2 juil. 2014

Le biotope de l'artichaut, du panicaut et des chardons.




fleur d'artichaut

artichaut cyanara cardunculus, le Cardon de Lyon
Comment régénérer un sol rocheux, compacté et
carencé en phosphore biodisponible grâce à la culture d'artichauts? Nouveau chapitre

Dans les sols dénaturés, on observe surtout des chardons, des centaines de chardons! Il en existe 350 espèces, 25 genres et 3 familles différentes. Ils ont tous un point en commun: ils lèvent leur dormance dans des sols travaillés, au phosphore bloqué, riche en calcaire actif et avec souvent 20 fois plus de carbone que d'azote.

Voici une démarche expérimentale pour reconsidérer les chardons en agriculture et régénérer des sols abîmés par l'agriculture industrielle. Grâce à la compréhension du biotope des chardons, on peut envisager de cultiver et de régénérer des terres dénaturées par le labour; cela peut permettre à des maraîchers d'accompagner une transition douce tout en restant producteur de légumes pendant ces périodes délicates.

L'artichaut fait partie de la famille des chardons, les Cynaria. Il existe trois espèces sauvages: C. syriaca, C. sibthorpiana et C. cardunculus. L'artichaut lui-même est un chardon domestiqué et cultivé, de l'espèce Cynara cardunculus, dont la variété sauvage est sans doute Cynara cardunculus sylvestris, ayant donné naissance à deux formes: le cardon - C. cardunculus f. cardunculus et l'artichaut - C. cardunculus f. scolymus. Quelques variétés d'artichauts sur tela botanica.



le biotope de l'artichaut sauvage:
Les biotopes de l'artichaut sauvage sont les maquis et les garrigues de la région méditerranéenne. On le trouve également le long des chemins, des routes, des friches agricoles, des jachères et des anciens jardins. Les artichauts sauvages, cynara cardunculus, sont bio-indicateurs de sols sableux des arènes granitiques et schisteuses. Ils témoignent de sols riches en base à l'absence totale d'humus. La capacité de rétention d'eau de ces sols est quasi nulle. La majorité des Chardons poussent sur sol calcaire rocheux, riches en bases, au ph>8, qui bloquent le phosphore. (source: Gérard Ducerf, plantes bio-indicatrices tome 3 p. 165).

Les chardons débloquent le phosphore en le concentrant dans leur système foliaire et racinaire, ainsi que des omega 3. Ils produisent de grandes feuilles, de profonde racines et leur capitules sont parmi les plus grosses fleurs d'Europe. C'est grâce à leurs feuilles que l'évaporation est régulée, que l'humus se recompose, et que le phosphore retrouve une forme biodisponible une fois la plante fanée. C'est grâce à leur puissante racine pivot que le sol est drainé et aéré, et que l'eau est siphonnée des nappes phréatiques jusqu'à la surface. Le cardère est un chardon redynamiseur du cycle de l'eau dans le sol avec un système foliaire hydrofuge ingénieux en forme de coupelle et de réservoir et une racine pivot pouvant descendre à plusieurs mètres de profondeur pour trouver de l'eau. Tous les chardons ont des vertus détoxifiantes des métaux lourds (aluminium et fer) qui engorgent les sols anaérobies, compactés ou hydromorphes.

La localité des artichauts cultivés est souvent méditerranéenne ou sud alpin. Les espaces de pelouses sèches, rocailleuses et les emplacements ensoleillés thermophiles, plutôt calcaires, souvent proche d'un PH8 sont appropriées à la culture de l'artichaut, mais pas seulement.

Si vous habitez dans une zone chaude ou si vous cultivez sur une zone rudérale, les biotopes des chardons sont valables pour reconstituer un compagnonnage symbiotique. 

Si vous habitez en montagne, vous pourrez utiliser le biotope de votre chardon et acclimatez un artichaut nord européen jusqu'à récolter vos propres graines.

Si vous habitez dans une zone humide et compactée, il est possible d'expérimenter une culture d'artichaut.


cyanara cardonculus sylvestris
La famille des chardons d'Europe.
Observez les variétés de chardons qui poussent majoritairement dans votre région, que ce soit à la mer, à la campagne comme à la montagne. En recomposant son biotope de référence, votre artichaut cultivé s'adaptera et s'acclimatera. Surtout que l'artichaut est une plante bi annuelle voir tri annuelle, il a donc le temps de s'acclimater d'une année sur l'autre. Ses graines porteront une génétique ensuite adaptée à vos conditions climatiques et de sol.

Le semis est plus aléatoire que le bouturage par oeillet. Combinez ces deux techniques en sélectionnant les plus beaux spécimens afin d'obtenir le chardon le mieux adapté aux conditions de voter site.

NOUVEAU! Comment régénérer un sol compacté et carencé grâce à la culture de chardons?

L'artichaut, le panicaut champêtre, le chardon, la carline commune, le chardon Marie, le carthame, la bardane (le gobo), le laiteron, le cirse maraîcher, le tournesol, l'aunée, la camomille, la carotte sauvage, le pissenlit, le salsifis, la laitue des murailles... appartiennent tous à la grande famille des Astéracées. Ces espèces peuvent aider à la régénération des sols sableux, rocheux calcaires ou granitiques, en fonction de la constitution de l'humus et du complexe argilo-humique, et de la faune du sol.

les artichauts sauvages
L'espèce de référence de l'artichaut sauvage est Cynara cardonculus sauvage. Les deux plantes cultivées par l'Homme sont la Cardon de Lyon (cynara cardonculus) qui est sans épine et l'Artichaut (cynara scolymus).

La base de données phytosociologique SOPHY n'indique pas de relevés pour carduus sylvestris ou cynara cardunculus. Les plantes les plus proches vont être Cardoncellus monspeliensis (Cardoncelle de Montpellier- climat méditerranéen) et la carline acaule carlina acaulis.

Dans l'Encyclopédie des plantes bio-indicatrices de Gérard Ducerf, plusieurs fiches spécifient le biotope des carddus, des carlinas et des cynaras, dont cynara cardunculus. (Tome 3 p.165).

Nous avons donc choisi comme référents:
_ La Cardoncelle de Montpellier appartient au même biotope méditerranéen que l'artichaut cultivé et partage sa génétique.
La Carline acaule qui partage le biotope des plaines rocheuses et des montagnes que l'artichaut cultivé et partage sa génétique.
_ Le panicaut champêtre qui partage un biotope similaire mais plus flexible sur le territoire français grâce à des microclimats secs et chauds.
_ Le chardon penché pour les zone rudérales des plaines comme des landes montagnardes en climat continental ou montagnard.

CARDONCELLUS, CARDUUS, CARLINA, mais aussi les CARTHAMUS, les CENTAUREE, les CIRSIUM et les ERYGIIUM peuvent fournir une base de référence selon votre biotope plaine, montagne, méditerranée etc. Le chardon commun est le Cirsium vulgare.

microclimat de rocailles des plaines méditerranéennes
La cardoncelle de Montpellier.
cardoncelle de montpellier - cardoncellus monspelien - photo flore des Alpes.
biotope du cardoncelle de Montpellier - cousin de l'artichaut sauvage.
HERBACEES: aphyllanthe de Montpellier (oeillet bleu), lavande officinale, thym commun, germandrée des montagnes, lin blanc, azurite, panicaut champêtre, hélianthème d'Italie, germandrée petit-chêne, piloselle, potentille printanière, catananche bleue, thym serpolet, gaillet feuille d'asperge, fumana vulgaire,  asperule de l'esquinancie, liondent de Villars, astragale de Montpellier, thésium divariqué.
GRAMINEES: koélénie du Varais, brome érigé, laîche basse, fétuque rouge, laîche de Haller, avoine faux brome, 
COUVRE SOL: thym commun, thym serpolet, fumana vulgaire, asperule de l'esquinancie, astragale de Montpellier, 
NFP: coronille minime, genêt cendré.

La cardoncelle de Montpellier pousse dans un milieu rocailleux, chaud et sec où se plaisent les plantes des pelouses sèches, des rocailles du sud et des montagnes des Alpes. L'environnement de plaine comme de falaises montagnardes lui conviennent bien à partir du moment où l'ensoleillement est suffisant. Les surfaces réfléchissant la lumière comme le sable ou accumulatrices de chaleur comme les pierres sont un élément essentiel du biotope des artichauts.

Les plantes compagnes ont souvent un enracinement superficiel; elles jouent le rôle de couvre sol. Tout en laissant des espaces de roches apparentes qui emmagasinent la chaleur. Le feuillage des plantes est fin, comme des aiguilles, pour économiser l'eau contre l'évaporation et procurer un léger ombrage clairsemé qui se balance avec l'air.

La famille des astéracées, les chardons en particulier, ont un système racinaire profond, ils puisent l'eau en profondeur grâce à une racine pivot parfois de plus d'1m.

Des herbacées en touffes, des carex rudérales, des plantes aromatiques fortes, médicinales et mellifères comme les oeillets ( à 71% de fidélité avec l'aphyllanthe de Montpellier, l'oeillet bleu), la lavande officinale (69%), le thym (65%), la germandrée (65%), l'aspérule de l'esquinacie (42%), le thésium divariqué (38%). Elles poussent en compagnie d'autres chardons comme le panicaut et l'azurite et d'autres astéracées comme le liondent, la piloselle, la catananche dbleue, la potentille printanière. Côté céréales, on trouve une variété de lin blanc (63%), des bromes (61%), la koélénie du Valais (60%), la fétuque rouge (45%) et une variété d'avoine (40%). La fétuque de Valais et le brôme érigé sont des plantes bio indicatrices des pelouses très sèches à sèches, surtout sur substrats carbonatés ou basiques.

On remarque que beaucoup de fleurs ont une chromatique variant du blanc crème presque vert (lin blanc, genêt cendré, panicaut champêtre, germandrée des montagnes, thésium divariqué), mauve pâle au bleu lilas (oeillet bleu, azurite, artichaut, lavande, catananche bleue, thym commun, asperule de l'esuilancie) voir au violine (artichaut, germandrée petit chêne, thym serpolet). Et aussi jaune lumineux (hélianthème d'Italie, coronille étalée, piloselle, potentille printanière, la fumana vulgaire, le liondent de Villars).

Le Jaune est la couleur complémentaire du Violet, elles se renforcent mutuellement. Ce champ de couleur crée une forte luminescence chromatique pour attirer les insectes, en particulier les pollinisateurs et les abeilles. Les chardons attirent beaucoup de pucerons, de fourmis, d'araignées et de coccinelles dont les larves peuvent habiter le pied tout leur premier stade de croissance. Elles ont besoin de plantes compagnes pour réguler cette population d'insectes, les fourmis sont leur protectrices.

La cardoncelle de Montpellier est représente entre 10% et 25% maximum de la végétation du biotope, parfois moins (abondance-dominace entre 1-3 et 2-3). La cardoncelle est donc peu abondante.
(seuil d'abondance: 1=>10%, 2=<10%, 3=<25%, 4=<50%, 5=<75%, 6=100%).

Cet écran permet d'attirer les pollinisateurs aussi bien visuellement qu'olfactivement. Les cardoncelles poussent au milieu de plantes aromatiques fortes comme le thym, la lavande, la germandrée et le santal herbacé. La cardoncelle de Montpellier est une espèce peu commune mais typique des paysages de Provence.

L'artichaut contient dans ses feuilles le même flavanoïde que dans la piloselle: la lutoséide. Elle est diurétique. L'epervière piloselle est une plante compagne qui régule la concurrence en surface par ses propriétés allélopathiques et antigerminatives (umbelliférone, acide chloragénique et acide caféique). Elle n'affecte pas le système racinaire des espèces profondes comme les artichauts. La piloselle facilite l'élimination des toxines notamment du chlore et de l'urée (composé azoté). La piloselle nuit à la truffe!

On trouve des fixateurs d'azote des rochers ou des espaces sableux comme la coronille étalée (57%) et le genêt cendré (40%).

Pour optimiser l'espace, vous pouvez opter pour un arbuste fabacée fixateurs d'azote comme le genêt arborescent, le genêt d'Espagne, les callunes arborescentes, des mimosas, des robiniers faux acacias dans une forêt jardin... ou encore des argousiers et des elagnus ebbingei.

On trouve aussi en association avec la cardoncelle une plante de la famille des santales, le thésium divaraqué (38%), ce sont des plantes aromatiques semi parasites. Les santales comprennent aussi les espèces comme le santal et le gui.

Il est possible d'envisager la culture des pleurotes eryngii qui poussent en association semi symbiotiques semi saprophytes avec les panicauts et les artichauts, ou toute astéracée à la racine sucrée comme la carotte, le panais, le topinambour... Les pleurotes eryngii poussent en automne sur les substrats des feuilles sèches du panicaut et les excroissances racinaires de la plante, elles apprécient les endroits dégagés.

microclimat des collines rocheuses et des montagnes héliophiles
jusqu'à 1500m
La Carline acaule - Carlina acaulis
(en cours)
carline acaule Carlina acaulis
à voir sur www.christophectl.fr



Le chardon penché - Cardus nutans
carduus nutans - plaine agricole calcaire de Côte d'Or 150m d'altitude.
biotope carduus nutens
carduus dans le Vercors, à 1500m. 
micro climat champêtre d'une plaine sèche en zone tempérée, et microclimat chaud.
le panicaut et la pleurote eryngii



HERBACEES: pimprenelle, piloselle épervière, germandrée petit-chêne, potentille printanière, asperule de l'esquinancie, hippocrépide chevelu*, thym serpolet, bugrade épnieuse*, lotier corniculé*, scabieuse colombaire, thym commun, germandrée des montagnes, plantain lancéolé, millepertuis perforé, gaillet mou, carotte sauvage, euphorbe petit-cyprès, carline commune, séséli des montagnes, cirse acaule, aphyllanthe de Montpellier (oeillet bleu).
GRAMINEES: brachypode érigé, brome érigé, dactylis peletonné, fétuque ovine, fétuque rouge, carex glauque, laîche de Haller, avoine faux brome.
COUVRESOL: thym serpolet, coronille minime*,
NFP: hippocrépide chevelu, bugrade épineuse, lotier corniculé, coronille minime,
PLANTE ANALGESIQUE: plantain lancéolé, petite pimprenelle, millerpertuis perforé, l'oeillet bleu...

On observe la même stratégie de floraison et de couleur et surtout un feuillage fin et penné qui permet d'éconmiqer l'énergie et l'eau. Et des plantes références comme l'oeillet bleu, les thyms, les germandrées, la potentille printanière, l'asperule de l'esquinancie, les fétuques dont la fétuque rouge, l'avoine faux brome, les carex, la laîche de Haller, le gaillet mou. On observe la permanence d'autres astéracées comme ici la carline, le cirse d'acaule et la carotte. Et les fixateurs d'azote herbacés comme l'hippocrépide chevelu, la bugrade épineuse, le lotier corniculé et la coronille minime. L'euphorbe, le millepertuis et le plantain lancéolé sont des plantes compagnes aux vertus médicinales et défensives.

Le panicaut champêtre fait partie des plantes secondaires mais importantes de ce biotope champêtre nitrophile et sec avec 3218 référencements. Les fixateurs d'azote et les graminées sont majoritaires. Tout comme le gaillet mou qui concentre l'azote dans son système foliaire. Les plantes aromatiques comme les thyms et les germandrées sont essentiels. Ils s'associent volontiers avec d'autres astéracées comme la carotte et les cirses. Le panicaut s'associe préférentiellement à 58% avec la pimprenelle, à 55% avec le brachypode penné et 51% avec le brome érigé. Le plantain, la piloselle, l'aspérule, le millepertuis, l'euphorbe et les oeillets sont des plantes compagnes actives dans la symbiose.
Nombre de ces plantes attirent les guêpes parasitaires, les pucerons, les fourmis, les coccinelles, les oiseaux et les petits rongeurs.

Les fixateurs d'azote
Il est évident que les panicauts bénéficient des associations symbiotiques avec les bactéries rhizobium qui s'associent avec les fabacées, légumineuses. On notera qu'un champignon pousse en stricte association sur les racines des panicauts: la pleurote eryngii; excellent comestible.

Les graminées

Les plantes aromatiques sont la pierre angulaire dans le compagnonnage des panicauts, notamment les thyms, les germandrées, le millepertuis perforé, la carotte et l'aspérule de l'esquinancie.

Les plantes analgésiques et cicatrisantes comme le plantain lancéolé et la petite pimprenelle aident le panicaut et d'autres astéracées à cicatriser et à calmer les brûlures des UVs et des plaies.
La petite pimprenelle est la plante compagne préférentielle du panicaut avec 58% de fidélité, les plantains lancéolés représentent une plante compagne essentielle dans le biotope avec 32% de fidélité.

Les tanins et les toxines des fabacées permettent également de décourager les rongeurs et les ovidés un peu trop gourmands.


echinops ritro, oursin bleu, azurite.

Il existe un panicaut maritime ( eryngium maririmum) pour les micro climat maritime, méditerranéen ou atlantique, un panicaut alpin (eryngium alpimum), le panicaut à épine blanche (eryngium spina alba) pour les microclimats montagnard, alpin ou nordique tempéré sur sol calcaire, et le panicaut de Bourgat (eryngium bourgati) pour les Pyrénées.
















micro climat tempéré nordique des plaines et de basse montagne.

Application en permaculture: compagnonnage symbiotique
(en cours)
Des céréales (l'avoine, le lin), des légumes racines (carotte, salsifi, panais, scorsonère, topinambour, bardane, chicorée, radis), des astéracées (artichauts, cirses, topinambours, scorsonère, tournesols, radis, salades) et des champignons saprophytes comme la pleurote et surtout les plantes aromatiques (la lavande, le thym, la germandrée, la sarriette, le romarin, l'hysope, l'oseille).

le cardère, l'eau et le chardonneret.






APPLICATION EN PERMACULTURE ET AGRICULTURE BIO
Comment cultiver avec les chardons?
L'ARTICLE EST EN COURS D'ECRITURE MERCI

les chardons biocindicateurs
Les chardons sont des plantes très intéressantes. Ces plantes lèvent leur dormance dans des conditions spécifiques qui renseignent sur l'état du sol, de sa structure, de ses ressources minérales, son ph, sa faune et sa fonge.

L'absence de sol, les sols perturbés, travaillés, retournés à outrance, vidés de leur substances nutritives et compactés sont les conditions de levée de dormance des chardons. Le complexe argilo-humique n'est plus présent, la litière, l'humus, et parfois l'azote ont disparu de ces sols presque morts. L'argile se compacte, se dilate, s'assèche, se contracte et finit par s'éroder par les eaux de pluie et le vent. Le sol fuit dans les nappes phréatiques et les cours d'eau, entraînant souvent des coulées de boue spectaculaires. Sous ce phénomène d'érosion, on a la fausse impression que "les cailloux remontent à la surface", hors il s'agit en fait de la terre qui s’affaisse et s'érode. C'est le même phénomène que pour les chaos granitiques.

Les chardons sont bio indicateurs d'un sol riche en matière organique fossile et rocheux, au ph supérieur à 8, très calcaire. Il se produit alors un phénomène particulier: le blocage du phosphore P par le calcaire et la matière organique; les risques de chlorose ferrique sont majeurs.

Le calcaire actif très présent dans ces sols. Il libère des oxalates d'ammonium qui ont pour effet d'acidifier les ions ferreux en ions ferriques et de bloquer le phosphate. Ce phénomène provoque des carences en fer dans le sol. Les espèces sensibles vont développer une sénescence prématurée, un rachitisme et des maladies; la chlorose ferrique est généralement fatale.

Le compactage, l'hydromorphisme et l'acidification du sol entraînent la libération d'acides et de métaux lourds qui conduisent à la pollution du sol. La présence dominante de Rumex indique cette libération d'ions ferriques et aluminium dans le sol ainsi que de nitrites. La présence majoritaire de rumex indique que le sol est totalement compacté. La putréfaction du sol et des organismes aérobies faune flore et fonge est inévitable. Les sols dégagent des vapeurs de méthane et la matière en décomposition forment des hydrocarbures, visibles par des tâches d'huiles colorées dans les flaques.

Le rôle des chardons et des rumex est de drainer et de détoxifier ces sols des métaux lourds. Ils ont un système racinaire profond, dont al racine pivot peut descendre à plusieurs mètres de profondeur chez le cardère, le grand chardon. Ils vont dépolluer les sols avant de pouvoir régénérer une vie aérobie, pour l'instant impossible. Toute introduction d'azote sur ces sols hydromorphes va entraîner une putréfaction nauséabonde provoquée par les bactéries nitrifiantes et pathogènes, les seules capables de décomposer la matière organique en condition anaérobie.

La seule option est de réactiver une vie aérobie pour accueillir la faune endogée et les bactéries aérobies. Les bactéries fixatrices d'azote viendront s'implanter spontanément après un certain temps, que vous pourrez nourrir, grâce au compagnonnage avec des plantes fixatrices d'azote. Mais seulement en deuxième phase! Selon l'équilibre du ph et les ressources carbone et azote, vous allez favoriser les bactéries (grâce aux mulchs de végétaux azotés) et la fonge (grâce aux ressources carbone). Attention, l'excès d'azote sur les sols calcaires entraînent la mort de la fonge dans l'humus et réactive le cycle des bactéries nitrifiantes.

>>> Il est prématuré de réintroduire directement de la vie aérobie dans les sols compactés sans un processus de détoxification et d'aération préalable: aucune vie aérobie ne peut se développer en condition anaérobie. 

La plantation de plantes tolérantes à l'hydromorphisme, comme les chardons et les espèces cousines, Carduus, Cirsium, Carlina et Onopordum. On trouve aussi les Rumex, des carex, des graminées, notamment des bromes et des agrostis.

Peut-on cultiver des espèces de transition qui accompagneraient ce processus?
La biodiversité et la polyculture sont avantageuses, notamment en maraîchage. Trop souvent, les a priori sur les espèces "adventistes" empêche de mener des initiatives abouties. Il faut travailler avec flexibilité, particulièrement lors des transitions d'itinéraires agricoles entre pratique traditionnelle avec labour et intrants vers une agriculture biologique. L'identification et la compréhension des plantes sauvages qui lèvent leur dormance donnent des clés sur les processus de dégradation en cours et les possibilités de régénération.

>>> On peut opter pour une stratégie de culture comparable aux espèces sauvages avec des espèces comestibles.

La bonne nouvelle, c'est que ces conditions de vie du sol sont favorables à une culture bi-annuelle d'artichauts et ses cousins aux caractéristiques socio-écologiques similaires.

La mise en friche et au repos des terres est certes salvatrice; mais elle témoigne aussi de la séparation que l'homme continue de percevoir entre une végétation sauvage et cultivée. On oublie trop souvent que toutes les espèces cultivées proviennent d'espèces sauvages, dont elles continuent à partager les aptitudes génétiques, notamment leur prévalence pour un biotope et un rôle à l'intérieur de celui-ci.

On peut cultiver des espèces comestibles en compagnonnage avec ou en remplacement de ces espèces sauvages: comme l'artichaut, le cirse maraîcher, les cardons, les blettes, l'oseille

les cardons se développent y compris dans des sols pauvres, avec pas ou peu de micro-organismes EM.

En respectant la biodiversité du biotope de l'espèce sauvage de référence pour introduire l'ensemble des plantes et de leur rôle. Toutes les plantes jouent un rôle complémentaire et synergique; une carence dans les associations compromet l'équilibre de la culture sur ces sols et risque de bloquer des processus de régénération de la biodisponibilité des nutriments. Un relevé floristique précis est donc recommandé.

Mixer des variétés sauvages et variétés cultivées sont surement plus efficaces en régénération agricole, car l'efficacité et la tolérance des variétés cultivées ont été amoindries de par leur sélection sur des critères anthropiques plutôt qu'écosociologiques. Les espèces sauvages permettront d'enrichir la biomasse du site, alors que les espèces cultivées sont en partie pour l'alimentation d'une partie de la plante (fuite de biomasse), certaines de ces plantes sauvages sont comestibles et peuvent aussi être cultivées dans ce but (rumex, cirse, cardon, chardon...). On peut aussi expérimenter une culture 100% variétés maraîchères. A tester.

On peut d'ailleurs les parties de la plante pour confectionner des jus et des bouillons, qui vont justement permettre aux organismes de se détoxifier et de combler des carences en phosphore.

Pour les sols, les plantes fournissent une biomasse riche en carbone et des ressources en omega 3.

C'est pour cela que l'on retrouve souvent les chardons en association avec rumex, riches en oxalate de calcium, qui vont permettre de *************.

Les chardons sont bioindicateurs d'un état de compactage du sol, soit par hydromorphisme, pour les chardons des zones humides, soit par compactage anthropique (du fait de la pratique cultural par labour) pour les chardons rudéraux. Selon les stations, les sols peuvent être engorgés en matière organique fossile ou en eau, riches en base ou complètement carencés en azote, selon la variété témoin. Tous les chardons témoignent d'un calcaire actif qui bloque le phosphore. Les sols sont donc carencés en phosphore car il n'est plus biodisponible pour les plantes. Les chardons participent à réactiver la disponibilité du phosphore grâce à leur système racinaire, leur organisme détoxifiant des métaux dans le sol, et la création d'une litière riche en potassium, en silice, en sodium, en carbone, en phosphore et en azote. Les rumex contiennent de l'acide oxalique. Elle a des propriétés anti-oxydante.

Les graines de chardons ne germent pas d'un potager à l'autre, contrairement aux idées reçues. Les graines restent dans le sol plusieurs années, voir décennies, et ne lèvent leur dormance que dans le cas d'un travail du sol. (voir les recherches de Gérard Ducerf sur la flore bioindicatrice des sols).

Conditions de levée de dormance des chardons:
à venir

les espèces associées
le rumex
le brôme
les graminées

Les plantes adaptées aux carences
en azote:
en phosphore:
en oxygène:
en humus:
en micro-organismes:

Les graminées vont souvent jouer le rôle de colonisatrices de la couche superficielle du sol. Leur système racinaire finement ramifié et dense vont ré-aérer la strate supérieure du sol. La matière organique fine qu'elles laissent, racines, tiges et graines, vont attirer les bactéries, les oiseaux et les rongeurs, qui vont aussi apporter des micro-organismes et des bactréies dans leur selles, puis leurs prédateurs comme les buses, les corbeaux et les renards. Elle vont permettre d'éviter au sol de cuir au soleil, s'évaporer sous les vents et partir en poussière, fuir sous les eaux ruisselantes et stopper le compactage en surface.

en symbiose plutôt avec les bactéries. L'absence d'humus, et donc de ressources carbone de ces sols dénaturés, ne permettent plus à la fonge de s'y développer ni aux micro-organismes. Une des priorités pour revitaliser ces sols, c'est de les protéger de l'érosion (uvs, vent, pluies ), de réactiver l'aération du topsoil, de couvrir le sol et de recomposer l'humus (biomasse carbone). La réactivation d'un équilibre argilo-humique va prendre beaucoup de temps, au moins 5 ans.

laitue des murailles, chardon, tournesol, avoine.
Ces terres vont donc être en transition perpétuelle sur plusieurs années, voir dizaines d'années. Et il sera sain de faire évoluer les espèces cultivées au fur et à mesure de l'évolution du sol, de la faune, de la flore et de la fonge.

Des bordures témoins et les espaces entre les rangs de culture permettent d'observer cette évolution. Généralement les plantes se succèdent d'année en année. La végétation évolue différemment dès 2 ou 3 ans. Il est temps de faire évoluer le biotope vers une autre espèce.

La culture d'artichauts devra donc évoluer par la suite vers d'autres espèces.

C'est là que la pratique de la rotation de culture peut être intelligemment mise à profit. La culture de salades, de carotte, de panais et d'autres légumes racines des zones alluviales calcaires de la famille des ombellifères. En fait, plus que la rotation de culture, il s'agit d'envisager un itinéraire progressif de cultures de plusieurs espèces sur plusieurs années voir décennies. C'est un itinéraire de culture ouvert et non plus une culture fixe et répétitive.

Dans les zones humides, les alliacées comme l'ail, l'oignon, l'échalote succèdent bien aux chardons et aux artichauts.

Dans les zones rudérales, la tomate, l'amarante, le tournesol, voir le maïs peuvent s'y plaire.

Exemple d'itinéraire de culture régénérative: (en cours de recherches).




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