30 sept. 2013

La standardisation du vivant: une stratégie industrielle contre nature.


L'agriculture intensive: dominer pour mieux contrôler!

>>> L'agriculture domestique et intensive visent à adapter la plante au goût du consommateur, aux
machines agricoles et aux machines de transformation alimentaire industrielle. Nous favorisons les ressemblances, le clonage, l'autogamie des plantes... Pourquoi?

Cet acte favorise la production de gros fruits de même aspect, de même calibre et en quantité industrielle pour faciliter le travail des agriculteurs, la transformation des produits par les machines industrielles et pour le conditionnement des produits pour le transport.

Tout ceci se fait au détriment de la diversité et de la santé des plantes. Nous déforestons massivement pour aménager des champs de grandes cultures monoplant. Nous ravageons la faune et la flore du sol, brisant ainsi la chaîne alimentaire dans ses bases nutritives.

Nous nous permettons de détruire des stratégies d'adaptation efficaces depuis plusieurs milliers d'années, par méconnaissance, manque de curiosité, par négligence mais surtout par prétention. Le profit de firmes peu ou pas concernées par les causes environnementales ou humanitaires accentuent le phénomène: la production agroalimentaire primant sur le respect des écosystèmes.

L'histoire nous apprend qu'il y a toujours un retour de bâton lorsque l'on joue aux apprentis sorciers... les famines en sont un exemple. 

Consultez en direct la production et la consommation des fruits & légumes dans le monde et en France: http://www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/fruits-legumes




La domestication du vivant

La diversité génétique s'est développée sur des millions d'années afin d'assurer aux plantes à fleurs et à fruits la potentialité de se diversifier dans un milieu DIVERSIFIE, notamment dans la relation avec les pollinisateurs, les insectes ou les animaux, et les éléments. Tous jouent un rôle primordial dans la diversité: ils assurent la fécondation et la dissémination des graines. En transportant les graines sur plusieurs mètres voir kilomètres, ils participent à la diversité génétique des plants mâles et femelles. La zoochorie (collaboration avec les animaux) est une parade aux mutations de type monomorphisme. La sexualisation des arbres fruitiers est une contrainte volontaire qui empêche justement l'autofécondation. La première erreur est de remettre en cause cette stratégie d'EVOLUTION et d'ADAPATION.

<< Le polymorphisme est la seule réponse des systèmes vivants 
aux épidémies et aux pressions sélectives.>>

La domestication des espèces sauvages et le clonage industriel d'hybrides entraînent une stérilisation des graines! Ces deux terrains sont favorables à l'économie alimentaire, à l'usage des pesticides, au monopole des semences et aux industriels de mécanisation.

Cette stratégie contre nature détruit la diversité génétique des plantes (adn) dans le but de garantir une pleine maîtrise de la reproduction par et pour l'Homme, dans l'élevage comme dans l'agriculture.

Consulter les procédés de sélection génétique du blé: étude des blés

Les conséquences de la standardisation du vivant.

La monoculture, l'ultrasélection sur des critères gustatifs, commerciaux et industriels sont contre nature et aujourd'hui contre productif car la culture de ce type de plantes, légumes ou arbres fruitiers nécessitent des intrants chimiques, une semence annuelle et une mécanisation à l'excès.

La déforestation entraîne une désertification du paysage et surtout une rupture dans la chaîne alimentaire des insectes, des oiseaux et des mammifères frugivores C'est pour cela que l'on observe une surpopulation de prédateurs dans les champs types: buses, corbeaux, héron. Et aussi la prolifération des insectes pathogènes type moustiques et mouches qui n'ont plus de prédateurs directs et surtout qui profitent d'un terrain optimum à leur développement: chaleur et engorgement des eaux sous formes de marres.

A chaque labour, on réduit encore d'avantage le nombre de souris, de verres, d'oiseaux, d'escargots, de grenouilles, et d'une multitude d'organismes nécessaires à la bonne santé du sol. A chaque récolte, on supprime le paillis et les matières brunes nécessaires à la régénération de la biomasse du sol et des mirco organismes. Le sol se décalcifie et s'acidifie avant de se fossiliser irrémédiablement. C'est l'effet boule de neige!

Les considérations environnementales vont donc de pair avec la condition animale et végétale. Et c'est un message encore difficile à diffuser et à faire entendre en France, en Allemagne, dans les pays de l'est (nos sous traitants), en Europe, en Chine ou aux Etats-Unis.

On refuse de prendre ces problèmes à bras le corps et à temps. Cette fuite en avant pour quoi? Pour gagner quelques millions de dollars et de quintaux?

http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/22/les-medecins-terre-rencontre-lydia-claude-bourguignon-252625

CONTEXTE SOCIOLOGIQUE



5 constats:
1_

2_ On travaille le sol pour l'adapter à la plante que l'on veut cultiver, plutôt que de chercher à connaître ce qu'un sol est le plus à même de produire et d'accueillir comme plante. On spécialise, on sédentarise et on fixe les cultures. On cultive la même chose pendant des années, voir des dizaines d'années, presque un demi-siècle parfois, sans tenir compte de la dynamique intrinsèque de la biodiversité des sols et des plantes.

3_ la recherche d'un optimal et de la perfection conduisent à idéaliser des conditions anthropiques différentes de la situation de terrain pour un type très limité d'espèces en monoculture.

4_ Depuis l'agriculture chimique, la technologie agricole se conceptualise dans des laboratoires; les biais scientifiques et technologiques de la stérilisation, du pathos sauvage et de la puissance mécanique - et de l'homme qui maîtrise tout ça, en arrivent à des parcelles cultivées à l'image des lieux et des esprits qui les ont conçus: stériles, ou presque.

5_ l'embourgeoisement de l'agriculture, de sa pratique et la consommation de ses produits, s'appuient sur un héritage d'un patrimoine culturel impérialiste. Depuis la route des épices et des tissus des empires, des monarchies puis les républiques coloniales, les nobles ont mis à l'honneur depuis plusieurs siècles, et encore plus pendant la révolution verte - politique agricole post-1ère et seconde guerre mondiale du XXème siècle, les espèces exotiques, nord africaines, caucasiennes et méridionales, au détriment des espèces locales adaptées, pour montrer leur richesse. On pense que note société est superflue avec les i-phones, les marques, les voitures, le maquillage, mais ce n'est que la démocratisation des pratiques bourgeoises issue d'un processus de "digestion" de la révolution française.

Dès Louis XIV, on change les habitudes des menus et des cuisines, et on institue des rituels de l'art de la table, des couverts, de l'ordre des mets, en rupture avec la paysannerie. Dans une période de famine populaire, les grands frasques de la cour était non plus de s'engraisser pour montrer sa bonhomie, mais de manger pour le plaisir. A cette époque, le grand luxe de ses dames était de manger des concombres car il contenait que de l'eau et peu de calories - non pas pour des convenances esthétiques comme c'est le cas aujourd'hui, mais pour le luxe de manger sans faim et sans besoin. Manger, n'était donc plus un besoin physiologique ou vital, mais un loisir royal.

Au XIX ème siècle, en plein boom de la révolution industrielle et notamment de la métallurgie, les paysans quittent les campagnes pour trouver du travail en ville et devenir ouvriers ou miniers. A l'époque, on assiste à une tabouisation des mœurs et des pratiques paysannes au profit de l’embourgeoisement croissant de la société, en pleine révolution industrielle et politique. Lors des regroupements familiaux en ville, qui concernait autrefois les familles de paysans, tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin aux campagnes françaises, à leurs habitants et à leurs habitudes étaient boudés, moqués et dénigrés, mis au banc. Les familles de paysans ont donc refoulé et censurés leur patrimoine socio-culturel, leurs mœurs, leurs valeurs et leurs pratiques, pour adopter ou mimer les rituels bourgeois en plein essor dans la société "pour avoir l'air civilisé" (civilisé voulait dire urbain, éduqué, propre sur soi, bien habillé et riche, contrairement "aux sauvages" des colonies ou "aux culs terreux, aux sans dents et aux bouseux" des campagnes). Le non-dit, la gêne et la pudeur dans le milieu agricole sont tenaces et sont surement une reproduction sociologique de cette période historique. 

C'est tout un peuple qui a refoulé ses racines et ses connaissances traditionnelles, pour les troquer contre un meilleur statut économique et sociale dans la société industrielle. L'époque des 100 quintaux a été vécu comme une véritable fierté nationale comme l'aboutissement du travail de de plusieurs générations. Et le métier d'exploitant agricoles se mesure plus à

Ce dont on oublie de parler, c'est l'impact de la financiarisation. Les silos à grains ne servent plus aujourd’hui à stocker la marchandise en vue de la redistribuer, mais à retenir la marchandise pour aligner les ventes selon le cours des denrées alimentaires sur les marchés, l'acheter aux agriculteurs lorsque le prix est le plus bas, ces mêmes acteurs essayant de faire l'inverse pour en tirer le meilleur bénéfice, parfois jusqu'à jouer de quelques jours sur le fauchage des récoltes, mais les coopératives céréalières stockent des quintaux de céréales pour les vendre au prix le plus cher sur les marchés, notamment dans le cas de l'export international, mais nécessairement. C'est l'esprit de la compétitivité du système économique actuel: c'est l'agro-business.

Aujourd'hui, les professionnels de l'agriculture ne sont donc plus des paysans, mais des techniciens. Le paysan a été dépossédé de son métier, de son pouvoir décisionnel et d'un savoir faire artisanal - qui n'était pas forcément "mieux" - nombre de famines sont issus de mauvaises pratiques agricoles, notamment dans le repiquage à outrance des mêmes souches de pommes de terre par exemple, mais surtout de moindre impact écologique et d'emploi. La dépendance totale à des donneurs d'ordres et des marchands de produits chimiques, d'engins agricoles, de semences et de subventions agricoles redistribuent les cartes. On entretient volontairement une image bucolique chez les consommateurs, et héroïques chez les agriculteurs, qui pensent sincèrement nourrir la planète et sauver le monde, sur des métiers aux acteurs de plus en plus isolés et dépendants, d'un système qui courent à l'endettement privé et publique et une qualité nutritionnelle défaillante. Aucun agro-business n'est viable sans subventions. Certains assument pleinement leur motivation à "gagner un maximum d'argent en en faisant le moins possible", en espérant faire encore mieux que leur père, grand-père et arrière grand-père, d'autres essayent de faire autrement, à leurs risques et périls, beaucoup continuent de faire confiance et de se méfier des alternatives, de plus en plus souffrent en silence.

Dans le change, la population y a perdu une certaine autonomie alimentaire quant aux connaissances des plantes sauvages comestibles du quotidien dans la Nature, encore présentes à plus de 50% des menus traditionnels populaires dans le années 50s. Et retrouve un regain d'intérêt depuis quelques années. Ca devient aussi tendance que bucolique de manger des plantes sauvages et authentiques, plus pour le jeu que pour le besoin, car nos palais sont souvent bien affadis. Les plus grandes salades sauvages se retrouvent à al carte des grands chefs étoilés savoyards ou parisiens pour des prix exorbitants, c'est le comble de l'ironie! La rareté ennoblie les produits.

Depuis le milieu du XXème siècle, on déforeste massivement les zones forestières pour dégager des surfaces agricoles et augmenter les SAU. On grignote toujours un peu plus sur les bois, les haies, les bocages, les bordures et surtout: les zones humides. La plupart sont privés, donc exempts de et souvent tributaires de subventions de pratiques agricoles contradictoires comme l'arrachage des haies, puis leur révision. 

Aujourd'hui, les zones humides sont largement dénigrées, aménagées, drainées, asséchées pour en faire des parcelles agricoles céréalières, des parkings, des zones commerciales ou des barrages hydrauliques. 

En Bourgogne, avec les grandes cultures céréalières par exemple, on est passé de parcelles au climax forestier à un biotope rudéral semi-désertique en moins de 30 ans. 

Aujourd'hui, la forêt gagne du terrain en montagne, après la disparition de l'élevage dans certaine zone, comparé à l'activité de l'élevage au XVIII et XIXème siècle; alors que les forêts en plaines sont transformées en terres arables, enregistrant une perte de biodiversité massive.

La mise en perspective de plusieurs facteurs permet de comprendre qu'il s'agit d'un phénomène de société profond, à l'oeuvre depuis plusieurs siècles, et de libérer le poids social sur un groupe d'acteurs en particulier, quel qu'il soit et quel que soit sa démarche. Il y a des pratiques et des métiers à réinventés...