Accéder au contenu principal

Fruits d'hiver rustiques - Cultiver sous la neige 1/2



Cultiver sous la neige? Mais quelle idée!

Des saveurs exotiques sous la neige? Et oui, il existe des goûts sucrés de mangue, de banane, de
goyave, de datte, d'agrume et des saveurs rosés, musqués, épicés dans les variétés nordiques. Ce sont des espèces peu connues, oubliées et même sauvages qui ont été passées sous silence... Ces variétés ont des qualités gustatives et nutritionnelles hors du commun, jusqu'à 30 fois la teneur en vitamines C d'une orange par exemple. Merci la biodiversité! Serez-vous assez curieux pour les re-découvrir?

Au XVII ème siècle, la bourgeoisie se porte plus ouvertement vers les variétés exotiques ramenées des colonies comme symbole de leur richesse. Dans le même temps, l'exode rurale conduit nombre de paysans à quitter leurs campagnes pour devenir ouvriers en ville, censurant par là même leur culture paysanne et leur connaissance des plantes sauvages et des légumes traditionnels. Les traumatismes des guerres mondiales stigmatisent profondément les papilles du plus grand nombre au XXème siècle. Et l'industrie agroalimentaire achève le travail.

Au XXIème siècle, il est donc permis de rêver à nouveau d'une agriculture de montagne, en altitude, sous la neige grâce aux espèces rustiques et naturellement résistantes au gel.






La plupart de nos espèces cultivées sont en effet des plantes mésophiles, c'est à dire que leur croissance maximale s'effectue lorsque les températures dépasse les 10°c et se développe bien entre 15°c et 30°C. Elles ont donc besoin d'un beau printemps et d'un été chaud.

Mais certaines espèces ont la particularité de germer en automne, puis passent l'hiver sous paillis, fleurissent dès la fin de l'hiver à partir de 10°C et mûrissent au début du printemps de l'année suivante. On appelle ces espèces, des plantes psychrophiles: elles ont une croissance maximale à des températures comprises entre 0°C et 10°C. Comme la baie de mai (chèvreufeuille comestible appelé également myrtille de Sibérie). C'est aussi le cas des céréales d'hiver comme le seigle par exemple qui germe en automne, végète tout l'hiver et mûri tôt au printemps.

Ce qui compte, c'est la moyenne des températures entre la journée et la nuit, voir uen moyenne sur un cycle d'une semaine ou d'un cycle lunaire. Une chaleur constante est plus préjudiciable à la plante, surtout à la fructification, qu'un grand écart de température entre des températures douces la journée et des températures basses la nuit. Pour connaître les bienfaits des basses températures sur les arbres fruitiers, consultez l'article  Microclimat de montagne - culture d'arbres fruitiers et de légumes de montagne

Les plantes rustiques ont une résistance pour supporter des gelées sur quelques jours voir quelques semaines. On décide de la zone de rusticité grâce à des tests de rusticité.


Les fruits d'hiver ont l'avantage de fleurir tard dans la saison, donc après les gelées printanières, généralement à la fin de l'été, voir en automne et de mûrir en automne et de blettir en hiver. Ou alors de fleurir très tôt au printemps prochain car les fleurs peuvent résister aux gelées jusqu-à 7°C.

Les légumes d'hiver sont souvent riches en vitamines, particulièrement en vitamines C, en acides gras insaturés, en protéines, en béta carotène, en huiles essentielles, en acide acétylsalicylique (aspirine) et en acide oxalis. Ce sont ces même molécules qui assurent aux cellules de la plante sa résistance au froid, ses défenses immunitaires, sa régénérescence des lésions abîmées (beta carotène par exemple) et sa pérennité, même végétative, jusqu'au printemps prochain. La plupart des légumes bi-annuels et des plantes en rosace sont des légumes d'hiver. Ils ont souvent un goût amer ou très sucré. Cette astringence et cette teneur en sucres résultent directement des protéines dites de choc thermique qui transforment l'amidon en sucre (monitole et **** ) et en tanin.

Et si vous voulez booster vos défenses immunitaires ou la qualité nutritionnelle de vos plats en hiver, pensez aux graines germées et aux bourgeons.

NB: Il y a une différence entre les graines germées de variétés estivales ou hivernales. La teneur ........*****

Nouveau! Bientôt de nouvelles infos sur les conditions de culture et la physiologie des fruits rustiques en pays froids et en montagne.

Liste des baies, des arbustes et des arbres fruitiers qui résistent au froid
fruit des montagnes, fruits sauvages







jusqu'à -10°C voir -12°C  Feijola (Goyavier de Montevideo), Bibacier (Néflier du Japon), Fruit de la passion, Yuzu, Bigaradier, Baie des Andes (Physalis), Maqui panaché, Mûrier à papier (broussonetia papyrefra), figuier rampant (ficus pumelia_ préparation spéciales des figues sous forme de jus*)
jusqu'à -15°C voir-17°C Myrte, Acca (Goyavier du Brésil), Plaqueminier, Grenadier de Provence, Argousier, Amélanchier, May pop, Arbousier, Citron sauvage, Orange amer, Aubépine, Jujubier, Eglantier, Figuier, Akebia quinata, Aralia chinensis (Angélique de chine)
jusqu'à -20°C Nashi, Poirier des roches (Amélanchier ovalis), Cormier, Néflier commun, Kiwaï (Kiwi de Sibérie), Kaki muscat, Châtaignier, Noyer, Bouleau, Citron sauvage (poncifirus trifoliata), Yucca, Myrtille, Goji, Kiwi, Airelle, framboisier, Abricotier (notamment abricotier jaune d'auvergne), Figuier, citronnier sauvage (poncirus trifoliata), 
jusqu'à -25°C les Alisiers, Asiminier Paw Paw (Manguier rustique), Kaki fuyu, Olivier de Bohème, Chalef argenté, Goumi du Japon, Sureau noir, Cynorhodon, Cognassier, Pommier sauvage, Cornouiller mâle,   Ealeagnus ebbingei, Hovenia sucré "le Raisinier de Chine" (goût raisin poire, substitut de miel), Désespoir du singe, Noisetiers, Pacanier (Caryer lacinié).
jusqu'à -28°, -30°C Poirier sauvage (pyrus pyraster), Poirirer commun, Amélanchier du Canada, Aronia, Myrtille arctique, Camarine, Bleutier (myrtille arbustive), Mure arctique, Noisetier, Pacanier du Nord, Caryer lacinié, framboisier, airelle, canneberge, cerisier noir à grappe (-32°), Limmonick/schisendra chinensis/baie aux 5 saveurs (sucré, aigre, épicé et salé, goût de raisin sec), prunier myrobolan (-32°).
jusqu-à - 34°C Bleutier, Sorbier des oiseleurs, Erable à sucre, Bouleau, Pin à sucre, robinier faux acacia, aubépine monogénique, Caryer ovale, Caryer lacinié, Noyer du Japon, Noyer de Mandchourie, Noyer noir, Noyer cendré, gingembre sauvage du canada (asaret du canada -35°), ginseng de sibérie .
jusqu'à -40 et + Myrtille de Sibérie, Viorne lantane (goût de pruneau), Viorne trilobé, Viorne aubier, Genévrier, Caryer ovale, Noyer de Manchourie, Pin pignon de Sibérie (-45°), Pin pignon de Corée (-50°!).

http://www.pepinieriste.ca/ pépinièriste rustique et ancestrale.
http://www.pepiniereancestrale.com/ pépiniere ancestrale
http://potagersdantan.wordpress.com/category/fruits-du-quebec/
http://www.pepin-hier.fr/
http://www.cassenoisettepepiniere.com/arbres-a-noix.php
http://www.lafeuillee.com
http://www.hillkeep.ca/autumn.htm
http://arcadianabe.blogspot.fr/ (blog wild harvest)
http://www.gigablast.com/get?q=&c=dmoz3&d=88240961261&cnsp=0 (Asiatica nursery)
http://www.plantdelights.com/Buy-Plants-By-Genus/Perennial-Garden/buy-perennials/plant-catalog/ (plants delight nursery)
jardin de fraternité ouvrière en Belgique
http://vegetal-en-vercors.blogspot.fr/
Pépinières d'Altitude PUTHOD http://www.puthod.com/fr/presentation.html
http://www.cochetfrederic.com
http://www.graines-baumaux.fr
http://tous-les-fruits.com/index-fruits-sauvages.html
Précaution! Veillez à respecter le biotope de référence et la rusticité de référence de vos plantes, évitez d'introduire une espèce très rustique dans un milieu peu compétitif ou de rusticité plus faible car elle pourra devenir envahissante voir coloniser l'espace naturel dans lequel elle est nouvellement introduite et supplanter une espèce locale. Ceci est également valable pour les champignons. L'érable à sucre du Canada et la truffe chinoise sont des cas d'école! Cette précaution est particulièrement importante dans les programme de reboisement en sylviculture.
Donc utilisez des espèces provenant du Canada, d'Amérique du Nord, de Sibérie, de Suède, de Norvège, du Nord de la Chine et de la Russie uniquement si votre terrain d'implantation s'y prête. Optez pour des variétés européennes dans les conditions favorables à celles-ci.

autre ressources: Culture de l'alimentation nordique http://aof.revues.org/6950

Vous aimerez aussi :

Cultiver avec les Limaces et les Escargots

Les limaces sont-elles nuisibles? Du recyclage de la matière, à la cohésion du sol jusqu'au repas favori d'animaux compagnons, les gastéropodes jouent un rôle pionnier dans l'écologie des milieux, jardin potager y compris. Tous les gastéropodes ont un rôle fondamental dans l'équilibre d'un jardin.
La vie secrète des limaces mérite qu'on s'y intéresse. Les limaces existent depuis 350 millions d'années, et ont évolué des escargots terrestres, venant eux-mêmes de la mer. Leur surnom "estomac sur pied" en grec leur colle à la peau.

Les gastéropodes sont pour la vie du sol ce que les abeilles sont pour les plantes à fleurs: un chaînon vital de l'écosystème.


Pourquoi le jardinier adore les vers de terre mais boude les escargots et les limaces?

Cultiver avec les limaces peut paraître fou en agriculture... et pourtant, voici des applications incongrues pour faire des limaces, des compagnons plutôt que des nuisibles. A chaque limace son rôle!

Après…

Le biotope du Noyer - 1ère partie. Le noyer est-il si toxique?

Le Noyer, Juglans Regia, est un arbre à noix cultivé depuis plus de 1000 ans.
Le noyer est-il un arbre toxique? Le noyer est l'un des arbres cultivés les plus controversés. 
Le Noyer a aussi une bonne réputation: il indique les terres arables de bonne qualité. L'arbre est bio indicateur des terres équilibrées, riches en azote, en argile et en eau. Le complexe argilo-humique est souvent excellent.
Le noyer pousse aussi dans des conditions d'hydromorphisme et dans des sols saturés en nitrates. Il tolère même des stations anaérobies, polluées par les nitrites, les molécules chimiques et les métaux lourds.
Au Moyen Age, nombre de paysans français rechignaient à planter des noyers dans les vergers. Les seigneurs accordèrent des aides aux agriculteurs qui en plantaient pour maintenir la culture du noyer dans les campagnes.
C'est un arbre à la mauvaise réputation dans les vergers à cause de sa composition en juglone, un composé chimique qui inhibe la germination et la respirat…

Plantes bio indicatrices

la version actuellemnet en ligne date de 2013 actu 2018: j'aimerais actualiser complètement cet article...
L'observation de la végétation fournit de nombreuses indications sur le sol, sa qualité, sa structure, sa composition, son PH et sur la disponibilité des nutriments. Et donc sur les possibilités de culture, de construction, les démarches à effectuer pour équilibrer les sols ou les enrichir si nécessaire. Il est toujours préférable de choisir les plantes adaptées au terrain et non l'inverse.
En agriculture conventionnelle, le sol est vécu comme un simple réceptacle. En agriculture naturelle, le sol est vivant et on travaille avec la nature dans le but de favoriser l'activité microbienne du sol. L'excès de fertilisants et d'azote, sans parler des amendements de synthèse, favorisent les bactéries pathogènes qui tuent les bactéries dites "efficaces" du sol et créent une concurence effrénee dans le sol qui se vide de vie après 2 ou 3 ans seulement. P…

Cultiver avec les Ronces.

Les Mures sont les fruits des Ronces - rubus fruticosus. Ce sont les baies sauvages les plus connues et les plus appréciées avec les framboises (rubus idaeus) et les myrtilles (vacinium - éricacées).
Selon qu’on affectionne leurs fruits ou que l’on redoute leurs piquants, leur caractère envahissant nous pose problème.

Luttez contre les ronces ? Les brûler ? les arracher ? les tailler ? Vous ne ferez qu’accentuer « le phénomène » et dynamiser leur croissance. Les ronces sont armées pour résister aux assauts du jardinier. Alors comment apprivoiser notre comportement pour apprendre à cultiver avec les ronces?

Une plante fruitière comestible, pionnière, mellifère, hyper productive et qui se gère toute seule : tous les atouts sont réunis pour être une favorite de nos cultures. Les ronces renferment même une substance particulière qui pourrait bien vous intéresser pour vos semis et vos bouturages: une hormone de croissance. Que d’avantages à découvrir pour cette plante pionnière extra+ordi…

Semis, Bouturage et Marcottage et autres techniques de multiplication végétative.

Bouturage, marcottage et pollinisation croisée. 
Bouturer les plantes mères est une manière efficace et rapide de multiplier les plantes, vignes, arbres et arbustes, mais pas que.
Cette technique permet de garder la génétique d'une plante choisie, ses propriétés, son goût, sa maturité, ses résistances naturelles. C'est possible d'opérer à partir des jeunes rameaux de bois vert de moins d'un an au printemps, avant le débourrage des bourgeons, juste à la sortie de l'hiver ou à la fin de l'été-début de l'automne. Cela fonctionne également avec les rejets, un rhizome, une racine, voir d'une feuille selon le pouvoir régénérant de la plante. Les plantes aquatiques, les lianes, vignes, les cannes et les fabacées sont parmi les plus prolifiques; c'est pour cela qu'elles sont souvent envahissantes.

Plusieurs techniques: bouturage simple (plantes feuilles, tomates) bouturages en aquaponie (menthe, basilic, carotte, betterave, patate douce, papyrus, avocat…

La symbiose des lichens.

Les lichens sont des organismes complexes, aux formes et aux couleurs extraordinaires. Ils existent depuis des millions d'années. Ce sont les premiers êtres vivants qui ont colonisé la croûte terrestre. Ils sont pourtant méconnus. Qu'est-ce qu'un lichen?

En réalité, ce n'est pas "UN" organisme, mais DES organismes, vivant en symbiose. Ils forment un
corps symbiotique de plusieurs symbiotes d'un champignon, d'une algue et de cyanobactéries. Le plus souvent, les lichens sont des organismes constitués de deux partenaires.

Le partenaire fongique, le champignon, représente plus de 90 % de sa biomasse. Le partenaire chlorophyllien, le végétal, le complète. Le plus souvent, il s'agit d'un champignon ascomycète (15000 espèces); on les appelle des ascolichens. Le champignon peut également être un basidiomycète (200 espèces) ou un deuteromycète (50 espèces). Le partenaire fongique s'associe à une algue unicellulaire ou filamenteuse.

Ils forment ens…

Micro-organismes EM et bokashi

Ah! L'Automne! Les températures redescendent en dessous de 20°C, les soirées se rafraîchissent et nous faisons les premiers feux de bois. Dès le premier coup de vent, la forêt se pâme de son manteau de feuilles mortes. Et avec elles, les premières effluves des fruits qui fermentent sur le sol. La vie microbienne bat son plein!

C'est le moment opportun pour faire son bokashi d'automne qui va nous servir à renforcer les forces immunitaires et anti-oxydantes du sol pour l'hiver et aider l'arbre et les plantes à lutter contre le stress du froid, des blessures, du gel et de l'excès ou du manque d'eau.

Graminées sauvages comestibles

La majorité des graminées sauvages ou cultivées sont comestibles. Les céréales s'accommodent très
bien des sols acides et pauvres, en plaine ou en montagne; on les retrouvent au delà de 3000m d'altitude.

Les graines peuvent être moulues en farine ou torréfiées avant d'être consommées cuites, en bouillie, grumeaux, céréales, pain, pâtes, ou succédanés de café.

Les variétés cultivées ont été sélectionnées et multipliées pour leur teneur en gluten, parfois au delà de 70%, afin de résister aux manipulations des pétrins mécaniques: la pâte obtenue devient suffisamment élastique pour permettre la préparation industrielle. Les préparation industrielle en nécessite pas tant de gluten et peut tendre vers des teneurs inférieurs à 8%, voir nulle, comme avec les farines de riz, de maïs, de quinoa, de millet, de sorgho, du petit épéautre, de soja ou de sarrasin.

Les céréales anciens ou sauvages sont pauvres en gluten, moins de 8% et donc excellents pour la santé. Les quelques espèces …

Le biotope du pommier

Le pommier communmalus communis partage le
même biotope que son homologue forestier, le pommier sylvestremalus sylvestris dont certaines espèces cultivées sont issues.
Le pommier vit en moyenne 70 ans et peut atteindre les 100 ans localement. Il fructifie bien jusqu'à 30 ans.
La chênaie-hêtraie claire correspond à son environnement forestier, et plus spécifiquement leur situation en haie fruitière, en fruticée ou dans une clairière.

Les espèces de malus, prunus et de pirus partagent le même biotope. Pommier sauvage, pommier commun, poirier sauvage et poirier commun affectionnent les mêmes plantes compagnes. Ainsi que le cognassier, Cydonia oblonga, que l'on surnomme la pomme de Cydonie ou la poire de Cydonie. Le néflier d'Europe partage aussi une écologique similaire.


















erratum 4:39 germandrée mélampyre des prés


+ la vidéo des résultats de la régénération d'un pommier cultivé est tournée, montage en cours.