23 oct. 2014

Le biotope du Néflier

Néfles - néflier cultivé Mespilus Germanica ou Mispelus inermis.
Le Néflier, Mespilus Germanica, est un arbre typique des forêts fruitières fraîches et ombragées d'Europe. On le trouve abondamment dans les régions du nord-est de la France, de l'Alsace, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, d'où il tient son nom botanique. C'est un arbre rustique qui peut résister jusqu'à -20°C. Comme beaucoup d'arbres fruitiers cultivés et naturalisés en Europe, ils proviennent à l'origine du Caucase.




Les nèfles sont les fruits du néflier. Les nèfles sont riches en glucides; elles ont la particularité de

 contenir du fructose et du glucose, mais pas de saccharose. Les fruits contiennent 24% de glucides dont 9% de sucres simples. La pulpe contient plus d'énergie que dans une banane! 100g de nèfles mûres (soit environ 4 fruits de 20-25g) procurent 103 calories pour 91 kcal chez une banane. La consommation d'une ou deux nèfles reste donc bien moins calorique qu'une banane, mais plus riche qu'une pomme ou une poire. Les nèfles sont plus sucrées que les pommes (18g/100g)mais moins sucrées que les châtaignes (86 g de sucres pour 100g) et les figues sèches (79g/100g). (source: guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées de F. Couplan).

Les fruits renferment deux ferments qui permettent la surmaturation du fruit et non son pourrissement.

En effet, le fuit mûrit sur l'arbre mais reste ferme, amer et astringeant. Seules les gelées occasionnent un choc thermique qui transforme les sucres de la pulpe. Si les fruits sont cueillis à maturité encore fermes sur l'arbre, il faut patienter une quinzaine de jours pour que les ferments qu'ils contiennent activent la surmaturation du fruit et le rendent blette, mou et brun. Délicieux en somme.

Ce sont ces ferments qui donnent à l'arbre et au fruit cette odeur vineuse agréable. On peut donc mettre à profit ces ferments pour parfumer des compotes, des confitures, des vins, des hydromels ou des cidres.

Petite astuce pour les gourmands pressés: 30 minutes passées au congélateur active le blettissement des nèfles. 48h à 72h plus tard, à température ambiante, les premières nèfles commencent à blettir, s'en suit une réaction en chaîne. (le temps de fermentation naturelle est en générale de 15 jours sur un lit de paille). Si vous voulez éviter les désagréments des mouches, notamment des mouches à vinaigre, et autres insectes, installez vos nèfles sur un lit et un couvert de feuilles de noyer ou d'érables (contient des inhibiteurs fongiques et insectifuges).

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Le plaisir des pays froids n'a rien à envier aux fruits exotiques. Le néflier est l'un des rares arbres sauvages à être encore cultivé sans greffe ni hybridation. Il est très productif.

Pour les authentiques, la nèfle se déguste crue, à la petite cuillère. Quel régal! On suce et on recrache les 5 noyaux.

Une compote crue, ça vous dit? La compote de nèfles se fait crue! Le fruit, une fois blette, soit dans la 15aine après la récolte, le goût de pomme ancienne se révèle, comme cuite au chaudron de cuivre, avec une note de vin rouge et de poire, tout ça grâce à des ferments naturels.

L'alisier torminal donne aussi des grappes de fruits à pépins dont les parfums de cynorhodon et de poire s'agrémente d'une note vineuse. Les sorbes sont bien plus petites.

Les nèfles sont riches en tanins, surtout dans la peau, que l'on ne consomme pas. Elles apportent aussi des vitamines A et B, du calcium, du fer, des acides organiques maliques, citriques et tartriques. Les noyaux ne sont pas comestibles à cause de leur teneur en acide cyanogénétique.

Le bibacier, ou néflier du Japon, Eriobotrya japonica, est une autre variété des néfliers. Son fruit pèse environ 65g. C'est un fruit qui mûrit directement sur l'arbre et n'apprécie pas les gelées. Il apprécie les climats plus doux. Les bibaces sont juteuses et parfumées, et n'ont pas besoind eblettir pour se consommer. Cet arbre résiste à de courtes gelées; il est rustique jusqu'à -10°C. Il est présent partout dans les jardins familiaux japonais, à côté du kaki et des tsubakis.

Pour +infos sur les fruits rustiques d'hiver, consultez les articles "Fruits d'hiver rustiques" et " Fruits d'été précoces et rustiques".


le biotope du néflier


>>>Le biotope de référence du néflier est, comme pour les malus, la forêt fraîche de chênaie-hêtraie à tendance acidophile, du nord-est de la France jusqu'à la Belgique et l'Allemagne. Le néflier se concentre dans les stations du Jura, de l'Alsace, de la Normandie, de la Bretagne, de la Bourgogne, du Centre et des Pyrénées. Elle est moins présente dans le bassin rhodanien et dans l'ouest du littoral atlantique.

ARBRES: chêne sessile, aubépine monogyne, chêne pédonculé, hêtre, bourdaine, charme.
ARBUSTES: houx, noisetier, aubépine monogyne (juvénile), bourdaine (juvénile), charme (juvénile)
GRIMPANTES/ LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant.
HERBACEES: fougère aigle, germandrée scorodoine
GRAMINEES: canche flexueuse.
COUVRESOL: lierre grimpant, fougère aigle, canche flexueuse, germandrée scorodoine.
NFP: houx.
Néflier sauvage - Mespilus sylvestris
4 néfliers sauvages dans une forêt acidophile. site pentu et éboulis rocheux granitiques
forêt acidophile fraîche de frêne, de noisetiers et de chênes sessiles.
pommier sauvage, prunellier, aubépine, sureau, noyer,
chèvrefeuille, fougère aigle, germandrée, petite pervenche.
actualisation article : février 2015
erratum: dans la quantité de chaque plante par biotope et donc dans leur ratio proportionnel à l'hectare. la correction a été apportée sur les chapitres traitant cette information. les pourcentages de fidélité restent correctes.
correction apportée: intégration des seuils d'abondance des plantes en pourcentage, venant corriger les erratum sur le nombre de plantes et leur ratio à l'hectare par rapport à la végétation totale.


nèfles du néflier cultivé
dans un verger en lisière forestière
La biodiversité du milieu peut être assez faible (moins de 1000 variétés de plantes partagent potentiellement le biotope du néflier), mais spécifique. La présence de quelques espèces sont essentielles.

Le relevé floristique est condensé sur 14 espèces discriminantes: 9 plantes fidèles sur 14 ont une proportion supérieure ou égale à 50%! Le néflier s'associe fidèlement à +35% avec l'ensemble des 14 espèces spécifiques, allant de 36% pour les charmes jusqu'à 74% avec le chèvrefeuille des bois.

Les arbres à fruits ou à baies représentent 43% des espèces fidèles caractéristiques du néflier (6 espèces sur 14), les noix 36% (5 espèces sur 14), les graines 14% (2 espèces sur 14) et les fougères aigles 7% (1 espèce sur 14).

nèfles du néflier sauvage,
mespilus sylvestris.
L'ensemble de ces espèces sont des espèces forestières ou de lisière forestière. Beaucoup de variétés offrent des noix ou des baies; dont il existe aussi des variétés cultivées comestibles pour l'homme.

Les espèces fruitières représentent 93% des espèces du biotope caractéristique du néflier (13 espèces sur 14), +43% sont des arbres à baies ou à fruits , +36% sont des arbres à noix et +21,5% produisent des graines (herbacées ou ligneux). Cette indication nous renseigne sur la très forte dépendance du néflier et de ses plantes compagnes avec les animaux frugivores et les insectes, notamment les pollinisateurs. 
Les vergers, les haies forestiers et les forêts jardins sont tout à fait propices à la plantation de néfliers.

Le néflier préfère une présence de 10% minimum d'autres néfliers et jusqu'à 75% (abondance dominance entre 2-5). Il peut être l'arbre fruitier majoritaire mais jamais le seul arbre fruitier. Sa fructification et la dissémination de ses graines dépendent de la présence de pollinisateurs, d'oiseaux régulateurs comme la geai du chêne et de mammifères comme le sanglier, le blaireau, le renard et les écureuils.

>>>La dynamique des biocénoses forestières garantie la santé de l'arbre ou de sa plantation. La monoculture du néflier serait une porte ouverte aux maladies et aux parasites. L'absence d'espèces forestières entraînerait un appauvrissement important du réseau fongique du sol.


photo internaute
Le néflier est l'arbre minoritaire du biotope mais il offre des fruits volumineux, sucrés et riches en ferments. On le trouve souvent associés aux pommiers, dont il partage la fonge. La culture de morille au pied de néflier est une option envisageable (je l'ai déjà observé sur le terrain, dans des vergers boisés de pommiers, de poiriers, de pruniers et de néfliers). Pour +infos sur la culture associées des arbres fruitiers et des morilles, lire notre article sur "Le biotope des morilles, du frêne et de pommier".

Les néfliers représentent 674 spécimens en moyenne pour 100 hectares sur les 46183 spécimens de formes arbustives ou arborescentes potentielles (houx, noisetier, chênes sp., hêtre, bourdaine, charme, néfliers).

Les fougères aigles représentent 10 à 25% minimum de la végétation du biotope du néflier (abondance dominance entre 1 et 3 minium, jusqu'à 6). Le néflier s'associe à 63% avec les fougères aigles. Les néfliers bénéficient de leur présence en poussant en lisière de ces tapis de fougères.  Les fougères aigles offrent une niche spécifique, car elles forment souvent une colonie mono espèce, parfois partagée par des orties, des lamiers, des gaillets et des ronces. Les néfliers bénéficient de leur présence en poussant en lisière de ces tapis de fougères.
86% des espèces caractéristiques du biotope sont monoïques, c'est à dire que tous les plants mâtures fructifient. 14% des espèces sont dioïques, seuls les plants femelles adultes fructifient. Les chèvrefeuilles et les houx sont des espèces dioïques, il existe des pieds mâles et des pieds femelles, toutes les autres espèces sont des espèces monoïques.

Ces deux espèces dioïques sont justement les plantes compagnes privilégiées du néflier, ce qui invite à considérer la présence d'insectes pollinisateurs et d'oiseaux de manière plus précise. Est-ce que les néfliers préfèrent indistinctement les plants mâles et les plants femelles? Une préférence pour les plants mâles pencherait en faveur d'une co-dépendance plus forte avec les insectes pollinisateurs et régulateurs. Une orientation plus forte portée sur les plants femelles pencherait vers la co-dépendance avec les oiseaux et les mammifères. Ces observations permettraient de spécifier les stratégies optimales dans la biocénose du néflier, notamment dans les relations zoochoriques néfliers-insectes-mammifères.
>>>L'idéal est de le planter dans une forêt jardin, associé à des pommiers, de poiriers, des noisetiers et des chèvrefeuilles pour encourager ces interactions flore-faune-fonge communes entre ces espèces. 
Les chênes, les châtaigniers, les hêtres et les noisetiers sur le terrain sont essentiels. Les ronces et les vignes seront des valeurs ajoutées à cette biocénose.

>>> Le néflier tolère des biotopes à la biodiversité restreinte (914 plantes co-occurentes identifiées) mais entretient une collaboration étroite avec les plantes compagnes forestières et fruitières. 100% des plantes fidèles au néflier sont des essences de haie forestière, des clairières forestières et des lisières, et non des plantes champêtres. Un verger diversifié est donc une voie essentielle au bon développement et à la santé du néflier. Un verger cultivé à la maintenance abusive - qui tend vers la prairie ou la monoculture, n'est pas favorable à l'équilibre écosystémique du néflier.

Les plantes fidèles au néflier sont:

les lianes:
Le néflier s'associe préférentiellement avec des espèces lianescentes car il en partage leur biotope: la lisière forestière. Le chèvrefeuille des bois à 74% et le lierre grimpant à 63%. Le chèvrefeuille des bois et le lierre grimpant sont des lianes typiques des forêts connues pour croître sur les chênes et les hêtres. Ils poussent aussi bien en sous bois, en lisère forestière que dans les clairières forestières.

>>> Le néflier peut être un candidat pour de nombreuses vignes fruitières comme la vigne, le kiwi, le kiwai, les baies de mai (lonicera kramshatika), les rubus (mûres, framboisiers), les rosiers etc...

+infos sur l'univers des lianes dans l'article "Le biotope de la vigne en ripisylve".

les fixateurs d'azote:
Le néflier tolère des sols pauvres mais se développent mieux dans un sol avec un humus riche en matière organique. Il s'associe avec un fixateur d'azote, comme le houx, notamment dans les situations ombragées ou avec le robinier faux acacia dans les situations héliophiles. Il peut profiter des plantes mycorhiziennes comme le noisetier, le chêne, le châtaignier, le hêtre et le bouleau. La richesse fongique du sol semble un facteur essentiel au bon développement du néflier, comme les autres malus.

Le néflier est fidèlement associé au houx, à 61%, comme fixateur d'azote. Le houx est un arbuste grimpant ou buissonnant des zones ombragées et humides, au feuillage persistant et à fructification hivernale (comme le lierre). C'est une espèce dioïque, c'est-à-dire avec des plants mâles et des plants femelles. Le houx préfère la mi-ombre et les sols riches à tendance acide. Il est riche en huile, comme le cornouiller sanguin, le lierre ou le chêne vert, qui lui permet de résister à l'humidité, à la sécheresse, au froid jusqu'à -15°C et à l'altitude jusqu'à l'étage alpin de 1500m. Il est bio indicateur d'une humidité atmosphérique constante, voir d'une source d'eau.

Peu d'insectes s'attaquent au houx. En compagnonnage, il est bon de savoir que la tordeuse des canneberges, Rhopobota naevana, s'attaque aussi au houx. Cette petite chenille à tête noire dévore les jeunes feuilles de houx, du myrtillier et de la canneberge pour construire leur nid. Veillez donc à respecter des cultures intercalées si vous cultivez ces variétés de plantes, notamment en montagne, au delà de 1000m d'altitude. Une espèce de diptère et des variétés de pucerons colonisent parfois le houx, et lui sont exclusivement inféodées.

Le houx pousse souvent à proximité des troncs de hêtres voir directement entremêlé à leurs racines mères. Ils peuvent alors accueillir des ectomycorhizes par pont mycorhizien, comme des chanterelles par exemple. Pour plus d'info à ce sujet, consultez notre article sur "Les ponts mycorhiziens dans une forêt jardin".

>>>Le houx est le seul fixateur d'azote en Europe au feuillage persistant et qui tolère l'ombre. C'est une espèce pionnière des forêts des pays tempérés, des plaines et des montagnes.

les herbacées:
Le néflier s'associe à 61% avec les fougères aigles. A 40% avec la canche flexueuse et à 38% avec la germandrée scorodoine.

La fougère aigle et la germandrée scorodoine sont bio indicatrices d'un sol siliceux et d'une bonne exposition lumineuse. La canche flexueuse et les fougères aigles indiquent une bonne ressource en eau dans le sol, et un ph du sol acide. Les fougères aigles sont bio indicatrices de conditions climatiques contrastées, type continentales, chaud et sec l'été, frais et humide l'hiver.

Ce biotope comporte peu de biodiversité spécifique au niveau des herbacées. Dont une espèce qui appartient aux ptéridophytes, c'est à dire que la multiplication de la plante se passe par le vent et l'eau, ou par multiplication végétative du rhizome.

La canche et la germandrée accueillent des pollinisateurs comme les abeilles et les bourdons.

couvresol
Le lierre grimpant, la canche flexueuse, la fougères aigle et la germandrée scorodoine peuvent former une sorte de couvre sol unique, homogène ou composite, selon la situation du néflier: clairière, lisière forestière, sous bois.

En l'absence de lierre, la petite pervenche est souvent présente (observation de terrain).

Le cas échéant, le port en ombelle du néflier et son feuillage dense lui procurent suffisamment d'ombre pour lutter contre le stress hydrique et la sécheresse. Chaque automne, le mulch de ses feuilles et de ses fruits enrichissent sa litière; le néflier est donc capable de fournir sa propre matière organique pour constituer un top soil et activer une vie microbienne. D'où son adaptation à des sols pauvres.

Toutefois, toute litière forestière riche est de meilleure qualité pour sa croissance et sa fructification, c'est évident. C'est pour ça qu'il épouse volontiers les fruticées comme les sous bois clairs des chênaies-charmaies, et survie bien en situation ombragée comme dans les chênaies-hêtraies.

les jeune arbres et les arbustes:
Le néflier s'associe à 74% avec les houx et à 58% avec les noisetiers. Les charmes, l'aubépine monogyne, la bourdaine sont souvent présents au stade arbustif; le néflier s'associent à 54% avec l'aubépine monogyne, à 37% avec la bourdaine et à 36% avec le charme. Les jeunes plants de chêne, de hêtre et de charme occupent aussi des formes arbustives dans les haies forestières ou les clairières.

Les noisetiers et les aubépines poussent aussi bien en lisière forestière, en haie qu'en sous bois, le plus souvent contre le tronc d'espèces forestières comme le chêne, le châtaignier ou le hêtre. Ils font partie des plantes colonisatrices d'espaces perturbés comme les ronces, les fougères aigles, les bouleaux, les genêts, les prunelliers et les aubépines. Les noisetiers accueillent des basidiomycètes à l'âge adulte.

Selon que le néflier se trouve en bordure forestière, dans une clairière ou en sous-bois, la proportion des arbres et des formes arbustives varient. Ce qui nous indique que le néflier, comme le pommier, tolère des situations claires à mi-ombragées. L'exposition à une bonne lumière tout en bénéficiant de bonnes ressources hydriques au niveau du sol seront favorables à sa fructification. Le néflier craint la sécheresse.

Son épais feuillage et sa forme en ombelle lui procurent une protection contre l'évaporation de l'eau du sol et des écarts de températures, notamment en été. Ses grandes feuilles vertes foncées lui permettent de synthétiser beaucoup de chlorophylle jusqu'à tard dans la saison, pour alimenter des fruits estivaux à maturation automnale voir hivernale. Cet écran foliaire préserve des rayons forts de l'été et emmagasine plus de chaleur en automne pour protéger les cellules d'un vieillissement prématuré par le froid. La défoliation saisonnière lui apporte un mulch de qualité et de quantité qui enrichit vite sa litière qui peut être assez pauvre, surtout dans les sols siliceux et drainant et en l'absence de couvresol. Les fruits tombées sur le sol fermentent. cette matière organique riche en sucres nourrit la faune des micro-organismes et de la fonge et ravit les mammifères comme les renards et les sangliers qui vont ainsi participer à disséminer les graines.

>>> Les arbres et les arbustes représentent 71,5% de la flore du biotope du néflier avec 10 espèces sur 14. Les herbacées représentent 21,5% du biotope avec 3 espèces sur 14. 

Modulation: les relevés de SOPHY ne permettent pas d'apprécier le stade de développement d'une plante. Les pieds d'espèces forestières sont donc aussi bien des jeunes plants, des arbustes, des jeunes arbres que des arbres arborescents mâtures. Il faut donc interpréter ces données avec logique et bon sens au delà des relevés statistiques.

Pour résumer:

L'observation de ces modulations floristiques permettent d'imaginer des stratégies d'adaptation en fonction de différents types de biotopes, de terrain, de faune, de flore et de fonge pour aider à la diversification des designs de culture de néflier sur le territoire français ou européen.

>>>On retrouve toutes les strates typiques des lisières forestières: herbacée, buissonnante, arbustive et arborescente.  La présence de lianes nous confirme le développement équilibré de ces strates. La présence de liane annuelle ou bi annuelle et l'absence de lianes forestières pérennes nous indiquent une jeune haie fruitière, l'absence de lianes annuelles et la présence de lianes forestières pérennes (lierre) nous indique la maturation de la forêt et le développement de la canopée, l'absence de lianes témoignent d'une artificialisation du milieu par l'homme, par des pratiques de taille et de défrichage.

>>> Les néfliers créent une relation particulière avec la zoochorie des milieux frais favorables aux autres arbres fruitiers du genre Malus et Sorbus. 

>>>On peut s'inspirer du biotope du néflier pour cultiver des cognassiers, des pommiers et des poiriers.

Pour + infos sur le comportement des lianes en forêt, consultez notre article sur "Le biotope des vignes".

Les plantes qui partagent les mêmes caractéristiques écologiques que le néflier sont:
néflier sauvage
ARBRES: chêne pédonculé, chêne sessile, châtaignier, néflier, poirier sauvage, poirier commun, pommier commun, pommier sauvage, poirier à feuilles d'amandier, aubépine monogyne, merisier, alisier torminal, bouleau verruqueux, bourdaine, hêtre, charme.
ARBUSTES: houx*, noisetier.
GRIMPANTS/LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant.
HERBACEES: fougère aigle, germandrée scorodoine, muguet, millepertuis élégant.
GRAMINEES: canche flexueuse, carex polyrrhiza.
COUVRESOL: lierre grimpant, fougère aigle, carex, muguet.
NFP: houx*, robinier faux acacia*.

>>>On peut proposer un biotope spécifique et élargi en intégrant les plantes compagnes et les plantes écologiquement similaires comme celui du chèvrefeuille des bois, du houx, du robinier faux-acacia, de la fougère aigle, du noisetier, du pommier, du poirier, de l'aubépine, du châtaignier, de la canche flexueuse et polyrrhiza, de la germandrée scorodoine et du muguet. 

local:
Les stations montagnardes devront choisir des variétés en phase avec leur faune, comme l'alisier torminal et le bouleau; les stations méridionales devront se rapprocher du biotope du poirier à feuilles d'amandier et du millepertuis. Les stations humides et ombragées peuvent se rapprocher du biotope du hêtre, du houx, du chèvrefeuille, du merisier et du muguet.

global:
Une vision globale rassemblera le biotope général du chêne et du bouleau, en milieu héliophile forestier et du hêtre, du houx et du lierre grimpant en milieu frais et ombragé. Le charme peut fournir un biotope intéressant pour les haies fruitières, notamment pour équilibrer le ph d'un sol, trop acide ou trop calcaire. Si vous n'avez pas beaucoup de place, pensez au chêne sessile ou au chêne vert dans le sud, et aux noisetiers.
phytotype général de référence du néflier: chêne sessile et bouleau pubesscent.
+infos sur comment régénérer un biotope dans notre article "Comment régénérer un verger?"

application en permaculture
Le biotope élargi du néflier:






ARBRES: chêne pédonculé, chêne sessile, châtaignier, néflier, poirier sauvage, poirier commun, pommier commun, pommier sauvage, poirier à feuilles d'amandier, aubépine monogyne, merisier, alisier torminal, bouleau verruqueux, bourdaine, hêtre, charme, tremble, cerisier aigre, prunellier, érable champêtre.
ARBUSTES: houx*, noisetier, arbres juvéniles (aubépine, bourdaine, cerisier aigre, chêne, ...), genêt à balais*, fragon faux-houx, nerprun, troène, chèvrefeuille des haies, viorne obier, cornouiller sanguin, prunellier, viorne lantane, le groseillier des Alpes.
GRIMPANTS/LIANES: chèvrefeuille des bois, lierre grimpant, rosier des champs, rosier des chiens.
HERBACEES: fougère aigle, germandrée scorodoine, muguet, millepertuis élégant, callune commune, véronique officinale, violette de Rivin, mélampyre des prés, solidage verge d'or, stellaire holostée, sceau de salomon, lamier jaune, anémone, euphorbe des bois, violette des bois, myrtille, fraise des bois, oxalis des bois, asperule des bois, prénanthe pourpre, pulmonaire à feuille étroite, pulmonaire à grandes feuilles, mercuriale, sanicle d'Europe, méringie trinervurée.
GRAMINEES: canche flexueuse, carex polyrrhiza, houlque molle, luzule de forster, luzule printanière, luzule piloselle, pâturin des bois, mélique à une fleur, brachypode des bois, millet sauvage.
COUVRESOL: lierre grimpant, fougère aigle, carex, muguet, véronique officinale, luzule, petite pervenche.
NFP: houx*, robinier faux acacia*, genêt à balais*.

Les autres arbres que l'on peut intégrer selon les stations sont: le cerisier noir, l'alisier blanc, le frêne, le prunellier, le saule cendré, le saule oreillette, le saule marsault, la viorne obier, le tilleul à petites feuilles, l'aubépine épineuse, le nerprun, l'érable sycomore, l'érable plane, le platane, le sorbier des oiseleurs, le sapin blanc.

Orientation des arbres à fruits d'hiver:
Optez pour une orientation au nord, a l'est ou à l'ouest; évitez le plein sud et gardez-le pour des espèces plus douces. Les espèces plus douces comme le bibacier doivent être orientées à l'abri des vents violents et gélifs, le sud-est est indiqué ou sud-ouest.

Il est préférable d'éviter les implantations au sud pour les espèces à floraison printanière car elle lève la dormance hivernale trop tôt et la floraison se retrouve souvent exposée aux gelées printanières et aux pluies. En montagne, les Anciens vous diront toujours de planter vos pommiers et vos pruniers au nord. A titre d'exemple, les vergers du village sont en zone agricole, avec une pente légèrement inclinée vers le nord. La floraison commence toujours par les vergers exposés pleine sud, puis redescend. Le verger du grand-père est en bout de fil, le plus au nord, le plus bas et en station la plus humide. Notre floraison se passe toujours quelques jours plus tard voir une semaine après celle des autres vergers. Nous avons des fruits tous les ans, y compris lors des gelées tardives ou des pluies, alors que d'autres vergers voient souvent leur fructifications de pommiers, de cerisiers, de mirabelliers et de pruniers atteintes.

http://www.conservation-nature.fr/article3.php?id=141
http://www.lesucre.com/sucre-gourmand/parcours-gourmand/sucre-fruite/la-nefle
(Some physical and chemical parameters of wild medlar (Mespilus germanica L.) fruit grown in Turkey): http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0260877404003164
évolution des sucres et des acide aminés dans la nèfle:
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0308814603000979
Characterization of polyphenoloxidase from medlar fruits (Mespilus germanica L., Rosaceae):http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0308814601003594
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=14466649
http://www.fruitsatlas.com/?page_id=466