodon, les fruits de l'argousier sont les plus riches en vitamine C dans les pays tempérés. Il est rustique jusqu-à -17°c et ses fruits tolèrent le gel. Tous les autres Eleagnacées peuvent pousser dans ce milieux, comme l'eleagnus ebbingei, à la floraison mielleuse hivernale et au petit fruit sucré mûre blette en février-mars; et l'Olivier de bohème, un arbre fixateur d'azote au drupes farinées pour les oiseaux et les mammifères. Ce sont des fixateurs de sols sableux.

l'arbre aux haricots bleus, Decaisnea Fargesii
Un autre fixateur d'azote de ce type de biotope est le robinier faux acacia, qui s'adapte à tous types de sols. Auquel on peut ajouter l'arbre de judée et l'arbre aux haricots bleus. L'arbre de Judée est magnifique, il fleurit en mars-avril, parfois dès février, sur les branches et le tronc avec de belles fleurs papilionacées roses! (l'arbre de judée accepte une large qualité de terrain, surtout sec et drainant, même s'il est plutôt recommandé en sol calcaire, il s'adapte à un sol à faible acidité).

L'arbre aux haricots bleus, aussi appelé l'arbre aux saucisses, Decaisnea Fargesii, est de la famille des Lardizabalacées, rustique jusqu'à -23°C, voir -25°C. Il fleurit en juin-juillet, avec des fleurs blanc crème à vert, comme le châtaignier. Il fructifie en été. La pulpe du fruit est comestible, mais pas les graines; elle aurait un goût doux, proche de celui de la pastèque. Il est peu sensible aux parasites et aux maladies, il faut lui assurer de bonne ressources en eau et en lumière, le protéger des sécheresses prolongées et des vents froids. Il a toutes les chances de s'adapter au biotope du châtaignier et de la fougère aigle.

arbre de judée, à voir sur floratrek, des hommes et des plantes.
les chèvrefeuilles
baie de mai, chèvrefeuille comestible
lonicera kramshatika
Tous les chèvrefeuilles d'Europe sont essentiels à la faune, notamment aux oiseaux, aux chevreuils et aux renards; ils sont toxiques pour l'homme.

Notons que la baie de mai est assimilée à une myrtille mais il s'agit en fait du fruit du chèvrefeuille comestible, lonicera kramshatika, qui convient bien à ce biotope, originaire du nord japon, de sibérie et de russie. C'est un arbuste grimapnt, mais pas une liane. Il est proche du biotope du chèvrefeuille noir des Alpes, ou de la camarine noire, de part son ère d'origine arctique, proche des conditions alpines.

Précaution: Il s'agit d'une espèce très résistante au froid, jusqu'à -40°C. Il peut concurrencer l'espèce locale, le chèvrefeuille des bois.







les éricacées
Les éricacées participent à la biodiversité fongique du sol. Les plantes des terres de bruyère développent une mycorhization spécifique avec des bactéries fixatrices d'azote strictement associées aux éricacées comme la bruyère, la myrtille, les bleuets, les airelles, la busserole, le thé du labrador, les azalées, les hortensias et les rhododendrons. +infos sur "la mycorhize éricoïde."

les bruyères
Les bruyères sont des plantes couvresol dans les landes de montagnes et les éboulis rocheux.

Le miel de bruyère est excellent pour la santé.

les myrtilles
Jusqu'à 1000m.

Les myrtilles sauvages poussent souvent au dessus de 900m d'altitude et se trouvent donc en limite d'implantation des châtaigniers. Mais selon les stations, on peut les cultiver plus bas. Il
existe aujourd'hui une multitude de variétés de myrtilles, de bleuets, notamment nord américaines, qui sont elles, héliophiles et arbustives, comme la myrtille américaine. Elles apprécient de bonnes ressources en eau.

Ces variétés de terres de bruyères sont très intéressantes à cultiver en association avec les plantes de ce biotope de la famille des éricacées, comme l'arbousier, arbutus unedo, seul arbre fruitier de la famille des Ericacées, comme les bruyères, les azalées, les hortensias, les busseroles, les myrtilles, le thé du labrador; en les associant avec le pin sylvestre ou d'autres pins pignons et les fougères qui vont entretenir une litière acide et riche en hydrates de carbones, typique des humus noir des terres de bruyères au PH inférieur à 6.

les lianes
Les espèces lianescentes sont très présentes dans le biotope du châtaignier. Dans le biotope élargi, plusieurs autres variétés de lianes peuvent entrer dans le biotope des plantes compagnes du châtaignier, notamment en haie forestière.



On peut donc imaginer la culture de lianes tolérantes au ph acide et comestibles ou ornementales, comme le kiwi et le kiwaï, le passiflore, la chrystophine, les ipomées (ornementales), les patates douces, le raisin, l'hovénia sucré de chine, la shisendra de chine, l'akebia ("vigne chocolat"), le billardiera à longue feuille... et d'autres.

les crassulacées
Les crassulacées, comme la famille des sédums, sedoideae, s'intègrent très bien à ce biotope. Le sédum à feuille de fève est l'orpin, aussi appelé joubarbe, font référence dans le biotope du châtaignier.

Il peut être intéressant de cultiver des crassulacées comestibles ou condimentaire (ou ornementales), comme le pourpier maraîcher, le nombril de vénus, l'orpin, le sédum, la joubarbe, la plante procelaine (Graptopetalum paraguayense)l'aloé vera et d'autres plantes grasses (attention certaines sont toxiques!). Et selon votre climat des cactus, le figuier de barbarie, l'aloé et l'agave.

biotope augmenté: comment intégrer des légumes?
Le biotoe du châtaignier est plutôt favorable aux espèces ligneuses, arbustives, lianescents ou arborescent, et donc àla culture de champignons. Mais dans les sols siliceux, il existe de nombreux légumes dans la familles des brassicacées et des astéracées que l'on peut intégrer.

Pour les astéracées, notamment les tuberculeuses comme les carottes, les panais, les scorsonères, et d'autres; veillez à les implanter sur butte ou en lisière, en intégrant une fixatrice d'azote herbacée comme la gesse de montagne, et avec d'autres variétés cultivées comme le haricot et le pois. Les légumes qui supportent des stations rudérales, chaudes, héliophiles et acides peuvent rejoindre vos buttes maraîchères sous châtaignier, comme l'artichaut. +infos sur le biotope des carottesle biotope de l'artichaut.

Les brassicacées supportent des sols pauvres et se développent sans mycorhization. Mais les conditions difficiles des sols acides et drainants ont tendance à les rendre rachitiques sans compagnonnage fongique, notamment les choux. C'est alors que le mycogarndening avec les EM et les mycélia porte ses fruits et crée une synergie pour augmenter les productions de manière impressionnante. Plus d'infos sur cette technique dans notre article "Les micro-organismes EM et le bokashi." et "Le mycogardening pour les légumes sur butte."

En montagne, selon vos ressources en eau, vous pouvez cultiver toutes les variétés assimilées aux landes et aux lisières forestières, assimilées à la bruyère, comme le serpolet, le thym, la busserole, la myrtille, les framboises etc.

Pour connaître les plantes qu'il est possible de cultiver sur sol acide, notamment en montagne, consultez notre article " Permaculture de montagne: que peut-on cultiver? chapitre - sur sol acide".

On peut aussi valoriser la litière de fougère aigle comme un paillis et améliorer ses ressources en matière organique carbonée. Il est alors possible de cultiver des tubercules et des plantes rampantes sur buttes à même le sol, sans maintenance et sans labour, comme les pommes de terre, les okas, les patates douces en annuel, les ipomées, les christophines, les goyas, les haricots volants, les concombres, les courges, le kiwanos, les melons, les pastèques etc. Sélectionnez les espèces par butte selon leurs compatibilités. Vous améliorez ainsi la couverture de votre sol aussi bien au pied des légumes que du châtaignier, et participez à réguler l'évaporation de l'eau, si problématique sur les sols siliceux et rocailleux, notamment dans les zones méridionnales ou fortment exposés au UVs comme en montagne.

+infos sur l'expérimentation des cultures sur buttes de fougères adaptée à la culture de pommes de terre ici.

Dans les biotopes siliceux, les sols sont drainants et souvent pauvres. Les nutriments sont peu biodisponibles ou sur une courte durée, comme en montagne, le couplage avec l'électroculture est aussi une option. +infos sur l'électroculture en permaculture dans notre article "L'électropermaculture, cultiver avec les ions."

les champignons comestibles :
En mycogardening, pensez à nourrir le BRF au pied des châtaigniers pour encourager le mycélium d'espèces symbiotiques. Les fougères aigles nourrissent aussi le mycélium d'espèces saprophytes comme les grandes Lépiotes.

La litière idéale est composée de châtaignier, de chêne, de fougère, de noisetier, de hêtre, de bouleau et de pin sylvestre.

Le charme peut équilibrer une litière trop acide.
grande lépiote et fougère aigle
Les coupes de fougères aigle peut protéger momentanément les sporocarpes des parasites et des gastéropodes. Vous pouvez aussi réaliser un corridor permanent en choisissant une lisière forestière avec des fougères aigles. (voir plus haut, au début de l'article, dans le descriptif des fougères.)

La litière de fougère aigle décomposée est tout à fait propice au développement du mycélium des grandes lépiotes, notamment de la lépiote déguenillée, qui poussent spontanément dans les clairières peuplées par les fougères aigles. (Notez que les phytotoxines de la fougère sont hydrosolubles, elles sont donc délavées par les pluies et ne représentent plus de toxicité pour le substrat, alors enrichi en potasse et en silice). On peut imaginer s'en servir comme substrat pour cultiver des morilles, gourmandes en potasse.

amanite des césars
espèces symbiotiques:
Vous pouvez inoculer du mycélium et répandre des spores d'espèces comestibles prisées comme: les girolles, les chanterelles, les trompettes des morts, les cèpes de bordeaux, les cèpes bronzés, les bolets à pieds rouges, les amanites des césars, les amanites rougissantes, les pieds de moutons, les hydnes sinués, les russules verdoyantes, les russules charbonnières.

Le pied de mouton est une espèce estivale comme hivernale, car il supporte des températures jusqu'à -5°C.

Il est probable qu'une culture associée avec le mycélium hydmum repandum, ou d'autres variétés, améliore la résistance au gel du châtaignier.

espèces saprophytes:
Les grandes lépiotes partagent le même biotope fongique que la fougère aigle et les lisières forestières siliceuses. Elles ont l'avantage d'être saprophytes et donc facilement cultivables. Ce sont des champignons fins, savoureux et très appréciés, au goût de noisette et de viande de veau. Certaines peuvent mesurer plus de 40 cm de haut!
lépiote de ricken

On peut essayer une culture de shiitake, de maïtake, de pleurotes, de fistuline langue de boeuf sur châtaignier (à tester), ainsi que d'autres polypores comestibles ou médicinaux.

La clavaire crépue sur pin sylvestre.

+infos sur les champignons-viande.

les champignons médicinaux:

sur chêne, châtaignier, bouleau ou hêtre.
polypore versicolore, tramates versicolor
polypore du bouleau, piptoporus betulinus
polypore du chêne, daedalea quercina
polypore marginé fomitopsis pinicola
maïtake, grifola frondosa
shiitake, lentinus edodes
reishii, ganoderma lucidium
ganoderme plat, ganoderma aplanatum
les pleurotes... et d'autres.

Les tramates versicolor et le polypore du bouleau, tout deux champignons médicinaux populaires, assainissent également les bois morts, ils peuvent être inoculés en même temps que d'autres variétés comestibles ou en avance, pour préparer les souches et éviter la concurrence d'autres mycélium. Le mycélium du tramates versicolor ne concurrence pas la culture de shiitake ou de pleurotes.

mycoremediation.
Les chênes comme les châtaigniers peuvent accueillir des champignons parasites comme la fistuline langue de boeuf et l'Armillaire couleur de miel, tous deux comestibles, selon les sensibilités de chacun.
armillaire, vieux spécimen.
L'Armillaire peut détruire un biotope entier si les plantes et les arbres sont affaiblis. Les cultures en terrain accidenté, perturbé, souvent défriché, au sol déséquilibré devront se méfier de la présence d'armillaire.

hypholome en touffe, toxique
L'hypholome en touffe joue un rôle médicinal en forêt, c'est un fongicide contre l'Armillaire, notamment sur l'armillaire d'ostoya, armillaria ostoyae. Et son mycélium contient plusieurs substances antitumorales, anticancéreuses et antituberculeuses, notamment sur conifères. Il agit contre les pathogènes E.coli, le staphylocoque doré, S.aureaus, le baciilius cereus et le bacilius subtilis. Il pourrait à l'avenir être utilisé dans le traîtement du cancer du sein, de la prostate, de la tuberculose, la leucémie, les sarcomes, les rhumatismes. D'autres recherches sont en cours.

hypholome couleur de brique, toxique.
Attention! Seule une préparation en laboratoire rend l'utilisation de ce champignon possible en usage médicinal contrôlé, autrement il est hautement toxique, voir mortel. Il provoque le syndrome muscarinique. Les hypholomes en touffes et les amanites sont les deux espèces de champignons qui ont provoqué le plus d'empoisonnement dans l'histoire des assassinats politiques.

Le meilleur moyen de protéger ou de réguler des armillaires est d'inoculer les souches mortes du mycélium d'hypholomes en touffeshypholoma fasiculare, toxique, et d'hypholome capnoides, comestible. Ils assainissent le bois des pathogènes et l'Armillaire couleur de miel ne s'y développe pas. Une autre hypholome potentiel est l'hypholome couleur de brique, toxique.

coprins des bois et armillaire
Le flammulina velupites, comestible est un autre candidat potentiel.

Le collibye à pied velouté, enokitake, ou enoki, flammularia velutipes, bon comestible est également résistant au grand froid.

La pholiotte changeante, l'agarics des soupes, peut aussi se cultiver sur souches et sur billots de bois.

Observation en cours: les coprins des bois peuvent-ils réguler les armillaires? En forêt, j'ai déjà vu des coprins des bois limiter une zone d'armillaire (à vérifier).

https://savoirspartages.wordpress.com/tag/fougere/
http://www.foretscomestibles.com/documents/essai_buttes_fougeres_electroculture.pdf
le châtaignier, un arbre, un bois en pdf http://books.google.fr/books?id=-KGxQ0ra-zUC&pg=PA121&lpg=PA121&dq=biomasse+ch%C3%A2taignier&source=bl&ots=iy5LYvYFd3&sig=XMOgdpAwXqRLmkErXwbcaW2m6SY&hl=fr&sa=X&ei=8BBjVI6dKcjkO7S7gfAI&ved=0CEMQ6AEwBw#v=onepage&q=biomasse%20ch%C3%A2taignier&f=false
chancre/imunovirulence: http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:18031
phytophthora http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:19156 et http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:74492
Cryphonectria parasitica http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:74313
amélioration de la production de châtaignes: http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:13764
PH des litières forestières et pédofaune
http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/21417/RFF_1980_4_339.pdf?sequence=1
http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-94-010-1933-0_30#page-1
http://www.lemanger.fr/index.php/mangez-vos-plantes-grasses/
les mousses:
clé de détermination des sphaignes http://catzh64.fr/documents/technique/1284114219.pdf
http://www.itinerances.eu/bartramia-pomiformis/
http://ovine.sngtv.pagesperso-orange.fr/Intoxications%20vegetales.pdf
http://satoyama-experience.com/magazine/article/zenmai/
http://ja.wikipedia.org/wiki/%E3%82%BC%E3%83%B3%E3%83%9E%E3%82%A4
armillaire et racines http://www.missouribotanicalgarden.org/gardens-gardening/your-garden/help-for-the-home-gardener/advice-tips-resources/pests-and-problems/diseases/rot/armillaria-root-rot.aspx
plantes non mycorhiziennes développant d'autres stratégies http://mycorrhizas.info/nmplants.html
autres ressources: plantes biodindicatrices des sols gérard ducerf, plantes sauvages françois couplan, champignons gourmets et médicinaux paul stamets, robert rogers, alain tardif, physiologie végétale d'hans lambert, le guide des fougères et des moussses de Hans Jahns, karada ni oishii uo no benricho, roots physiology from genes to roots, edible forester garden....
l'art des fougères à l'époque victorienne http://www.peterboyd.com/pteridomania.htm
http://www.kirikino.biz/Saijiki-Pays-Basque/Kigo-d-automne-%E2%80%93-Pays-Basque/fougere-aigle-mot-de-saison-pays-basque.html