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Mycogardening: Champignons et légumes sur butte.

Champignons sur buttes
culture de champignons comestibles (clitocybe géotrope - Tête de moine) sur butte maraîchère
Le compagnonnage des plantes et des légumes sur buttes peut aussi s'accompagner de culture de champignons comestibles et médicinaux. Quoi de mieux que les buttes d'automne et d'hiver pour s'initier au mycogardening?

les conditions favorables

Une exposition ombragée, de l'humidité et des copeaux de bois: vous avez tous les ingrédients pour cultiver des champignons maison. Si les champignons, c'est aussi votre passion, le mieux est encore de partir à la cueillette en lisière forestière pour récolter

à récolter: échantillon de mycélium, les vieux chapeaux de spécimens gorgés de spores (faites une sporée, cela suffit et veillez à ne pas ramener de parasites), les champignons en entier avec la partie souterraine du pied que vous allez pouvoir réintroduire immédiatement dans votre butte. Vous pouvez aussi sélectionner un jeune bouton de champignon avec son réseau de mycélium vivant (un ou deux exemplaires uniquement pour préserver la survie de l'espèce) et le replanter immédiatement dans votre butte; laissez le mûrir et se développer pour qu'il étende son réseau mycélien et émette des spores partout sur votre butte.
Les avantages du mycogardening:
Première avantage: cela vous permet de diversifier votre culture sur butte avec des champignons comestibles. Et de pouvoir identifier avec certitude le type de champignon que vous cueillez. 
Le rôle des champignons est de créer un réseau mycélien dans le sol pour permettent aux organismes, et à eux-même, de créer un réseau d'échange de nutriments et d'informations. Les champignons et les plantes créent ainsi une relation symbiotique ou mutualiste. 
Les champignons enrichissent le sol, améliorent la structure de la butte grâce à un réseau extra fin et filamenteux, assure une régénération de la matière permanente, une disponibilité accrue en eau et en micronutriments, servent de nutriment pour les micro-organismes du sol. Ils peuvent aussi coloniser vos plantes en pot, c'est un signe de bonne santé (sauf exception). La majorité des champignons luttent contre la dégénérescence cellulaire, les nécroses, contiennent des propriétés médicinales, antivirales et fongicides; certains participent à la régénérescence cellulaire de leur hôte, notamment dans des relations symbiotiques.




Il existe des champignons comestibles pour toutes les saisons de l'année. Les champignons saprotrophes sont parmi les plus faciles à cultiver.
pholiote changeante sur bois - l'agaric des soupes en japonais. (attention aux confusion avec la galère marginée mortelle)
Voici une liste de champignons saprophytes que vous pouvez cultiver facilement sur butte, brf ou souche:
agarics (des dizaines de variétés sauvages ou cultivées existent)pleurote (des dizaines de variétés sauvages et cultivées existent)
strophaire
polypore en touffes (maitake)morilles (des dizaines de variétés sauvages et cultivées existent)
pézize veinée
clavaire crêpue
coprin chevelu
pholiote changeante (attention aux confusions avec galère marginée et pholiote en touffe)
grandes lépiotes (attention aux vaiétés, seules les macrocarpa sont comestibles, toutes les petites lépiotes sont mortelles).
pleurotes en huître.
pleurotes terrestres.



spaghetti bolognaise à la fistuline
(sans viande)
 Il existe des champignons-viandes de la famille des polypores, voir notre article sur "Les champignons-viandes" : Boeuf, veau, langoustine, poulpe, fromage... découvrez les saveurs surprenantes des champignons carnés, marins ou fromagers.
salade césar mesclun et russule verdoyante crue
Vous pouvez aussi élargir votre pharmacopée en cultivant des champignons médicinaux comme le tramates versicolor. De nombreuses sociétés nordiques, asiatiques, brésiliennes et bien d'autres, consomment des champignons pour leurs vertus médicinales. Les animaux de la forêt consomment également des champignons pour se protéger des virus, des parasites, des coups de froids, des désagréments intestinaux, et pour lutter contre les tumeurs, les dégénérescences cellulaires, les écorchures. Les champignons sauvages sont les médicaments de la faune sauvage. Nombre de champignons comestibles ont aussi des vertus médicinales, pour cela consultez l'article sur "La Mycothérapie: les propriétés médicinales des champignons".(en cours)
Renseignez vous sur la comestibilité et les conseils de préparation! les champignons se consomment bien cuits, sauf rares exception.
>>>Les légumes qui sont favorables aux champignons sont souvent des légumes racines ou rhizomateux contenant de bonnes ressources en sucres, en protéines et en acides aminés:
carotte, salsifis, scorsonère, bardane, persil, céleri rave, pissenlit, salade, chicorée, endive, aunée, berce, panicaut, artichaut, topinambour, oka, patate douce, pomme de terre, betterave, asperge, crocus safran etc... + info sur ce partenariat entre légumes racines et champignons dans notre article "Le biotope de l'artichaut".

Toutes les autres plantes, fleurs et légumes profiteront de ce réseau mycélien et de la biodisponibilité des nutriments et médicinaux, même les espèces de brassicacées comme le chou ou les épinards, ou les plantes ornementales comme les bégonias, les iris, les crocus etc... 
La biodiversité fongique de la butte s'améliore rapidement. Vous verrez donc d'autres champignons se développer, notamment des champignons bio composteurs. La majorité sont innofensifs et aux formes complètement atypiques qui ne vous viendra même pas à l'idée de les consommer. Mais il existe aussi des variétés chez les saprophytes comme les mycènes, les coprins, les plutées, les hypholomes et les cortinaires qui sont toxiques voir mortels. Assurez-vous donc de bien les reconnaître et de ne pas commettre d'imprudence ou d'excès de confiance.

Comment se passe le compagnonnage légumes/champignons?
clitocybes géotropes sur butte
(saprophytes humicole-terricole)
bons comestibles
Les champignons vont-ils manger vos salades ou vos carottes? et bien non, au contraire, ils vont s'aider.

Le régime des champignons saprophytes est exclusivement composé de matière carbonée en décomposition. Les matières chlorophylliennes ne les intéressent pas.

Les champignons saproptrophes aime les matières en décomposition, les racines mortes, les branches, les brindilles, les épines, le brf, la sciure, la cendre de bois, les troncs d'arbres etc... certains digèrent la lignine, d'autres la cellulose et l’hémicellulose.

Les champignons dont le mycélium occasionne une pourriture blanche digèrent le lignine des branches mortes et laissent la cellulose blanche intacte (qui est le met des mycélium à pourriture brune ou des gastéropodes.)

Vos légumes sont des plantes vertes chlorophylliennes et azotée - autant dire que ces deux catégories n'intéressent pas du tout les champignons. 
mycène - champignon non comestible biocomposteur de branches mortes et de matière organique
préparation du lit de branches avec des pleurote des bois (biocomposteur)

limacelle lenticulaire spontanée
dans la butte à tomate et amarante
Champignons et légumes sur butte créent un partenariat de libre échange dans le top soil, comme en forêt, qui peut même gagner toute la butte.

Un troc de nutriments et de minéraux, mais aussi d'eau et d'enzymes immunitaires.

Le réseau racinaire des plantes est multiplié entre 10 et 1000 du fait de cette collaboration avec les champignons.

Cette collaboration est tellement favorable, qu'en cas de stress, une plante va opter préférentiellement pour la sauvegarde de ce réseau mycélien plutôt que de favoriser sa propre croissance. Car en déléguant une partie de sa quête de nutriments, d'eau et de défenses immunitaires au champignon, la plante réalise des économies d'énergie et bénéficie de services bien plus efficaces que ses propres systèmes de défenses.

Les plantes disposent pour cela de systèmes d'appel et d'alerte, que l'on a identifié sous les noms de facteur MYC (pour les champignons) et facteur NOD (pour la formation d'excroissance cellulaire avec des bactéries fixatrices d'azote). Pour plus d'informations sur la mycorhization, consultez les articles suivants: "Les Mycorhizes: boosteur de croissance pour vos plantes" et sur les NFP " Les plantes fixatrices d'azote".

soupe de lépiote de rickenii au sarrasin et gaude.
>>>La santé, la qualité, le goût, la taille et la productivité des légumes mycorhizés sont considérablement augmentés grâce à une culture mixte avec des champignons comestibles, mycorhiziens et biocomposteurs.


Comment inoculer du mycelium?
Culture sur paille
réalisation de fagots de paille sauvage.
réalisation de fagots de rameaux de bois.
inoculation en intérieur - type cave.
inoculation en extérieur (technique Paul Stamets et Sepp Holzer).


inoculation en mille feuille de pleurotes 2ème génération
sur copeaux de chêne frais
dans un carton recyclé.
(déchets issus des coupes de bois des grumiers locaux).

inoculation en mille feuille de pleurotes 2ème génération
sur rameaux de bois
dans un carton recyclé.
(charme, hêtre, merisier, noisetier).



Choisir le bon emplacement.
L'observation de votre terrain à la saison des pluies est recommandée. Pensez aux plantes bio indicatrices d'eau comme la berce spondyle, l'angélique, la menthe, l'épilobe, l'ortie, la reine des prés, les iris, les joncs et les carex, la mousse...(pour plus d'infos sur ce sujet, consultez l'article sur les plantes bio indicatrices).
allée ombragée et humide, orientée nord avec buisson coupe vent.
"la vallée des berces" - plante compagne berce spondyle, bio indicatrice d'une forte humidité et au large feuillage idéal pour les champignons, avec une production carbone en hiver.
niche sous buisson de ronce
_ à l'ombre, sous un buisson, derrière la façade nord d'une maison.
_ en zone humide, en bas d'une pente, près d'une marre ou d'une source d'eau (chéneau, écoulement d'eaux de pluie, ruisseau ...)
_ un endroit abrité des vents froids et gélifs, ou chaud et sec (foehn).
_ à l'abri des souris, des gastéropodes et des larves mycophages (mangeuses de champignons).
_ loin de toute contamination aérienne, industrielle, nucléaire, trafic routier ou aquatique. Les champignons sont de puissants bio accumulateurs de métaux lourds et de nucléides type césium.

Vous pouvez créez des micro climats frais et ombragés ainsi que des accumulateurs d'humidité. Notamment si vos ressources en eau sont limitées, si votre sol est aride ou votre région trop exposée au foehn. La région PACA souffre de plus en plus de sécheresse, de brûlures aux UVs et d'inondation spectaculaire. On retrouve ce phénomène dans à peu près toutes les régions de cultures de grands champs comme la vigne et les céréales. Il est urgent de revitaliser ces zones du territoire avant qu'elles ne deviennent complètement désertiques.
Pour plus d'infos sur les microclimats frais, consultez l'article Comment créer des microclimats frais?

Multiplier les souches sauvages

Les ballades en forêt sont l'occasion de dénicher des spécimens de champignons comestibles. A chaque saison ses candidats. 
Plusieurs techniques possibles:
_ récolter les spores d'un champignon mûr en réalisant une empreinte sur papier.
_ récolter le rhizome d'un champignon que l'on cueille.
_ réaliser une empreinte de mycélium par contact (branche/substrat)
_ répandre les spores par voie aérienne dans une poche
_ installer un myccompost.
Inoculation le substrat de votre butte potagère.
Aujourd'hui, nous avons trouvé un spot de pleurotes corne d'abondance sur un tas de branches de chêne. Nous avons transplanté une branche sur la butte potagère pour réaliser une empreinte de mycélium, une colonisation et une possible dispersion des spores - car il y a des pleurotes à la fois jeunes et âgées.
1 Transporter délicatement la branche avec le mycélium et les champignons mûrs (qui contiennent des spores)

2 Choisissez un emplacement ombragé sous vos arbustes fixateurs d'azote, un arbuste fruitier, vos bosquets d'herbes aromatiques, sous les salades.
3 Préparez votre butte (tôt le matin ou au après le coucher du soleil). Le mieux est le soir ou un jour de pluie. Faites un lit de BRF ou de sciure de bois de feuillus (ou de résineux selon l'arbre hôte de votre champignon). Les céréales sauvages ainsi que les tiges de légumes montés en graines font très bien l'affaire à condition de les faucher et de les faire sécher aux UVSs sur un toit par exemple pendant quelques jours.
4 Répartissez votre souche mère en plusieurs morceaux pour créer des empreintes de mycélium - inoculation par contact. ARROSEZ à l'eau de pluie ou à l'eau de source. Pas d'eau du robinet traitée au chlore! Pour la transplantation, les substrats doivent être HUMIDES voir gorgés d'eau (pour les tronçons de bois, trempez-les  plusieurs jours dans l'eau), les paillage ne doivent cependant pas être détrempés, ils moisiraient.
5 Recouvrez votre souche mère de sciure ou de BRF humides. Tous les substrats doivent être humides. Vous limitez ainsi le stress hydrique du champignon qui va pouvoir s'étendre rapidement sur ce nouveau substrat - en quelques jours, à quelques semaines, quelques mois pour les plus longs. Le substrat ne doit jamais séché si non votre mycélium meurt ou stresse fortement. Si le substrat de votre butte est sec, il va puiser l'eau dans le champignon et le mycélium. D'où l'importance de choisir une zone ombragée sous un feuillage, au nord, ou près d'une marre, d'un chéneau ... Les plantes couvre sol sont une fois de plus essentielles dans l'équilibre hydrique et dans la régulation condensation/évaporation. Les fraisiers ont superbes car ils s'étendent spontanément, produisent des fruits succulents avec beaucoup de variétés, ils fournissent un mulch carboné en automne - idéal pour nos champignons - et sont les premiers à repousser au printemps, surtout les fraises des bois. Certains sont même persistant tout l'hiver s'il ne fait pas trop froid. Et il existe des fraisiers rampants comme grimpants, et même arborescents.


6 Multipliez les souches et les espèces. Vous pouvez cultiver plusieurs variétés de champignons dans une seule butte, de préférence de souches sauvages pour préserver la biodiversité naturel des champignons. Les champignons acceptent une densité phénoménale d'espèces différentes, au rôle,  la nutrition et à la chronologie différente, mais craignent aussi la compétition.

Faites attention à la compétition entre espèces saprophytes (voir fin de l'article). Dans la nature, un arbre peut être colonisé par une 50aine de champignons symbiotiques et saprophytes, dont certains sont endogènes à ses tissus mais ne développe son réseau mycélien et sa fructification qu'une fois l'arbre âgé, malade ou tombé sur le sol; le choc de la chute et le passage au vertical est un signal pour le mycélium puis le contact avec l'humus de la forêt et son humidité va activé son développement. On s'est rendu compte que la culture sur billons de bois était meilleure lorsque l'on frappait le bois avec une massue en bois après inoculation, c'est ce que font les japonnais pour la culture de shiitake.

Nourrir le mycélium.
Eau et carbone sont les sources de nourriture essentielles au mycélium pour se développer et fructifier. Une fois votre butte colonisée par le mycélium de votre choix, il faut le nourrir pour renouveler sa récolte. Le BRF, la paille sèche, les copeaux, la sciure, le carton, les feuilles mortes sont autant de matériaux utiles au recyclage de la matière. Un met de choix pour les champignons saprophytes! Car les champignons sont des créateurs d'humus. Ils sont la clé pour une butte pérenne.
BRF inoculé de mycélium N+1.
Culture sur bois (inoculation automne 2013).



récolte de l'eau de pluie

trempage des billots de bois
Le cas particulier de la pleurote eryngii et du panicaut hôte.


panicaut bleu eryngium planatum d'Auvergne
cardère
Le panicaut champêtre
 La pleurote du panicaut pousse sur les excroissance des racines du panicaut. Il existe beaucoup de variétés de panicaut allant des bords maritimes, à la plaine jusqu'aux altitudes alpines. D'autres candidats pourraient servir d'hôte en culture comme les cardères, les cirse, les chardons et les artichauts. A tester. Mais les panicauts bleus sont si beaux dans le jardin et une mine d'or pour les insectes.
Le cas particulier de la morille
Les morilles (MA) et les tricholomes de la saint Georges (EcM) affectionnent aussi les prairies et les vergers de pommiers, de poiriers et de néfliers.

Tant pour les arbres que pour les plantes, les morilles semblent aimer le sucre contenu dans certaines racines. Les découvertes insolites de morilles poussant en relation avec des topinambours ou des artichauts confirment ces déductions. Dans la nature, le lien étroit entre morille et pétasite pourrait aussi être dû aux importantes réserves contenues dans les tubercules de cette plante à tendance montagnarde.

L'incidence directe des taupes dans les sols argilo-calcaires a été démontrée ainsi que le taux de sucre dans le sol avec les exsudations sucrées des racines de frêne ou l'accumulation de matière organiques sucrées dans les vergers de pommiers abandonnés.

Ces deux facteurs, animaux disséminateurs de mycélium (taupes, musaraignes, limaces) et concentration de sucres dans les racines, sont donc déterminants lors de l'expérimentation de mycogardening avec des espèces herbacées ou ligneuses, associant les morilles avec des légumes ou des arbres fruitiers.

On peut espérer étendre la liste des tubercules sucrées potentielles de la famille des astéracées (composées) comme le panais, le cerfeuil tubéreux, noix de terre, carotte, chervis etc... le compagnonnage avec la stevia (mulch) et la réglisse (racine) peut-être favorable également, à tester.

pour plus d'infos sur les morilles, consultez l'article "Le biotope de la Morille, du Frêne et du Pommier".

http://www.natures-paul-keirn.com/article-ou-trouver-les-morilles-habitats-et-associations-de-plantes-48708485.html#.U9KbIvl_v00
www.micosegur.com/las-colmenillas-y-los-topos/

>>>Cette expérimentation en mycogardening a une incidence directe sur les possibilités de cultures associées dans les forêts jardin, en mêlant espèces forestières, espèces fruitières sauvages sucrées, et espèces fruitières cultivées, avec une productivité à court terme (fruits), à moyen terme (champignons) et à long terme (essences de bois fruitiers précieux et bois sylvestre). Tout en participant à l'écologie de la fruticée et à la régénération de la matière organique.

http://www.natures-paul-keirn.com/article-ou-trouver-les-morilles-habitats-et-associations-de-plantes-48708485.html#.U9KbIvl_v00
http://www.monpotager.net/blog/index.php/Biodiversite
www.micosegur.com/las-colmenillas-y-los-topos/http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_2004_num_76_1_2160
histoire de la culture des champignons - ethnologie http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_2004_num_76_1_2160

Culture mixte : Arbres Fruits Légumes Champignons
Culture sur butte, culture sur paille, culture sur bois, culture symbiotique.



allée ombragée et humide près d'un pommier ou d'un cornouiller sanguin.
Jardinage d'hiver.
Pour prolonger la culture sur butte en automne et en hiver, penser aux légumes d'hiver et aux champignons d'automne-hiver comme la pleurote, le shiiitake.

Une autre idée de culture est d'associer une plante psychrophile - qui se développe entre 0°C et 10°C- ce qui apportera un repère temporel pour vos champignons et surtout une couverture pendant les gelées tardives.

Les organismes psychrophiles possèdent des adaptations physiologiques et écologiques aux environnements froids. Le froid diminue la fluidité et la perméabilité des membranes cytoplasmique. En réponse à cela, les organismes augmentent le ratio d'acide gras insaturé sur acide gras saturé dans les membranes lipidiques. Les cellules sont protégées contre la formation de glace et contre le dégel. Les protéines et enzymes sont adaptées au froid et la symbiose champignons/plantes psychrophiles sera bénéfiques. Les noisetiers, les lonicera kramaschatika, chardon bleu alpin, betterave, radis, mâche, mizuna, kaki, néflier, toutes les racines d'hiver, les fruits d'hiver, de montagne et les céréales d'hiver... (Pour plus d'infos à ce sujet, consultez les articles sur les légumes d'hiver et les fruits rustiques). Le mutualisme est par définition réciproque, et les organismes peuvent s'échanger des facultés en encodant leur ADN. Les champignons cultivés dans les pays tempérés sont d'ailleurs mieux adaptés et plus résistants si leur période d'incubation se fait en extérieur.

Pour plus d'infos sur la mycorhization de vos légumes, consultez nos articles:

LES CHAMPIGNONS MEDICINAUX
Le compagnonnage entre champignons
en cours

Tramates vesicolor, le champignon compagnon des autres champignons.

Le tramates versicolore est un champignon ligneux. Il est aussi appelé Coriolus versicolor. Son mycélium occasionne une pourriture blanche.

Le parasitisme à double effet.
Il est surprenant de constater que ces champignons parasites peuvent aussi agir comme des symbiotes antibiotiques sur des arbres bien portants. Et qu'ils ne développent leur fructification que lorsque l'arbre vieillit ou tombe sur le sol.

L'amadouvier, médicinal et bioinflammable.

Le chaga, médicinal

L'armillaire, comestible cuit.

Le polypore souffré "poulet des bois" comestible

La fistuline ou langue de boeuf comestible cru ou cuit.

les champignons endophytes, des arbres "porteurs sains".

Pour plus d'infos sur les polypores, consultez notre article "Des champignons saprophytes en forêt".

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En réalité, ce n'est pas "UN" organisme, mais DES organismes, vivant en symbiose. Ils forment un
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Le partenaire fongique, le champignon, représente plus de 90 % de sa biomasse. Le partenaire chlorophyllien, le végétal, le complète. Le plus souvent, il s'agit d'un champignon ascomycète (15000 espèces); on les appelle des ascolichens. Le champignon peut également être un basidiomycète (200 espèces) ou un deuteromycète (50 espèces). Le partenaire fongique s'associe à une algue unicellulaire ou filamenteuse.

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Micro-organismes EM et bokashi

Ah! L'Automne! Les températures redescendent en dessous de 20°C, les soirées se rafraîchissent et nous faisons les premiers feux de bois. Dès le premier coup de vent, la forêt se pâme de son manteau de feuilles mortes. Et avec elles, les premières effluves des fruits qui fermentent sur le sol. La vie microbienne bat son plein!

C'est le moment opportun pour faire son bokashi d'automne qui va nous servir à renforcer les forces immunitaires et anti-oxydantes du sol pour l'hiver et aider l'arbre et les plantes à lutter contre le stress du froid, des blessures, du gel et de l'excès ou du manque d'eau.

Le biotope du pommier

Le pommier communmalus communis partage le
même biotope que son homologue forestier, le pommier sylvestremalus sylvestris dont certaines espèces cultivées sont issues.
Le pommier vit en moyenne 70 ans et peut atteindre les 100 ans localement. Il fructifie bien jusqu'à 30 ans.
La chênaie-hêtraie claire correspond à son environnement forestier, et plus spécifiquement leur situation en haie fruitière, en fruticée ou dans une clairière.

Les espèces de malus, prunus et de pirus partagent le même biotope. Pommier sauvage, pommier commun, poirier sauvage et poirier commun affectionnent les mêmes plantes compagnes. Ainsi que le cognassier, Cydonia oblonga, que l'on surnomme la pomme de Cydonie ou la poire de Cydonie. Le néflier d'Europe partage aussi une écologique similaire.


















erratum 4:39 germandrée mélampyre des prés


+ la vidéo des résultats de la régénération d'un pommier cultivé est tournée, montage en cours.


Graminées sauvages comestibles

La majorité des graminées sauvages ou cultivées sont comestibles. Les céréales s'accommodent très
bien des sols acides et pauvres, en plaine ou en montagne; on les retrouvent au delà de 3000m d'altitude.

Les graines peuvent être moulues en farine ou torréfiées avant d'être consommées cuites, en bouillie, grumeaux, céréales, pain, pâtes, ou succédanés de café.

Les variétés cultivées ont été sélectionnées et multipliées pour leur teneur en gluten, parfois au delà de 70%, afin de résister aux manipulations des pétrins mécaniques: la pâte obtenue devient suffisamment élastique pour permettre la préparation industrielle. Les préparation industrielle en nécessite pas tant de gluten et peut tendre vers des teneurs inférieurs à 8%, voir nulle, comme avec les farines de riz, de maïs, de quinoa, de millet, de sorgho, du petit épéautre, de soja ou de sarrasin.

Les céréales anciens ou sauvages sont pauvres en gluten, moins de 8% et donc excellents pour la santé. Les quelques espèces …